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V. — Nouvelles du typhus des bêtes à cornes

Pendant que le cattle-plague, disparu presque complètement du sol de l'Angleterre, ne manifeste plus sa présence que par quelques attaques encore hésitantes et dont il ne faudrait aucunement s'exagérer la signification, la Hollande continue à être en proie à l'action du typhus qui ne semble pas être sur le point de s'arrêter. De tous les points de ce pays

CHRONIQUE AGRICOLE (PREMIÈRE QUINZAINE DE JANVIER 1867). lOV'

les nouvelles sont décourageantes, Dans le cours d'une des premières semaines de janvier, le nombre des animaux infectés a dépassé 6,000, et ce chiffre est énorme, si l'on réfléchit à la superficie agricole; il est désolant si l'on réfléchit à l'agglomération du bétail. Le système des abattages y est pratiqué sur une grande échelle, mais les résultats n'en paraissent pas ici aussi satisfaisants qu'on aurait pu s'y attendre.

L'Angleterre, justement alarmée, a pris toutes los mesures utiles pour prévenir le retour du ma!. Nos lecteurs connaissent les décisions du Conseil privé relatives à l'importation du gros bétail de Hollande. Le Conseil privé vient d'aller plus loin encore. Nous lisons dans \eNorth British agriculturist la reproduction d'un ordre tout à fait récent sur l'introduction du foin de Hollande en Grande-Bretagne. Il est en conséquence résolu que le foin qui aura été expédié de quelque port de Hollande que ce soit ne pourra être débarqué sur le sol anglais, sous peine des amendes et des pénalités édictées à ce sujet. Le capitaine du bâtiment aura toutefois le droit de porter à terre sa cargaison, quoique de provenance hollandaise, s'il obtient une autorisation des lords du Conseil privé de Sa Majesté, reposant sur ce fait que le fourrage est exclusivement destiné à la nourriture des chevaux.

Les nouvelles du typhus épizootique de l'Angleterre n'offrent pas assurément les signes d'une disparution totale; nous trouvons toujours quelques oscillations, dont les maxima cependant sont loin d'être inquiétants. Le 3 janvier 1867, le bureau du Conseil privé publiait les renseignements suivants. — Dans le cours de la dernière semaine de '1866, le cattle-plague a paru vouloir augmenter dans une certaine mesure; du 22 au 29 décembre, on a signalé neuf attaques de typhus dans la Grande-Bretagne, ce qui constitue une augmentation de trois sur le contingent de la semaine précédente : 118 bêtes à cornes, manifestement bien portantes, ont été abattues pour ce fait seul qu'elles avaient été momentanément en contact avec quelques animaux contaminés.

Les attaques qu'on signale out eu lieu dans le Yorkshire, oii quatre vaches et quatre veaux ont été atteints, et à Market-Weighton, où un taureau a été reconnu malade et immédiatement abattu. Depuis le début de l'épizootie, le nombre des animaux attaqués a atteint le chiffre effrayant de 253,807, et l'abattage a supprimé par prudence 52,646 têtes de bétail incontestablement saines. Ces chiffres, sanctionnés par le surintendant du bureau statistique du Conseil privé, M. William Clode, ont une valeur qu'on ne peut nier. 11 est donc reconnu que, jusqu'ici, le cattle-plague a fait perdre à l'agriculture anglaise un nombre de 306,453 bêtes à cornes. 11 y a peu de calamités publiques qui puissent •égaler ce désastre ! ,

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