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Incontestablement le concours de cette année était de beaucoup supérieur en nombre à ceux qui l'ont précédé à Amiens et à Saint-Quentin, mais ce qu'il y avait de très-remarquable c'était le fini et la qualité extraordinaire des animaux dont l'ensemble était des plus satisfaisants.
Nous signalerons tout particulièrement un bœuf charolais de 29 mois présenté par MM. Bernard neveux, de Sautes, comme étant d'une conformation irréprochable et amené à un état de graisse tel que nous n'avons jamais rencontré même à
Poissy parmi les durhams de cette âge. La conl'ormation si extraordinaire de ce bel animal lui a valu le 1" prix de la 1" catégorie des jeunes animaux que le jury lui a décerné à l'unanimité. Ce spécimen si parfait aurait dû figurer au grand concours de Poissy et nous regrettons qu'on ne l'y ait pas présenté; mais les propriétaires qui ont un peu l'habitude de la grande exhibition où ils ont cependant cueilli des lauriers, ont renoncé devant les difficultés souvent grandes que l'on rencontre dans le transport et le déplacement d'animaux arrivés à un tel étal d'engraissement.
Toute la classe des jeunes bœufs était très-remarquable ainsi que celle des comtois qui nous oiï'rait de très-beaux animaux ayant reçu une parfaite préparation. Le bœuf inscrit sous le n° 33, présenté par M. Plichon (Pierre), d'Onnaing, qui a obtenu le 1" prix de cette catégorie, était tout à fait hors ligne comme conformation et comme ayant atteint un engraissement poussé dans les limites les plus extrêmes.
La 3° catégorie se composant d'animaux non compris dans les classifications précédentes, présentait 24 têtes d'animaux appartenant aux races nivernaises, normandes et du liainaut ainsi qu'aux difï'érents croisements durhams. MM. Bernard neveux, de Sautes, se sont encore signalés dans cette classe par un bœuf charolais inscrit sous le n° 42 et qui a obtenu le 1" prix. L'animal de race normande portant le n° 56, appartenant à M. Leroux de la Seine-Inférieure et qui a obtenu le 2' prix dans cette catégorie était un type rare de la belle race cotentine. Cet animal qui se distinguait par son volume et la régularité de ses formes, était admiré des nombreux visiteurs qui s'étonnaient qu'il n'eût point obtenu le 1" prix. Mais en le touchant et en le comparant à quelques autres mieux préparés, l'on s'apercevait bien vite que ce bel animal laissait un peu à désirer sous le rapport du fini de l'engraissement ce qui a motivé son classement au second rang.
Six bandes de bœufs, dont deux de races flamande pure, une composée d'animaux de la race du Hainaut et trois appartenant à la race comtoise étaient très-remarquables. Cette belle réunion a tenu longtemps le jury en suspend pour fixer son choix. Cependant il s'est arrêté pour le 1" prix à la bande de M. Dantu-Dambricourt comme étant la plus régulière et la plus jeune. Le 2° prix a été accordé à la bande de 5 comtois présentée par M. Daussy, d'Artres, comme étant arrivée à un parfait état d'engraissement. Les 4 autres bandes étant également très-recommandables, et, le jury, prenant en considération les sacrifices plus grands que s'imposent les exposants pour exhiber des bandes d'animaux bien choisis et bien préparés, a décidé que vu leur mérite respectif, les bandes qui n'avaient pu être primées seraient néanmoins distinguées par des mentions honorables. Nous arrivons à la 3' classe, la plus intéressante pour notre pays puisqu'elle se compose des femelles de l'espèce bovine qui peuplent toutes nos étables, qui nous rendent tant de services pendant leur existence en attendant le moment de venir fournir encore leur riche contingent de viande à l'abattoir. Neuf prix étaient à décerner dans cette classe, et, cependant, bien que le nombre des sujets présentés fût de 19, quatre mentions, dont deux très-honorables ont encore été accordées. Il était même à regretter de ne pouvoir mieux faire tant cette classe d'animaux était remarquablement composée. La vache n" 63, âgée de 4 ans, qui a remporté le 1" prix, est une perfection du genre que l'habile engraisseur, M. Dewalle (Louis), nous a présenté comme le plus beau type de cette remarquable race laitière.
