Tome II de 1867. — .t mii
de plus en plus. Le parc, du côté de l'Ecole militaire, est maintenant parsemé de hangars abritant des produits de la terre ou des instruments ruraux, des modèles d'étable ou d'écurie. On y voit même une ferme en miniature, des laiteries en action, sans compter le jardin d'horticulture, l'une des plus belles créations que l'on ait jamais faites en cee;enre.Enmême temps les travaux des jurys ont marché avec rapidité et dans quelques jours ils seront terminés. Déjà la classe qui a jugé les vins a soumis son travail au Conseil supérieur institué par la Commission impériale, lequel Conseil doit définitivement statuer sur le nombre des récompenses, sans rien changer à l'ordre du mérite établi par les jurys qui se sont livrés à un travail héroïque pour opérer les dégustations dans les meilleures conditions possible, vu le peu de temps accordé. En somme, quoiqu'on en ait dit, le travail sera bien fait, et s'il y a des erreurs commises c'est parce que tout travail humain, malgré les efforts les plus consciencieux, ne peut jamais approcher complètement de la vérité. Les autres classes de jury de l'Exposition, en ce qui concerne le jury de l'agriculture, ont aussi voté déjà un grand nombre de récompenses pour les agriculteurs. On sollicite pour que la Commission impériale augmente ie nombre des médailles promises. II est juste, en effet, de dire que jamais plus beau concours n'a eu lieu en ce qui concerne les produits et les machines. Lorsque les opérations du jury nous laisseront notre liberté d'appréciation pubhque, nous rendrons compte de toute celte partie de l'Exposition; en attendant, continuons à publier sur Billancourt les articles si compétents de notre collaborateur M. de la Morvonnais. L'intérêt offert par l'Exposition universelle étant considérable pour les agriculteurs, il est probable qu'nn très-grand nombre ne manqueront pas de la visiter. C'est pour cela qu'on a eu 1 idée de tâcher de créer dans Paris un cercle agricole. D'un autre côté, la distribution des récompenses devant se faire avec une grande solennité le T'' juillet, ce sera vers cette époque que l'affluence sera la plus considérable. N'y aurait-il pas lieu d'organiser alors un banquet agricole ? C'est ce qu'ont pensé quelques personnes et notamment M. de Thiac qui nous a adressé la lettre suivante :
ï Mon cher directeur, l'Exposition universelle, ce concours merveilleux qui touche à toutes les sciences, qui met en relief tous les travaux de l'espèce humaine et que pour ma part je ne puis me lasser d'étudier et d'examiner, attirera à Paris et devra attirer tout ce qu'il y a en France de valide, de viril et d'intelligent. Je puis donc présumer que tous les lauréats de la prime d'honneur dans les concours régionaux de France y viendront.
« Ne pensez-vous pas qu'il serait bien qu'un banquet piîtles réunir tous à Paris? 11 serait bien, en efl'êt, que les hommes déjà rapprochés par une communauté d'efforts et de travaux et ayant tous subi avec succès l'épreuve redoutable des concours régionaux, pussent se connaître, échanger leurs idées et se donner les témoignages de sympathie dont ils sont certainement animés les uns envers les autres. Ces mutuelles communications pourraient avoir quelque utilité pour l'avenir des choses agricoles. Pour la fixation de l'époque et les détails, un comité de trois ou cinq personnes pourraient dès à présent les déterminer. Je crois le mois de juin le plus propice, parce que les autres mois sont occupés par les conseils généraux, les concours, les comices, les récoltes.
« Si donc, mon cher directeur, cette idée vous paraît praticable, appréciez tout ce qui serait de nature à favoriser sa réalisation.
« Bien entendu, à ce banquet seraient conviés les écrivains éminenls qui, s'ils
n'ont pas eu la prime d'honneur, nous l'ont fait obtenir par leur écrits, leurs travaux et leurs découvertes.
I Agréez, mon cher directeur, etc.
<t EUG. DE ThIAC,
Lauréat de la prime d'honneur aii concours régional d'Angoulême,
membre du conseil général de la Charente. »
L'idée de M. de Thiac esl juste, il faudrait peut-être seulement l'élargir un peu. Les lauréats de la prime d'honneur, ceux qui les ont suivis de bien près, et aussi tous les agriculteurs éminents qui ont fait leurs preuves depuis vingt ans dans tous les concours^, devraient prendre part au banquet. Nous donnerons volontiers nos soins à la réalisation de l'idée de M. de Thiac, et ce serait, nous le pensons, vers le 1" juillet, que la réunion pourrait être placée avec avantage. Les grands agriculteurs étrangers devraient y être conviés, afin que ce fût la fête de l'agriculture européenne.
in. — Vente d'animaux reproduetcurs.
