‹ Journal de l'agricultureChapitre 456 sur 527 · Z' LOT · texte numérisé non relu

Z' LOT

Grande Duchesse, 10% âgée de 3 ans et 10 mois. — Grande Duchesse, 15% âgée de 2 ans. — Grande Duchesse, 17% âgée de 9 mois. — Prix d'adjudication 47,250 francs; moyenne 15,750 fr.

Grande Duchesse, 11% âgée de 4 ans 1/2. — Grande Duchesse, 12%âgée de 3 ans. — Grande Duchesse, 14», âgée de 2 ans. — Prix d'adjudication 31,500 fr.; moyenne 10,500 fr.

Ainsi, 12 vaches et génisses réalisèrent à cette vente 162,750 francs, ce qui donne une moyenne de 13,652 fr. 50.

Ces 12 Duchesses furent toutes achetées par la même personne. Son nom est M. Betts : c'était l'associé du fameux entrepreneur sir Morton Peto, dont la raison sociale Peto et Betts est si universellement connue.

Les 5 taureaux, tous du même sang durham, réalisèrent à cette vente 41,755 fr. 50, ce qui donne une moyenne de 8,3-'i7 fr. 50. L'un de ces (aureaux fut acheté 1 1 ,81 2 fr. 50 par M. Belts, qui commença ainsi son élevacçe de durhams par l'acquisition d'un taureau et de 1 2 vaches et génisses qui lui avaient coûté 174,562 fr. 50, ce qui donne la tîioyenne respectable d'environ 13,427 fr. Je dirai en passant qu'un des cinq taureaux. Grand Duc, 10% fut adjugé au duc de Devonshire au prix de 15,750 fr.

Ceci se passait le mercredi 7 juin 1865.

Nous voici au mercredi 1" mai 1867, c'est-à dire à 2 ans moins 5 semaines d'intervalle. Nous ne sommes plus dans la salle de Willis, il est vrai, mais nous voilà au milieu des circonstances ordinaires des ventes de durham. Le cercle dans la pâture, les chariots autour, le lunch dans la grange, le même commissaire priseur et les mêmes animaux dont je viens de dire la vente extraordinaire. Seulement, il ne s'agit pas aujourd'hui d'une douzaine de duchesses et d'un taureau Grand-Duc. M. Betts, non content de ce fonds d'étable, s'était .adressé à Towneley-Hall et à Kirkleavinglon, c'est-à-dire que le troupeau qu'il offrait aux amateurs de durhams mercredi dernier, se composait de 72 têtes, toutes appartenant aux sangs Booth, Duchesse et Towneley, c'est-à-dire que ce troupeau représentait tout ce qu'il y a de plus illustre dans la race durham.

Preston Hall, la propriété de M. Betts, est située en plein comté de Kent, c'est-à-dire dans un des plus beaux pays du monde. Les cerisiers sont en fleur. Le printemps s'est paré de ses plus fringants atours, tout semble inspirer la joie et le bonheur, mais la vente de ce beau troupeau, sa dispersion aux quatre coins de l'Angleterre, glaçait le cœur de ceux qui connaissaient les circonstances malheureuses qui nécessitaient cette vente. Hélas! La tempête financière de l'année dernière avait passé par là et l'événement qui réunissait une si grande foule à Preston Haïr en était l'amer résultat. Le troupeau lui-même s'était sans doute ressenti des malheurs du propriétaire, car jamais animaux moins bien préparés pour la vente n'ont été présentés aux acheteurs. Il paraît qu'au lieu de la liberté des pâturages, l'emprisonnement dans des box a été le lot des Duchesses à leur arrivée à Preston-Hall, et, certes, ce système ne leur a pas réussi. Infiécondité, avortements, veaux mort-nés,

accidents de parturition en ont été les fatales conséquences, et ces malheureux animaux sont entrés dans le cercle faisant piètre figure; peu d'éleveurs en France en eussent voulu pour 500 fr. Mais le sang généreux de la famille Duchesse coulait toujours dans leurs veines et c'est cette qualité précieuse, que l'incurie ou l'ignorance des vachers ne saurait détruire, que l'on payait si cher.

Le lunch est dévoré, on se range autour du cercle et voilà M. Strafford qui monte sur son rostrum. Duchesse 5% l'une des trois vaches du 1" lot à la vente de 1865, paraît la première, mais elle a deux ans de plus qu'alors, et au lieu de rapporter son tiers de 49,875 fr. elle tombe au duc de Devonshire pour 5,250 fr.

Grande Duchesse 8% appartenant aussi au 1" lot, atteint le chiffre de 14,312 fr. 50. Grande Duchesse 19', âgée de 13 mois, 18,375 fr. Grande Duchesse 20", âgée de 2 mois seulement, 1 1 ,287 fr. 50. Grande Duchesse 21% âgée de 6 semaines, 8,602 fr. 50.

La grande Duchesse 18", qui faisait partie du 2° lot à la salle de Willis et qui alors avait atteint la moyenne de 1 1 ,375 fr. s'est vendue à Preston-IIall 18,637 fr. 50.

