CULTURE DU MAIS GÉANT DANS LES ENVIRONS DE PARIS
D'après les expériences faites depuis 1852, de toutes les cultures, celle du maïs peut être considérée comme une des plus productives. Son rapport en grains est de 50 à 60 hectolitres par hectare; j'en ai obtenu jusqu'à 65. Gomme fourrage vert à donner aux bestiaux du 15 juillet à la fin de novembre, il est excellent; les vaches le mangent avec avidité; leur lait devient très - abondant du jour où je leur en donne et il acquiert une qualité supérieure, de même que le beurre. Le rendement du maïs géant, le seul qui convient pour fourrage, est de 90,000 à 100,000 kilog. à l'hectarej sa hauteur est de 3 mètres à 3". 50; quelquefois il monte à 4 mètres, mais pas plus. Toutes les tiges pèsent de 1 à 2 kilog. et demi; leur grosseur, depuis le collet, jusqu'à 1'".50 de hauteur, est de 3 à 4 centimètres de diamètre.
Une terre labourée en novembre à une profondeur de 25 à 30 centimètres, parfaitement meuble, est indispensable pour obtenir de bonnes récoltes. Je plante du 25 avril au 5 mai, à 3 centimètres de profondeur, un seul grain par trou, à 60 centimètres de distance dans tous les sens, pour le maïs à grains; pour celui destiné à être mangé en vert, à 35 ou 40 centimètres au plus. Comme il arrive quelquefois que tous les grains ne poussent pas, la formation d'une petite pépinière est indispensable afin d'avoir des sujets à repiquer.
Le maïs, pour prendre un grand développement, a besoin de chaleur et d'humidité; il ett donc indispensable, à partir du 15 juin, de lui faire donner un bon binage, et quand les tiges ont de 25 à 35 centimètres de hauteur, vers les premiers jours de juillet, de les faire butter jusqu'au deuxième nœud, afin de favoriser le développement d'une seconde couche de racines qui prendront naissance au premier nœud au-dessus du collet. Ce buttage a pour effet : 1° de permettre à la plante de recevoir des deux côtés les rayons du soleil; 2" de former au milieu des rayons, dont la largeur est d'environ 40 centimètres pour celui planté à 60 centimètres, une rigole afin de maintenir les eaux, et de conserver par conséquent cette humidité dont le maïs géant a le plus grand besoin.
Je ne plante ce fourrage qu'après une récolte de betteraves ou de pommes de tei're. De tous les engrais employés depuis douze ans, guano, engrais Rohart, engrais Mosselman, etc. , celui qui m'a donné les plus beaux produits est l'engrais liquide, que je compose comme suit : je fais dissoudre dans 1 hectolitre de purin de vache 10 kilog. de tourteaux de graines grasses, et aussitôt que la fermentation est faite, quarante-six heures après, j'en fais verser environ 1 litre au pied de chague tige. C'est après cette opération que je fais faire le buttage, qui est toujours indispensable. Le tourteau maintient l'humidité et paralyse un peu le purin, qui est quelquefois un peu trop brûlant.