Nous avons annoncé les ventes d'animaux reproducteurs qui devaient avoir lieu pendant la dernière quinzaine d'avril dans les établissements de l'État. Faire connaître les résultats de ces ventes nous paraît être une des choses les plus utiles, car, il n'y a pas d'autres moyens de guider les agriculteurs sur les cours des bons animaux de reproduction. En outre, on peut connaître ainsi quelques-unes des étables ou des bergeries où l'amélioration du bétail se fait avec ardeur. — Nous remercions donc jMM. les directeurs de la bergerie impériale du Haut-Tingry et de la vacherie impériale de Corbon de nous avoir fait connaître les résultats des enchères qui ont eu lieu dans leurs établissements les 20, 23 et 25 avril. Voici d'abord la lettre que nous a adressée M. Dutertre :
« Haut-Tingry, le 28 avril 1867.
« Monsieur le Directeur, i J'ai l'honneur de vous envoyer le résultat des deux ventes de béliers provenant de la bergerie impériale du Haut-Tingry, ventes qui ont eu lieu le 20 avril à Alfort et le 25 au Haut-Tingry. 39 béliers y ont été vendus pour la somme de 16,842 fr., ce qui donne une moyenne de 431 fr. par tète.
15 dishley ont été adjugés : le plus cher 1,050 fr., le moins cher 367 fr., moyenne 615 fr. 2 new-kent ont été adjugés : le plus cher 430 fr. , le moins cher 327 ir., moyenne 3*8 fr. 5 southdowns ont été adjugés : le plus cher 404 fr., le moins cher 215 fr., moyenne 279 fr. 17 dishley mérinos ont été adjugés : le plus cher 625 fr., le moins cher 183 fr., moyenne 320 fr. a Les principaux acheteurs de dishley et new-kent ont été MM. Vasselle, d'Hardivillers, Chatriot, Wallet, du département de l'Oise; MM. Saudemont et les représentants des Sociétés d'agriculture de Montreuil, Béthune, Saint-Pôl, pour le Pas-de-Calais; MM. Pargon de Salivai (Meurthe), Petit de Neufmoutiers, Guillegoz, directeur de la ferme- école de Saint-Remy (Haute-Saône); MM. le vicomte de Chizelle et Daillier, du département de l'Aisne; M.Martine Lenglet de la Somme. « Les amateurs de southdowns étaient MM. Dupont, représentant la Société d'agriculture de Bordeaux; Pétau, d'Orléans; Levyliet, de Nancy; Gorberou, de l'Oise. « Parmi les acheteurs de dishley mérinos on distinguait MM. Rothschild et Wartelle, de Seine-et-Marne ; M. Lelong, de Maintenon (Eure-et-Loir); MM. Sagny etPlesoris-Gérard, de l'Oise; M. Pinard, d'Auxerre; M. de Thou, du Loiret, et la Société d'agriculture de Montreuil. <
« Recevez, etc. « Le Directeur,
«■ F. Dutertre, »
On remarquera certainement, dans les détails qui précèdent et les chiffres élevés atteints par quelques-uns des animaux vendus, et le nombre relativement grand des ventes; il y a eu une grande amélioration sur les résultats constatés l'an dernier.
La même conclusion est à tirer de la communication suivante qui nous est faite par M. Zielinski, relativement à la vente d'animaux de la race de Durham, faite aux enchères publiques à la vacherie impériale de Corbon, le 23 avril 1867.
Taureaux. fr.
1. Roger, âgé de 22 mois, adjugé à .M. Savin (Vendée) 2 ,808.75
2. Pijrame, âgé de 21 mois, adjugé à la Société des agriculteurs du Havre (Seine-
Inférieure) 2 , 520 00
3. Odon, âgé de 18 mois, adjugé à M. Sanson (Seine-Inférieure) 1 ,837 ôO
4. Lacij, âgé de 17 mois, adjugé au Comice agricole de Ponanée (Seine-Inférieure). . . 2,047.50
5. Harcourt, âgé de 17 mois, adjugé à M. Taconnet (Vendée) 2,000.25
6. Lijncée, âgé de 16 mois, adjugé â la Société des cultivateurs, à Valmont (Seine-
Inférieure) 1,995.00
7. Polak, âgé de 16 mois, adjugé à M. Delaville (Calvados) 1,606.50
8. Richard, âgé de 15 mois, adjugé à la Société des cultivateurs, Roquigny et Cie, à
Valmont (Seine-Inférieure) 3,659.25
9. Buci, âgé de 13 mois, adjugé à MM. Richard frères (Maine-et-Loire) 1 ,8! 1 . 25
20,286.00 Vaches.
1. Danaïde. âgée de 14 ans, adjugée à M. le comte d'Andigné (Maine-et-Loire) 840.00