Nous avons souvent entendu dire qu'il fallait croiser notre race flamande pour régulariser ses formes, diminuer la longueur de son flanc et modifier ses lignes anguleuses afin de la rendre plus facile d'entretien -et lui donner une plus grande aptitude d'assimilation. Eh bien, sans rejeter toutefois ce qu'il y a de vrai dans ces obsercations, bien que nous ne soyons pas d'avis de toucher à notre race par des croisements qui ne pourraient que diminuer les qualités qui la font tant rechercher, nous ferons cependant cette remarque : c'est que sur 19 vaches présentées à notre concours, sept prix sur neuf, plus quatre mentions honorables sont accordés à la race flamande pure tandis que les croisés durhams n'obtiennent que le 7= et 9° |)rix.
C'était assurément une bien belle réunion de vaches que celle qui était exposée à Lille. Aussi le public et surtout le public étranger, s'extasiait-il sur la perfection de ces animaux. M. le préfet en la visitant, en a témoigné sa satisfaction et son étonnement, aussi n'a-t-il pas manqué de se joindre à l'opinion générale en demandant qu'on récompensât les étables de ces premiers animaux où tout au moins qu'on leur décernât des prix de bandes. C'est pour satisfaire à ce désir si généralement ex-
primé, qae le jury a émis le vœu ; qu'en raison de l'utilité si grande de la vache laitière dans le département du Nord, la seule section de l'espèce bovine qu'il soit possible d'élever et d'en tirer profit, ces animaux soient mieux récompensés dans nos concours et que des prix de bandes y soient surtout affectés.
17 veaux étaient exposés. Ils étaient âgés de trois mois, et jamais il n'avait été rencontré plus de qualité-s réunies. L'engraissement extrême et la décoloration des muqueuses qui aimonce la blancheur tant recherchée des tissus étaient arrivés à leur suprême degré. 3 prix ont été accordés : le premier, au n" 110, appartenant à M. Jacquart ; le deuxième, n° 112, présenté par M. Bleuzet ; et le troisième, au n° 1 11, à M. Lefebvre, plus deux mentions.
12 lots démoulons donnant 120 têtes, représentaient l'espèce ovine bien engraissée et bien préparée par des lauréats qui se sont déjà fait remarquer avec distinction dans les luttes antérieures. Les beaux lots deiVlM. DebruyèreetCrispel (Léonce), se sont surtout disputé les premiers honneurs qu'on leur a si justement décernés.
L'espèce porcine était aussi très-brillante dans quelques-unes de ses divisions. Onze sujets parfaits de formes et d'engraissement la représentaient, mais la partie la plus remarquablement belle était celle de la 3° classe, composée d'animaux provenant de croisements français ou étrangers. Un seul animal s'est rencontré dans la section des races étrangères, mais le jury a regretté de ne pouvoir mieux récompenser les beaux spécimens des première et troisième classes.
A la suite des opérations et de l'exposition des animaux la distribution des récompenses a eu lieu le mardi 10, à 3 heures de relevée , dans les dépendances de l'abattoir public, où le concours avait eu lieu. Les autorités civiles et militaires qui avaient été conviées à cette cérémonie ont gracieusement répondu à l'appel qui leur avait été fait de venir rehausser par leur présence l'éclat de cette fête agricole d'une si haute portée économique.
Monsieur le préfet a ouvert la séance par une allocution'aussi rapide que bien comprise et parfaitement en rapport avec la situation. Par les paroles qu'il a fait entendre et que nous regrettons de ne pouvoir reproduire, monsieur le préfet nous a donné la preuve la plus éclatante de l'importance particulière qu'il attache à l'institution des concours d'animaux de boucherie tant sous le rapport du bien-être des populations en général, que sous celui plus spécialement applicable, aux classes laborieuses.
La parole a été ensuite donnée à M. Dutertre, remplissant; les fonctions d'in-i specteur général et qne nous espérons saluer bientôt comme tiinlaire d'un emploi qu'il remplit avec autant de compétence que de savoir. Mi Dutertre, dans un discours concis et substantiel, nous a retracé les opérations du Concours, en signalant à l'attention de tous les parties les plus saillantes de l'exposition ainsi que l'intérêt et la haute portée économique qui s'attache à ces sortes d'exhibitions.
