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II. — État de la question du laboicragc à vapeur

Jusqu'à présent, l'Exposition universelle n'a pas montré un progrès dans le labourage à vapeur. L'emploi des machines à vapeur sur les roules ordinaires paraît seul s'être perfectionné. Sur ce sujet, nous publierons prochainement un article détaillé de M. de La Morvonnais. Mais nous sommes heureux, en attendant, de pouvoir signaler, sur la question plus capitale du labourage, un grand travail qui vient de paraître dans la première partie du Journal de la Société royale d'agriculture d'Angleterre jiour 18G7. On savait d'avance que ce fascicule contiendrait le rapport de la Commission sur l'état actuel de la culture à vapeur et le public agricole l'attendait avec impatience. Ce rapport occupe 330 pages c est-à-dire plus des trois quarts du volume, il est fait avec le plus grand soin par MM. H. Reid, J.-A. Clarke et J. Colman. Le nombre des fermes inspectées par la Commission s'élève à 150; 135 ont été l'objet du rapport. En admettant qu'il y ait sur toute l'étendue du Royaume- Uni environ 500 appareils de culture à vapeur, l'étude de MM. Reid, Clatke et Colman porte donc sur plus d'un tiers. H n'est pas sans in lé-

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rêt de connaître les instructions dont étaient munis lès trois commissaires inspecteurs et qui ont servi de direction à leurs investigations. Ce sont : I" La profondeur et la nature du labourage, son prix de revient d'une manière générale, puis pour chaque espèce de travail ; — 2° La date de fonctionnement de la machine, le prix des réparations par an, la nature et la cause des accidents et des avaries; — .'H" Dans quelles mesures l'adoption de la cullure à vapeur s'est conciliée avec l'écoulement des eaux des fortes terres; at-elle modifié le mode de culture de la ferme; a-t elle favorisé la culture de l'automne; a-t-elle amélioré le sol ; — h° Combien de jours de travail la machine a-t-eile fonctionné à l'intérieur et au-dehois de la ferme ; 5"('ombien de jours a-t-elle servi à l'intérieur et hors de la ferme pour des ouvrages non agricoles ; quelle était la nature de ces ouvrages, et quel bénéfice a-t-elle rapporté aux exploitants ; — 6° Combien de jours ont été perdus pour cause d'avarie ou de réparation ; — 7° Dans les cas de charrue à vapeur louée au-dehors ou employée à la ferme, quel bénéfice net a-t-on obtenu sur l'économie de travailleurs; — 8° Rechercher quelle est le moyen le plus économique de se procurer de l'eau pour les besoins de la culture à vapeur; — 9° Enfin, s'enquérir de la meilleure méthode destinée a accommoder les routes et les places pour les exigences de ce mode de culture.

L'ensemble de ces questions montre sur quelles bases sérieuses a été établi cette enquête; nous nous proposons d'y revenir longuement quand l'étude complète des documents nous permettra de fournir au public agricole des détails plus circonstanciés sur la question,

IIL — Nouvelles du typhus des bûtes à cornes.

Nous avons publié dans notre Biillelin n° 22, du I" juin, les dernières mesures prises par le gouvernement français contre le typhus contagieux des bêtes à cornes. Il ne faut pas cesser d'exercer la plus grande surveillance, car le fléau a des retours singuliers et funestes. Ainsi, on le croyait à jamais disparu de l'Angleterre, mais tout d'un coup il vient de frapper de nouveau. On parlait depuis quelque temps de cas récents observés dans le voisinage de Londres; il paraît décidé aujourd'hui que le retour des accidents observés tient, non pas à de nouveaux foyers d'infection spontanément développés en Angleterre, mais qu'il est dû à des importations de bétail étranger. Depuis quelques semaines on voyait sur le marché de Londres un certain nombre de vaches qui n'étaient pas assez grasses pour paraître destinées à l'usage de la boucherie et qui provenaient d'exploitation, où elles avaient été amenées de l'étranger. Ces vaches, qui étaient selon toute apparence dans la période de lactation, ne devaient pas être amenées sur le marché.

