CONCOURS DK BÉTE3 A LAINE A BILLANCOURT. 4Û
magne, qui doit sans cloute ces belles toisons aux connaissances toutes spéciales de ses éleveurs, mais plus encore aux conditions de la production dans un pays où la population est relativement rare, où les grandes propriétés se prêtent mieux à l'agriculture pastorale, où la Viande n'élanl pas un pressant besoin, n'est pas aussi demandée, où l'on peut la sacrifier à la laine, ce qu'on ne peut aujourd'hui avec la nécessité d'une culture intensive sur le sol français. C'était pourtant le but patriotique des fondateurs de Rambouillet : Tempora mutantiir el tios mutami r ah illis.
Au reste, il ne faut pas croire que les Anglais aient la moindre prétention à produire chez eux la laine fine. Leurs conditions agrico'es et l'intérêt national leur imposent une double obligation, celle de produire de la viande pour la métropole et des laines courtes au Cap, en Australie et dans la Plata, où se trouvent quelques grands éleveurs, comme la puissante maison Jackson. D'autres ont su faire respecter leurs estances, au milieu des incessantes révolutions de la population du Sud Amérique. On remarquait, à la dernière exposition, les laines du capitaine Mac-Arthur, le Ois du capitaine Mac-Arthur, qui introduisit àSidney le premier troupeau mérinos. Ces laines étaient fournies par des moutons élevés par son père, et aujourd'hui l'Australie approvisionne de ses admirables laines fines le marché de l'Angleterre. Les laines de la Plata, malgré des progrès qui en ont quadruplé la valeur depuis trente ans, leur sont restées inférieures. Le chardonnage a souvent nui à ces dernières. Depuis 1840, quelques Français, notamment ^L le capitaine de la Morvonnais, ont fait dans la Plata et la province de l'Entre-Rios, des efforts dans le même sens. C é^t de Rambouillet qu'est sorti le pur sang mérinos, et c'est encore là qu'on vient l'y retremper. L'Algérie est aujourd'hui pour nous le seul pays où nous puissions continuer l'œuvre de Daubenton. C'est, au reste, ce que faisait remarquer, avec sa sagacité ordinaire, M. de la Trélionnais dans ce journal même. Malheureusement, la paresse et l'ignorance des Arabes dépassent encore celles des Gauchos de la Plata.
Cette situation bien comprise a amené chez nos voisins d'admirables résultats. Ils ont aujourd'hui 50 millions de têtes de la race ovine sur 31 millions d'hectares; tandis que nous n'en avons pas 40 millions sur 53 millions d hectares; car la race ovine a beaucoup diminué en France. Leurs moutons en outre leur donnent deux fois plus de viande que les nôtres et sont tués à un âge deux fois moins avancé, tandis que leurs laines fines d'Australie, Ceylan, La Plata dominent le marché européen. Admirable résultat d'un génie pratique !
Que dire alors dans cet ordre d'idées du concours, que nous aurions voulu parcourir en compagnie des courtiers de laine [reconnaissadorcs] seuls bons juges en dehors des données de la prétendue science de la zootechnie, qui, lejettant la pratique, comme Daubenton, entend faire du mouton mérinos i\ne race de boucherie qui serait à la fois remarquable par sa laine et sa précocité. Il nous eût importé d'en connaître le secret plus vite. — Mais nous continuons à nous incliner devant Us types du pur sang de Rambouillet. Pour la laine, il faut ensuite signaler, parmi les troupeaux de mérinos français, celui de i\L Godin aîné, de Châtiilon-sur-Seine, l'un des plus importants et