C'est à la suite de cet exposé que la distribution a eu lieu et que l'appel- des-lau-réats a été fait dans l'ordre suivant ;
Espèce bovine. — l" classe. — Bœufs jeunes, comprenant les animaux de • trois et quatre ans au plus, quelle que soit hmr race. — l'" catégorie. — Animaux nés depuis le 1" avril 1864. — 1" pri.\' : 700 fr., M. Bernard neveu, à Santés (Nord) ; 2% 60!) fr., M. Vandaele, à Quaëdypre (Nord); 3", 500 fr., M. Vantielke, à Dunkerque (Nord). — Mentions honorables : M. Misoot, à Coudekerque (Nord); M. Moyaux, à Aulnoye (Nord). — 2" catégorie. — Animaux nés depuis le 1" avril 1863.— 1" prix: 700 fr., M. Vandaele; 2% 600 fr., 'M. Bernard; 3" 500 fr,, M. Dousselaere, à Quaëdypre (Nord). — Mentions honorables : M. Bailly (Albert), à Saint-André (Nord); M. Danta-Dambricourt, à Sterne (Nord); M. Giraud-Cuvelier, à Marly (Nord).
2" classe. — Bœufs répartis, suivant leur race, en différentes catégories, sans distinction d'âge. 1" catégorie. — Baces flimandes pures. — l" prix : 400 fr.,
M. Carpentier, à Aire (Pas-de-Calais); 2% 300 fr., M. Desmoutiers (Ernest) à Crevecœur (Nord); 3% 200 fr., D. Boone, à Hondschoote (Nbrd). — Mentions honorables : M. Dannoot, à Killem (Nord) ; M. Dewaele, à Hoymille (Nord) ; M. Bellanger-Bernet, à Looberghe (Nord). — 2" catégorie. — Race comtoise pure et ses
analogues. 1" prix : 400 fr., M. Plichon (Pierre), à Onnaing (Nord) ; 2', 300 fr.,
M. Leduc-Carlier, à Artres (Nord); 3', 200 fr., M. Plichon (Aimé), à Onning (Nord). — Mentions honorables : IVI. Macarez, à Denain (Nord); M. Leduc-Car-
lier. — 3'^ catégorie. — Toutes races ou sous-races françaises ou étrangères nondésignées ci-dessus. — 1"' prix : 400 fr., M. Bernard; 2% 30O fr., M. Leroux, à Saumont-la-Poterie (Seine-Inférieure); 3% 200 fr., M. Giraud-Cuvelier. — Mentions honorables: M. Bernard; M. Plichon (l'ierre).
3« classe. — Yaches. — 1" prix : 350 fr., M. Dewaele; 2", 300 fr., M. Dantu- Dambricourt; 3% 250 fr., M. Vandaele; 4% 200 fr., M. Dousselaere; 5% 175 fr., M. Lelieur, à Hondschoote (Nord); 6% ILO fr., M.A. Desprez, à Gappelle (Noxd); 7% 125 fr., M. Delater, k Rexpoëde (Nord); 8% 100 fr., M. Waeteraere, à Goudekerque (Nord); 9% 80 fr., M. Masselis, à Rexpoëde (Nord). — Mention très-honorable : M. Dantu-Dambricourt. — Mentions honorables : M. Degraeve, à MouUe' (Pas-de-Calais); M. A. Desprez, à Gappelle (Nord).
Bandes de bœufs. — 1"' prix : 500 fr., M. Dantu-Dambricourt; 2% 400 fr., M. Daussy, à Artres (Nord). — Mentions honorables : M. Desmoutiers; M.Jules Tilmant, à Gambrai (Nord) ; M. Macarez; M. Vaillant-Lesone, à Raismes (Nord).
Veaux. — 1" prix, 150 fr., M. Jacquart, à Mérignies (Nord); 2% 100 fr., M. Bleuzet, à Landas (Nord); 3", 75 fr., T. Lefebvre, à Attiches (Nord). — Mentions honorables : M. Lanne, à Mbns-en-Pévèle (Nord); M. Montel, à Bersée (Nord).
montons. — 1" classe. — 1" prix : 400 fr., M. Debruyère, à Lille (Nord), dishley mérinos. — 2% 300 fr., M. Grespel (Léonce), à Arras (Pas-de-Calais), dishiey-artésien ; 3", 200 fr., M. Bouchard, à Lecelles (Nord), disley-mérinos. — Mention très-honorable : M. Villain, à Gouy (Ai.=ne), southdowa-mérinos. — 2° classe. — 1" catégorie. Races à laine longue. — 1" prix : 300 fr., M. Grespel (Léonce), dishiey-artésien; 2% 200 fr., M. Debruière, dishley-mérinos; 3', 100 fr., M. Platiau, à Oye (Pas-de-Calais), anglo- dishley-mérinos. — 2' catégorie.- — Races mérinos et métis mérinos. — 1" prix : 300 fr., M. Grespel (Léonce); 2", 200 fr., M. Dantu-Dambricourt.