Le principal foyer d'infection est Islington, dans la localité de Limehouse, et il semble désormais certain que le typhus épizootique n'a cessé de s'y manifester depuis le mois de. janvier, sans que les inspecteurs aient eu connaissance de cette infection nouvelle. Le Gardeners' chronicle rapporte qu'à Islington l'abatage de 20 vaches a été jugé nécessaire. A Stooke-iNewington, SObêlesà cornes ontsuccombé et depuis moins de 1 5 jours on a dû en abattre plus de 70, chez lesquelles le mal

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était certain et ne laissait aucun doute. Dans la dernière semaine, plus de 8 cas se sont présentés sur plusieurs points différents et notamment à Hackney et à Wliite Chapel.

On annonce, en outre, que dans deux grands troupeaux d'islington le mal s'est déclaré spontanément; ajoutons à cela que les inspecteurs du marché aux bestiaux de la métropole viennent de découvrir un cas qui avait échappé à l'examen du comité d'admission. Le gouvernement anglais, sérieusement alarmé de la gravité de cet événement, a décidé, à la dat'î du 20 mai, qu'aucune espèce de bêtes à cornes ne pourraient traverser les rues de Londres ni le marché sans une permission de la police. Une répression extrêmement sévère sera appliquée à ceux qui essayeront d'éluder la loi. Les vétérinaires-inspecteurs devront énergiquement pratiquer l'abatage sous le moindre soupçon. On peut espérer, dit le Gardeners' Chronicle, que grâce à ces mesures l'Angleterre échappera à l'extension d'un fléau qui, pendant plus de dtux ans, a tenu ses intérêts agricoles en échec. L'application de ces ordonnances relatives à la circulation a causé un certain trouble sur le marché de Londres, aux portes duquel on a vu un grand nombre de têtes de gros bétail refusées faute de certificats. Plusieurs troupeaux de veaux arrivant de France par Southampton, à la station de Mayden-Lanedu North's London-Railway, ont été consignés n'étant pas munis d'une licence de police. Malgré ces petits incidents, le règlement a été appliqué régulièrement sur tous les points, et les populations se prêtent avec complaisance aux exigences de leur exccuiioii.

Quoiqu'il en £oit, nous tiouvons dans le journal tlie Lancel les réflexions suivantes : « 11 est impossible, dit le rédacteur, de regarder sans effroi l'explosion de ces appatitions diverses. Le peuple anglais ne saurait davantage se déclarer satisfait de tout ce qui a été fait pour prévenir la diffusion du typhus dans les exploitations agricoles de Londres, de la banlieue et des comtés. C'est à peine si l'on pourra croire que des animaux sacrifiés ont, sur plusieurs points, été dépouillés et mis en terre dans le voisinage du marché au gros bétail. Ne serait-il pas convenable qu'un membre du Parlement élevât la voix et demandât compte au Conseil privé et à ses inspecteurs de toutes les négligences qui ont été commises depuis trois mois? On dit, si nous sommes bien informé, que plus de vingt vaches atteintes du cattle-plague ont été admises sans difficulté sur le marché; si cela est vrai, nous demandons en quoi consiste la mission dont sont chargés les inspecteurs spéciaux. Les inspecteurs des comtés ne paiaissent pas être plus soigneux. Nous savons, en effet, 'que les procédés de désinfection auxquels on a recours sont tout à fait insuiïisants; on n'a|iplique pas d'une façon rigoureuse la séquestration immédiate du bétail sain; on ne porte pas un diagnostic assez attentif avant d'ordonner l'abatage, ou bien l'abattage n'est pas oi donné quand le typhus épizoolique existe d'une manière incontestable. Ce n'est pas avec des demi-mesures qu'on peut arriver à débarrasser l'Angleterre du cattle-plague. C'est au Conseil privé qu'il appartient d'intervenir; celte intervention ne sera jamais trop prompte ou trop minutieuse. Les lois qui règlent la circulation intérieure sont excellentes, mais elles ne sont pas appliquées. »

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Tel est l'exposé succinct des griefs de l'agriculture anglaise. On comprend, en effet, que si la Grande-Bretagne a renoncé à l'application de tous les moyens que lui apporte la science, il faut que le système des abatages soit appliqué aussi rigoureusement qu'en France, où les faits ont donné pleinement raison à la pratique de MM. Reynal et Boulay.

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