La grande Duchesse 17°, du 3' lot en 1864, dont la moyenne avait été de"l 5,750 fr. s'est vendue, en 1867, 22,312 fr. 50.

En somme, les 13 Duchesses à Preston-IIall, malgré leur piètre mine, ont encore réaUsé près de 1 50,000 fr.

Sans atteindre des prix aussi élevés, les autres vaches et génisses de sang Booth et Towneley se sont vendues à des sommes considérables. Un grand nombre ont encore réalisé de 7,000 à 8,000 francs, et, en somme, la vente, qui comprenait 52 vaches et génisses et 12 taureaux, a atteint la plus haute moyenne de toutes les ventes connues, c'est-àdire environ 4,515 francs par tête. Celle des Collings n'était que de 3,775 francs, et celle de lord Ducie de 3,780 francs.

Parmi les taureaux, qui étaient loin d'avoir le mérite des femelles, il y en avait trois appartenant à la famille des Duchesses. Ils ont réalisé 26,907 fr. 50. L'un d'eux s'est vendu 13,387 fr. 50.

Une autre vente d'animaux, moins illustres il est vrai, mais de trèsbon sang néanmoins, a eu lieu à Havering-Park, appartenant à M. M'Intosh. Là encore, tous les bons animaux ont atteint des prix fort élevés. Ainsi, le colonel Towneley, qui semble vouloir remonter sa fameuse étable, n'a pas hésité à payer un taureau oxford 13,025 francs. Les vaches et génisses se sont vendues entre 1,500 et 8,000 francs, donnant une moyenne d'environ 2,000 francs.

La conclusion à tirer de ces ventes remarquables, c'est que, d'abord, la race durham, loin d'avoir baissé dans l'estime des agriculteurs anglais, semble, au contraire, être plus en faveur que jamais. Car il faut bien remarquer que, dans ces ventes, il n'y avait pas un seul acheteur étranger. A la vente de lord Ducie, il était évident que les Américains, en faisant une concurrence déterminée aux Anglais, firent monter les prix; mais, dans les dernières ventes qui ont eu lieu, il n'y avait pas même d'Irlandais ni d'Écossais,

On peut aussi déduire du résultat de ces ventes que la peste bovine n'effraye plus personne, et les prix extraordinaires obtenus par les durhams témoignent en outre de leur immunité contre les atteintes de

la maladie, et de la conviction que ce fléau n'existe plus en Angleterre que comme accident fortuit dont on peut facilement trouver les causes et circonscrire les effets.

II faut espérer que la cessation complète du fléau permettra bientôt l'importation en France des races bovines de l'Angleterre, et surtout celle des durhams, et que les éleveurs français, encouragés par les résultats qu'ils ont déjà obtenus de leur élevage et par la conviction qui se manifeste enfin partout que le croisement durham est on ne peut plus avantageux pour la production de la viande, reparaîtront dans les ventes de l'Angleterre afin d'étendre l'élevage de la race durham dans notre pays où nous en avons si grand besoin, et où elle est appelée à rendre de si grands services aux points de vue de l'alimentation de la population et de la richesse agricole du pays. Le 25 mai s'est ouvert le grand concours hippique de la salle agricole d'islington ; il promettait d'être fort brillant; j'en donnerai le compte rendu dans ma prochaine chronique.

F. R. DE LA TrÉHONNAIS.

Bickley Park, Bromley keiit (Angleterre).

Après les idées les faits. Après les principes les applications qui en découlent et les chiffres qui les résument. 11 n'y a pas moyen de procéder plus méthodiquement et de conclure plus sûrement. Nous nous renfermerons exclusivement dans l'économie générale de la question.

Nous avons discuté la doctrine et les principes. Il ne nous reste donc qu'à examiner les applications en prenant les chiffres même de M. Ville, qui propose l'assolement quadriennal suivant :

1" année : turneps. — 2= année : Hé. — 3* année : trèfle. — 4' année : blé.

Comme fumure, M. Ville conseille, par hectare de terre et pour la rotation ci-dessus :

Fi.

Sulfate d'ammoniaque 650 kilog, à 35 fr 227 . 50

Phosphate de chaux ^00 — à 20 fr 80.00'

Polasse raffinée 300 — à 85 fr 255.00

Chaux 200 — à I fr 2.00

Cette fumure représente les apports que voici :

650 kilog. de sulfate d'ammoniaque au titre maximum de 21 pour 100 d'azote = 136 kilog. .500

d'azote.

400 kilog. de phosphate de chaus du commerce, en le supposant dans son plus grand état de

pureté = 360 kilog. de phosphate.

300 kilog. de potasse raffinée, à 90 pour 100 de carbonate de potasse, contenant 68.11 de potasse

réelle = 184 kilog. de potasse.

200 kilog. de chaux ordinaire ramenée à sa richesse la plus élevée = 170 kilog. de chauï.

L'apport total de la fumure est donc représenté par 136 kilog. 500 d'azote, 360 kilog. de phosphate, 184 kilog. de potasse réelle, 170 kilog. de chaux,

Voyons ce que les quatre récoltes composant la rotation emporteront

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