Espèce porcine. — 1" classe. — Races françaises pures ou croisées entre elles.
— 1" prix : 100 fr., M. Devos, à West-Cappel (Nord), race flamande; 2% 75 fr., M. Pupping, à Gassel (Nord), française pure. — 2" classe. — Races étrangères. — !"■ prix : 100 fr., M. Paillart, àHymeville (Somme), berkshire-woburn. — 3« classe.
— Croisements. — 1"' prix : 100 fr., M. Rooses, à Slrazeele (Nord); 2% 75 fr., M. Meersman, à Borre (Nord); 3% 50 fr., M. Paillart, berkshire-picard. — Mentions honorables : M, Baudœrt, à Caëstre (Nord); M. Deram, à Gaëslre (Nord). '
POMMERET.
Médecin Vc'térinaire, membre du jury.
YL — Concours de Chdteauroux.
La création d'un Concours d'animaux de boucherie à Châteauroux a été un bienfait pour la région du Centre. Ses heureuses conséquences ont été bien développées' dans le discours qu'a prononcé M. le préfet de l'Indre à la distribution des prix de cette solennité ; c'est pourquoi nous le reproduisons in extenso. M. le préfet s'est exprimé ainsi :
Messieurs, jusqu'à présent les Concours l'égionaux de. bouclierie avaient été le privilège d'un petit nombre de grandes villes — Lyon, Bordeaux, Lille, Nantes et Nîmes, — choisies surtout en raison du chilïre élevé de leur population. Le Concours que nous inaugurons aujourd'hui à Châteauroux est donc une innovation en même temps qu'une faveur éclatante dont nous ne saurions être trop reconnaissants. Aussi suis-je heureux de l'occasion qui m'est donnée d'exprimer hautement les sentiments de gratitude dont est pénétré, j'en suis convaincu, le département de l'Indre' tout entier pour le gouvernement de l'Empereur, et en particulier pour l'éminent ministre de l'agriculture sous l'administration duquel la création de notre Concours a été décidée en principe. Je me rélicile d'autant plus d'avoir cette mission à remplir que la faveur qui nous a été accordée me parait parfaitement justifiée et répondre non moins complètement aux conditions essentielles de l'institution des Concours régionaux de boucherie, qu'aux intérêts particuliers du département de l'Indre.
Vous savez en effet, messieurs, que les animaux de'choix exposés dans les Concours régionaux de boucherie ne sont qu'exceptionnelleOient destinés à la consommation locale : la plupart vont, des Concours de province au Concours général de Poissy, où ils sont achetés pour l'exportation ou pour la boucherie parisienne. L'importance du marché provincial où ils doivent subir leur première épreuve, est donc une considération secondaire. Ce qu'il convient de rechercher avant tout pour
rétablissement d'un Concours régional, c'est un terrain d'un facile accès, à portée des principaux centres d'élevage, et dans un pays k la l'ois assez agricole et cependant assez peu avancé pour que les enseignements qui en résulteront puissent donner un élan vigoureux au progrès. — Or, Chàteauroux remplit parfaitement les diverses conditions de ce programme.
Par sa position sur un chemin de fer, au cœur même de la France, notre Concours permet la réunion à peu de frais des beaux types des races du Limousin, de Salers, du Nivernais, du Charolais et de leurs différents croisements entre elles et avec les races étrangères. La ville de Châteauroux n'offre pas, il est vrai, les mêmes ressources de plaisirs que quelques-unes de ses heureuses rivales, mais pour une réunion agricole n'est-ce pas là plutôt un bien qu'un mal? L'industrie, le commerce, les beaux-arts préoccupent presque exclusivement les grandes villes; par suite une exposition de bétail n'y intéresse personne et passe inaperçue au milieu du tourbillon habituel de plaisirs et d'affaires d'un ordre tout différent. Les vrais agriculteurs y sont dépaysés et peu flattés de la curiosité banale des oisifs qui n'admirent que la masse dans les animaux exposés, sans tenir compte de la finesse, de la symétrie et de l'harmonie des formes, et surtout sans tirer aucun enseignement utile du spectacle qu'ils ont sous les yeux.
