CONCOURS DES BETES A LAINE A BILLANCOURT
Ayant accepté de rendre compte de deux concours régionaux aux deux extrémités de la France, nous avons dû forcer le pas, entre Aurillac et Vannes, pour nous trouvera Billancourtau concours des bêtes à laine.
Un intérêt économique s'attache en France à la production de la laine. Un intérêt s'y est mêK^ en outre pour nous, qui avons eu des relations dans la Plata et en Australie, pays producteurs des laines unes, qui ont remplacé ces laines d'Espagne réservées aux belles dames du temps. GilBlas nous conte qu'il se mit au service d'un de ces riches traitants de laines de Ségovie. Laines et traitants n'existent plus que dans le roman de Lesage ; il y a beaucoup de mieux ^ lisons-nous, dans l'île de Billancourt. Quoi qu'il en soit, nous ne croyons pas devoir surenchérir sur les compliments à l'endroit de MM. les commissaires, dans îa crainte d'abord de blesser leur modestie, ou bien encore que, s'apercevant, comme Henri IV^, du venin de la flatterie, maisne pouvant résister à sa douceur, ils ne nous disent : Tunousflatlcs^maisva toujours.
Le concours des bêles à laine, à Billancourt, de l'aveu des connaisseurs, était le plus important qui ait eu lieu en France sous ce rapport, et cependant plusieurs éleveurs n'avaient pas concouru, par des raisons qui tenaient à des récompenses exceptionnelles déjà obtenues, ou bien parce qu'ils faisaient partie du jury.
Il n'est pas sans intérêt de retracer le passé et le but qu'on s'est proposé en France, sous le rapport de la production de la laine. Le passé se rattache à notre établissement national. Le but, les Anglais l'ont atteint, bien qne tributaires encore aujourd'hui de Rambouillet, celte bergerie, à laquelle se rattache l'illustre nom de Daubenton. L'élablissement de Rambouillet échappa oublié pendant la Révolution et l'Empire, et justement l'oubli servit les efforts de ses fondateurs pour créer l'incomparable race qui porte ce nom. La France, avant 1780, était tributaire des étrangers, de l'Espagne notamment, pour les laines fines, et nos liches colonies d'alors ne lui apportaient aucun appoint sous ce rapport. On songea à y implanter la race de cette contrée, et Rambouillet fut créé. L'agriculture, il faut en convenir, n'était point alors chargée de satisfaire aux besoins d'une population qui a doublé depuis ce temps, et de jilus larges étendues pouvaient être consacrées à une race moins précoce que les races de boucherie vers lesquelles les Anglais de la terre ferme ont tourné leurs efforts, pour rechercher au dehors, dans leurs colonies si prospères aujourd'hui, les conditions nécessaires à îa production à bon marché des laines fines. Ils ont reconnu depuis très-longtemps que les conditions qui favorisent li formation du mouton de boucherie amènent Vélongalion du brin et nuisent en définitive à la laine courte et fine. Les laines des races anglaises de Southdown, Cheviot, Dorset ne peuvent être considérées comme courtes que relativement aux très-bngues mèches des races de Lincoln, Dlshley, Costwold et autres; mais elles ne sont pas des laines courtes comme l'entend la fabrication des étoffes drapées fines, comme le sont les admirables laines exposées par l'Aile-