OUO
3" 40,000 — fumier 25.5 pas versé.
4° 1 , 200 — engrais chimique 26.3 très-versé.
6° 40,000 — fumier 31.6
il" 1 ,200 kil. engrais complet 26.00
3° 40 ,000 — fumier 1 6.00
, 4" Terre sans engrais 7 . 50
/ 1° 1,400 kil. engrais chimique 36.00
M. Bravay, à Donzère.. \ 3" 29,039 — fumier 10 SO
; 4" Terre sans engrais 2 .80
Coteau aride, défriché \ 1" année, mêmes champs.
pour cette expérience, j 1° Sulfate d'ammoniaque 26.70
[ 3° Rien 0.17
\ 4° Terre sans engrais 2.20
M. Ponsard, à Omey. .. i 1° 1 .200 kil. engrais chimiLjue 33.00
lande de Champagne. \ 2" 100 mètres cubes de fumier 1 3 . 00
M. Ponsard fait, sur ce résultat, les réflexions suivantes :
« La terre sur laquelle j'ai opéré est une lande qui n'avait jamais vu la charrue et qui vaut à peine 170 francs l'heclare.
oc Le blé s'y est vigoureusement développé avant l'hiver de 1865, et dans tout le cours de la végétation il a toujours été supérieur au blé voisin venu sur fumier. Il a dû à cette vigueur une maturité plus hâtive qui m'a permis de le récolter avant les pluies.... J'aurais pu le vendre, comme blé de semence, un très-hai:t prix, car le grain était d'une qualité tout à fait supérieure. Au cours du marché, l'hectolitre aurait rendu :
25 quintaux, à 32 francs 800 francs.
Dépense des engrais 320 —
Excédant en profit 480 lianes.
» Le blé cultivé à côté, sur fumier, avait reçu :
100 mètres cubes de fumier, à 7'. 50 750 francs.
Il a donné 10 quintau.'i de blé, à 32 francs 320 —
Différence en perte 430 fr. '.
1. La terre avait produit trois avoines consécutives, ce qui explique les quelques gerbes d'avoine qu'on avait récoltées. — V.
2. Il n'est pas besoin de faire remarquer qu'en résumant dans ces tableaux les résultats de ces deux cultures, M. Ponsard n'a pas entendu fiiire un compte de détail, mais mettre simplement en relief le contraste des résultats. — V.
t La valeur du fumier restant récupérera-t-elle, dans l'avenir, la perte do la première année? J'en doute. Si l'orge d'hiver que j'ai ressemée immédiatement tient sa promesse actuelle, la parcelle sur engrais chimique rendra encore plus en 1867 que celle sur fumier. »
Quelle conclusion doit-on tirei' de l'unanimité de ces témoignages, si ce n'est que les engrais chimiques ont une supériorité incontestable sur le fumier ('^) ? Ne pouvant nier les faits qui l'établissent, on se retranche sur la question de durée, et on dit^ mais sans preuve, qu'à la longue la terre soumise à leur régime s'épuise et n'en éprouve plus les mêmes effets. Je répondrai dans un moment à cette objection, lorsque je traiterai des fonctions de l'humus ; je veux auparavant montrer, par un exemple, qu'avec les engrais chimiques on peut régler les rendements d'une manière plus sûre et plus économique qu'avec le fumier. En résumant, au début de cet article, les travaux de M. G. Ville, j'ai dit que chaque terme de l'engrais complet remplissait une fonction prédominante ou subordonnée, suivant la nature des plantes. Ce fait a, dans la pratique, des conséquences considérables, car il permet de porter les rendements à leur limite la plus élevée, en atténuant cependant la dépense. Je m'explique : supposons une terre soumise à une culture alternative de pommes de terre et de froment. On peut pi'océder de deux manières : recourir à l'engrais complet, qui suffit pour deux ans et pour deux récoltes; scinder l'engrais en deux parties; la première année n'employer que les minéraux et réserver la matière azotée pour la seconde, parce que l'azote est l'agent dominant pour le froment, comme les minéraux le sont pour la pomme de terre ("j. Or, voici ce que sont les rendements dans ces deux cas :
1" année. Pommes de terre.
2' — id.
1" année. Froment. Paille. .
Graine.
Tour an hectare.
Engra Prix
is minéral. Engrais complet. : 227 fr. Prix : 332 fr.
Kil. Kil. 23,900 25,450 300 de sulfate d'ammoniaque. Bien.
iôO
iô hectolitres.
31 hect
Ainsi, rien que pour avoir divisé l'engrais, on a obtenu un excédant de 1 5 hectolitres de blé et 3,330 kilogrammes de paille, contre une
(46) Pourquoi affirmer ainsi quand, en réalité, pas un compte de culture n'a été produit à l'appui? Il y a, daas l'histoire de l'agriculture, des milliers de faits semblables obtenus avec les produits les plus divers, mais, finalement, l'agriculture en revient toujours au fumier de ferme, toutes le s fois qu'elle le peut.
Personne n'apprécie plus que nous les vrais mérites de M. Ponsard, et nous avons eu occasion de le dire assez souvent, mais nous restons convaincu que le dévoué président du Comice agricole de Cliàlons ne blâmerait pas les réserves que nous croyons devoir formuler contre les conclusions trop prématurées de M. Ville. — R.
(47) C'est là, en effet, une facilité, mais est-elle donc inhérente aux engrais chimiques seulement? Est-ce qu'elle n'a pas toujours existé, pour toutes les matières premières que l'agriculture peut employer comme engrais? Est-ce qu'il n'est pas vrai qu'avant M. Ville l'agriculture employait alternativement les charrées, ou les cendres, ou le plâtre, ou les phosphates fossiles, seulement, comme matières minérales, et, plus tard, le sang seul, ou la corne, ou la laine, comme matière azotée? Ici, comme sur beaucoup d'autres points, M. Vihe n'a à se prévaloir de rien du tout. Tout cela est du domaine public depuis bien longtemps. — R.
perte de 1,550 kilogrammes de pommes de terre, ce qui, en argent, se traduit aiîisi :
15 hectolitres de blé, à 20 fr 30n fr.
3,330 kilogrammes de paille, à 40 fr. les 1,000 kij 133
Total 7. 43i3
1,550 kilog. de pommes de terre Chardon, à 25 francs les 1,000 kilog 38.75
Soit une différence de .394 fr. 25 en faveur du partage de l'engrais, effet qu'on ne peut obtenir avec le fumier de ferme, qui forme un tout indivisible C).
J'arrive à la fonction de l'bumus et à l'examen de la question de savoir s'il est vrai qu'on ne puisse recourir aux engrais chimiques qu'à titre d'agents auxiliaires et non à titre de fumures régulières, continues et permanentes, comme je l'affirme.
Trois propositions principales résument tout ce qui se rapporte aux fonctions de l'humus : 1° par lui-même, l'humus n'exerce pas d'action appréciable sur la végétation ("); dans le sable humifère des Landes, les rendements ne dépassent pas ceux que l'on obtient dans le sable calcaire; — 2° le carbonate de chaux n'exerce pas lui-même un effet plus tranché, lorsque le sol est formé exclusivement de sable calciné l'^j; — 3° la réunion de l'humus et du calcaire élève notablement les rendements; de là, par conséquent, ces quatre résultats, liés à l'absence ou à la présence du calcaire et de l'humus :
Nature du sol. riendement.