‹ Journal de l'agricultureChapitre 44 sur 527 · VI. — Nécrologie · texte numérisé non relu

VI. — Nécrologie

Nous avons malheureusement presque tous les quinze jours à remplir le triste devoir de payer un tribut de regret à la mémoire d'hommes ayant rendu des services à l'agriculture. C'est d'abord aujourd'hui la mort deM. le vicomte deSaint-Trivier, vice-président du Comice agricole de Villefranche, que nous avons à annoncer. M. le comte de Saint-Tri vier a été des premiers à se ranger parmi les fondateurs du Journal de

VagricuUure . C'était un viticulteur habile et un homme dévoué cà tous les progrès agricoles.

La seconde mort dont nous avons à parler est celle de M. Mosselman qui, au milieu du tourbillon de grandes affaires, n'a jamais cessé de s'occuper des intérêts de l'agriculture. On lui doit plusieurs fondations agricoles utiles et particulièrement celle des l'ours à chaux de l'Ouest. Il s'est occupé de la mise en valeur des relais de mer de la baie de Saint-Michel. Il a activé les relations agricoles de l'Angleterre et de la Normandie^ par la création d'un canal et l'établissement de bateaux à vapeur. Il a fait plusieurs fois partie des jurys des concours de Poissy. Dans ces derniers temps, il s'était adonné avec une sorte de passion à la fabrication de ce qu'il a appelé la chaux animahsée, bon engrais si son prix de revient n'avait pas été trop élevé. C'était un homme de grande ressource d'esprit, mais qui peut-être a appliqué son ardeur à la conduite de trop d'entreprises différentes. Rendons hommage au bien qu'il a produit.

Le Journal de V agriculture continue à réunir toutes les sympathies. Chaque jour le nombre de ses souscripteurs s'accroît. Quoique jeune encore, puisqu'il ne date que de quelques mois, il a pu appeler à lui tous les anciens lecteurs de son vieux directeur, et ses si nombreux collaborateurs, parmi lesquels ily enatant d'illustres ou de savants. Dans cette quinzaine, ont bien voulu encore s'inscrire comme fondateurs ' : MM. F. du 31iral, député au Corps législatif; — comte Rœderer, agriculteur à Bois-Roussel (Orne) ; — Tiquet, maître de forges (Haute- Saône ; et comme collaborateurs ou correspondants, MM. A. Bogenez, cultivateur à Grimont (^Moselle) ; — Boucoiran, rédacteur du Courrier du Gard, à Nîmes; — Coutil, agriculteur aux Andelys (Eure); — A. Crétin , président du Comice agricole de Saint-Symphorien-de- Lay (Loire); — Dufour-Clarac, propriétaire à Castelnau-Rivière-Basse (Hautes-Pyrénées) ; — Ch. de Fougières, à la Gacette-Bernard (Haute- Vienne) ; — Gallicher, vice-président du Comice agricole de Bourges (Cher); — Jourdeuil, agriculteur à Bessey-le-Chatel (Cûte-d'Or); — de Lapparent , directeur des constructions navales; — Millart père,, conseiller de préfecture à Charleville (Ardennes); — Florent Prevost,^ membre delà Société impériale et centrale d'agriculture de France, — D'' A.. Petit, membre de la Société d'agriculture et d'horticidture de Louhans (Saôneet-Loire); — Trenel, agriculteur à Septème, (Isère); — Félix Vidalin , ingénieur hydrographe, à Paris. — Le nombre total des fondateurs et collaborateurs est ainsi aujourd'hui de 424. Nous désirons qu'il augmente encore; car, nous l'avons déjà dit, notre vœu le plus cher est que le Journal de l'agriculture appartienne à l'agriculture elle-même et compte le plus grand nombre possible d'adhérents. Il sera ainsi mieux fait, mieux informé, et rendra plus de services à la cause du progrès agricole. Quant à nous , nous n'avons d'autre prétention que d'être un soldat

' Dans notre liste de fondateurs du 5 janvier dernier, au heu de M. Corlier, vétérinaire, il faut lire M. Carlier, propriélaire ù Saint-Maiiin-de-Hinx (Landes).

