IV. — La maladie des vers à soie
La sériciculture française continue à souffrir. La gattine sévit toujours aussi gravement. Cependant, grâce à des travaux exécutés avec une grande persévérance et un talent hors ligne, un savant illustre, M. Pasteur, paraît être sur la voie de la découverte de la cause du mal et des moyens de guérison. C'est sans doute pour le seconder que 3L le ministre de l'agriculture, du commerce et des travaux publics vient d'adresser la circulaire suivante aux préfets :
" Paris, le 15 mai 1867.
« Le gouvernement, voulant susciter ou seconder tous les efforts tentés pour l'amélioration des races de vers à soie, a alloué, sur la demande de la commission de sériciculture, une somme de 25,000 fr. destinée, avec les souscrip'.ions qui pourront être recueillies d'autre part, àèlre dislribue en primes aux petites édueaiions pour graines. Gliaque prime serait de 200 fr. Elle serait accordée à l'éducateur qui s'engagerait à mettre ea ^rainage 10 grammes de graines au plus et 5 grammes au moins. Les concurrents pourront diviser l'éducation en deux ou plusieurs locaux; ils y seront même invités dès qu'ils opéreront sur des quantités de graines supérieures a 5 grammes. La graine choisie par l'éducateur sera soumise à l'approbation de la personne ou de la commission de surveillance déléguée par l'association agricole, société ou comice, la plus voisine, ou par le«ous-préfet de l'arrondissement. Pendant toute la durée de l'éducation il sera tenu, jour par jour, un registre sommaire de sa marche ; ce registre devra être visé par les personnes chargées de la surveillance, à chacune de leurs visites. L'éducation terminée et la qualité de la graine reconnue par les moyens que les délégués jugeront les meilleurs, selon leur expérience et leurs lumières, les cartons ou linges seront frappés d'une estampille d'origine, le cachet de -la mairie, par exemple. La moitié de l'allocation, soit ICO fr., sera comptée au moment où la graine produite sera frappée de l'estampille. Le souspréfet, sur le rapport des personnes à qui la surveillance aura été confiée, délivrera un certificat de production, sans engager la garantie de l'administration, qui doit laisser aux sociétés agricoles et à leurs délégués toute la responsabilité de leurs appréciations. La graine ainsi obtenue sira placée et vendue au gré du producteur, qui reste seul chargé de s'entendre avec les acheteurs. C'est à lui aussi qu'est laissé le soin de faire connaître ses acheteurs aux autorités locales et de signaler les éducations qu'ils poursuivent à leur diligence. Lorsque l'acheteur y aura consenti, les éducations effectuées avec les graines estampillées seront surveillées par des délégués des sociétés ou comices les plus voisins ou du sous-préfet de l'arrondissement, qui se rendront compte d'une manière générale de la marche des éducations, et qui constateront avec exactitude les quantités do cocons obtenues et leur qualité. Les 100 fr. complémentaires de la prime seront accordés, pourvu que la récolle obtenue, même par un seul des éducateurs, corresponde à une bonne moyenne quant à la nature et à la quantité des cocons.
i Tout en engageant à faire de préférence les essais de grainage sur nos races indigènes, la commission n'en fait pas une condition absolue; ce qu'il importe d'obtenir, c'est une graine exempte de maladie, a
Nous croyons fermement que le succès finira par couronner les efforts nombreux qui ont pour but de rendre la prospérité à une des plus brillantes industries agricoles de la France. M. le Ministre de l'agriculture indique une voie qui donne beaucoup d'espérance. Proclamons du reste bien haut, parce que cela n'a pas été suffisamment dit ailleurs, que les sériciculteurs ne se sont pas abandonnés inertes
à leur malheureux sort, qu'ils ont vaillamment lutté, qu'ils se sont en un mol aidés eux-mêmes. Nous pouvons en citer comme preuve les travaux que nous avons publiés et notamment ceux Je M. le docteur Félix Achard, le promoteur d'une soc été coopérative séricicole qui donnera, nous n'en doutons pas d'heureux résultats. Les tentatives ont été mulliples et elles ne seront pas sans influence sur l'issue de la crise.