Nous sommes à Chàteaurous dans de tout autres conditions. L'agriculture péncire, pour ainsi dire, de tous côtés dans notre ville ouverte : elle est l'occupation et l'intérêt presque exclusifs de ses habitants, et si ce pays peut donner une hospitalité commode aux éleveurs qui veulent bien lui envoyer leurs produits, en retour il a plus que tout autre à profiter de l'enseignement qu'ils lui apportent. — Reconnaissons, en effet, que notre agriculture, malgré les progrès importants qu'elle a réalisés depuis quelques années, a encore beaucoup h taire, surtout dans la branche si importante de l'élevage. Or, peu de spectacles peuvent être plus instructifs à cet égard que celui qui nous est offert aujourd'hui.
Sans doute la plupart de nos éleveurs ne sont pas encore en mesure de faire des animaux de Concours de boucherie. Les magnifiques sujets que nous allons primer sont des types supérieurs auxquels on n'est arrivé que par une longue suite d'efforts, de soins, et de sélections ou de croisements judicieusement pratiqués. Ils ne sont d'ailleurs possibles qu'avec un excellent ensemble de culture. Prétendre passer sans transition, d'un état très-inférieur à cet état voisin de la perfection, serait évidemment insensé. — Mais il n'en reste pas moins vrai que ce qui a été réalisé chez nos voisins peut l'être également chez nous, — au même prix, — c'est-à-dire avec du soin, de l'intelligence et du temps. — Nos éleveurs ne se laisseront donc pas décourager par la grandeur du chemin à parcourir : ils ne verront que l'importance du but et se mettront d'autant plus résolument à l'œuvre que chaque pas fait dans la voie du progrès, se traduira pour eux en bénéfices sans cesse croissants. Un jour viendra certainement où ils pourront prendre, en plus grand nombre, une part honorable à ces luttes pacifiques dans lesquelles la plupart d'entre eux sont encore réduits au rôle de simples spectateurs.
Rien de sérieux et d'utile ne s'improvise à la bâte, surtout en agriculture : — L'enseignement lui-même ne pénètre que difficilement chez les hommes pratiques, — aussi, bien des années seront-elles nécessaires pour déraciner les préjugés encore si vivaces de nos populations rurales.
Espérons que les agriculteurs éminents dont nous venons d'admirer les produits et ceux qui sont venus prendre part aux opérations du jury, sous la direction si habile et si dévouée de M. l'inspecteur général Boitel, nous donneront longtemps encore leur précieux Concours. La ville de Chàteauroux, de son côté, n'épargnera rien, j'en suis persuadé, pour développer l'importance de cette solennité agricole et mériter que le siège en soit fixé le plus souvent possible dans ses murs. Les débuts sont toujours difficiles, la pratique des détails manque, la notoriété fait défaut : — Malgré ces conditions défavorables, notre Concours a réuni une collection d'animaux satisfaisante comme nombre et très-remarquable comme qualité. La classe des moutons, la moins nombreuse cette année, est précisément celle qui, pouvant se recruter le plus facilement dans le pays, a par suite le plus d'avenir.
Tout nous fait donc espérer que notre Concours régional d'animaux de boucherie fournira une honorable carrière et que le pays trouvera dans les enseignements qui en découleront une source abondante de progrès à réaliser,et par suite de nouveaux motifs de reconnaissance pour l'Empereur à qui l'agriculture est déjà redevable de tant de bienfaits.
Organe du jury, j'ai lu ensuite le compte rendu suivant :
Mesdames, monsieur le préfet, messieurs, depuis longtemps, les agriculteurs demandaient que deux reformes fussent introduites dans l'organisation des Concours de boucherie. Ils ne comprenaient pas pourquoi le Concours général d'animaux gras était établi à Poissy, c'est-à-dire à 30 kilomètres de Paris, tandis qu'il eût été si facile et si avantageux de l'installer au Palais de l'industrie, c'est-à-dire au centre même de la capitale. Suivant eux, cette simple modification devait donner aux intéressés le moyen d'étudier l'exhibition sans déplacement et dans les meilleures conditions. Elle devait, en outre, attirer une foule d'indifférents parmi lesquels plusieurs deviendraient certainement des adeptes très-fervents.
Ils se demandaient encore pourquoi ces expositions avaient toujours lieu dans les mêmes villes, tandis que les Concours d'animaux reproducteurs changeaient de siège chaque année. Si, d'un côté, les progrès étaient, comme nombre, à peu près insensibles, tandis que, de l'autre, on constatait un développement que les plus enthousiastes auraient taxé de chimérique, quelques années auparavant, ils attribuaient à cette circonstance ces fâcheux résultats. Naturellement, ils étaient