énergiquement dévoué à la cause commune. — Mais le dévouement lie suffit pas toujours. Il faut encore des forces ; or, nous voudrions aujourd'hui continuer cette chronique en analysant un grand nombre de brochures qui nous sont arrivées sur l'enquête, en rendant compte de plusieurs solennités d'agriculture intéressantes, en discutant encore plusieurs questions soulevées par nos correspondants; mais une fatigue extrême nous condamne à remettre et à notre prochain bulletin hebdomadaire et à la chronique du numéro du 5 février.

Le défaut de place nous force d'ajourner un article de M. Rohart sur la pomme de terre de Norvège. Les demandes sont si nombi'euses que nous devons clore la liste des personnes auxquelles il en est promis. L'article de M. Rohart sera terminé par un accusé de réception à tous les agriculteurs qui en ont demandé en temps utile.

J.-A. Barral.

COURRIER DE BELGIQUE

Le nombre des victimes de l'épizootie s'atténue sensiblement en Hollande. Les bulletins officiels constatent qu'il y a eu dans les quatre provinces infectées : du 2 au 8 décembre, 7,812 malades; du 9 au 15, 6,173- et du 16 au 22, 5,571. Mais comme la diminution se produit exclusivement dans la province d'Utrecht, où, du 8 au 22 décembre, le nombre des cas s'est réduit de 4,783 à 2,501, on est porté à mettre en doute l'exactitude des relevés de la statistique. Il ne semble pas qu'il se soit produit de nouveaux foyers d'infection en Angleterre, où les règles de la police la plus minutieuse continuent du reste à être appliquées : on vient encore d'y interdire l'importation des fourrages de provenance hollandaise. A Anvers, le bétail de trois étables a dû être complètement sacrifié, il est à craindre que le fléau ne fasse encore d'autres victimes.

La hausse sur les froments semble devoir ne pas s'arrêter encora. Elle a fait de nouveaux progrès cette semaine. Le 10 janvier, à Anvers, le marché était plus calme et plus faible pour le froment et pour le seigle ; il s'est fait pen de chose depuis quelques jours. Le froment de Mecklembourg a été payé à fr. 34.75 ; le Kœnigsberg roux à fr. 37.50 ; le Danois à fr. 34.25 et le Danube à fr. 37.50. Il s'est traité "un peu de seigle d'Odessa à fr. 21.50 par 100 kilog. Au moment d'envoyer notre lettre nous apprenons que l'état sanitaire du bétail en Hollande ne s'améliore pas; voici comment les cas se répartissent dans les différentes provinces infectées :

malades. morts, abattus, guéris.

Hollande méridionale 2,388 769 27 30Î

Utrecht 2,4TT 1,711 1 GT-i

Hollande septentrionale 730 "57 (570 2

Gueldre 37 3 116 0

Totaux .5,8.i2 2, .340 ' 814 084

La maladie a de nouveau envahi le Brabant septentrional ; elle s'est manifestée à la fois dans cinq communes.

Le gouvernement des Pays-Bas ne parait pas être aussi sûr de la ligne de con duite qu'il convient de suivre pour mettre un terme au fléau. Il vient, en effet, d'instituer une grande commission composée de fonctionnaires supérieurs vgouverneurs, membres des députalions, etc.) et de savants, en la chargeant de l'éclairer sur les questions suivantes : a. A quelles causes faut-il attribuer l'insuccès des mesures prises jusqu'ici contre l'épizootie? — h. Si les dispositions actuelles étaient reconnues suffisantes, qu'y aurait-il à faire pour leur assurer une prompte efficacité? — (.. Y a-t-il encore à prendre d'autres mesures propres à contribuer à la destruction

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de l'épizootie ? — d. Connaît-on des moyens pour élever du bétaii peu ou point exposé aux atteintes du typhus contagieux?

Sortira-t-il des délibérations de cette commission un ensemble de mesures promptes et efficaces? On doit l'espérer, à moins d'admettre que l'évidence même, mise en lumière depuis plus d'un siècle dans toute l'Europe, puisse rester lettre close pour une réunion d'hommes sensés.

Pendant la dernière épizootie, il a été fait en Angleterre un grand nombre d'expériences sur les procédés les plus efficaces de désinfection. — Les résultats de ces expériences ont été résumés dans une instruction officielle que nous vous enverrons pour, le prochain numéro. E. Bourson.

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