OU DE DOMESTIQUER DANS L'EUROPE MOYENNE. — IX
Les textiles font défaut à nos manufactures ; il est nécessaire de stimuler la culture du lin et du chanvre, auxquels on pourrait associer, dans les terres humides et les régions tempérées, l'ortie blanche de la Chine (fig. 43), dont les tiges fournissent une filasse aussi forte que la soie et presque aussi brillante qu'elle.
Parmi les notiveaux légumes à recommander, le cerfeuil bulbeux (fig. 44) occupe sous tous les rapports le premier rang; cette belle ombellifère se sème, en terre fertile meuble et fraîche, en août, mais ne germe qu'au printemps ; ses feuilles primordiales sont tellement petites, qu'on les voit à peine; aussi doit-on bien se garder de sarcler les planches dans lesquelles on l'a semé. Plus tard apparaissent d'abondantes feuilles velues, découpées et d'un beau vert, comme celles du persil, qui jaunissent puis se dessèchent à la fin de juiUet. C'est à leur base qu'on trouve une racine charnue, grosse comme une carotte, mais plus courte; la chair en est blanche et excessivement fine; sa saveur, qui rappelle celle des châtaignes, est réellement délicieuse; aussi, ce légume est-il d'autant plus rapidement devenu à la mode, qu'il arrive sur le marché précisément à l'époque où les vieilles pommes de terre ne valent plus rien et où les nouvelles sont encore rares et chères. On apprête ce légume absolument comme les pommes de terre. Il faut éviter de l'arracher d'avance, parce qu'il se fane; en le laissant en terre, sa saveur s'affine d'ailleurs encore, et prend, vers la fin de l'automne, un goût vanillé qui a fait rechercher le cer-
1. Voir le tooie II de 1866, pages 284, 359 et 499; le tome I de 1837, page; 326 et 427, et le numéros du 5 avril, page 29 ; du 5 mai, page 248, et du 20 mai, page 348.