VUE A VOL D'OISEAU
lils des occiipalioiis qui s'allient parfuitement avec le dt'vcloppLMncnt (les meilleurs côlés de la uaturo humaine.
La vie à la camfi;i^ne j)rt'senle alors un rliainie ircl : elle est utile, l'Ile donne de 1 indui'nce, elle oITie un luit aux and>ilions tout en garantissant l'indépendance des caractères; elle n'absorbe pas entièrement les facullés et le temj)s de 1 lionime instruit qui veut continuer de s'adonner, dans une juste mesuir, au culte des arts, des science.-i, des lettres; elle permet des voyajies et toutes les relations du monde, en maintenant les liens si doux qui peuvent s'établir par des érbanges de services entre ceux cpii possèdent la richesse et ceux ipii, par le hasard de la naissance, soni jilact's dans les ranj^s du prolétariat. Néanmoins, beaucoup de bons esprits doutent de la facilité du l'exécutiou; on a de plus le préjugé de croire qu un système de culture, ainsi basé sur l'œuvre d'un pr(i|)riétaire et d'un régisseur, expose à des pertes, ou, du moins, ne peut donner des bénélices; enliii, on se ligure surtout qu'il n'est pas ap|)licable dans les contrées où la terre a acquis un prix très-élevé. Or, il nous a été donné de l'étudier aux portes d'une ville industrielle, au milieu d'un pays on le mode dexploilalion par des fermiers est le plus habituel, cl de constater qu'il peut alors produire d'excellents résultats. Ces observations nous ont paru devoir être livrées à la publieilé, parce que nous pensons qu on y trouvera de bons exemples à imiter.
Le domaine de Rouiieville est situé sur la commune de Saint Saulve, à '2 kilomètres de Valenciennes. 11 a été acheté en IS.").') par M. iidouard Ilauioir. Il se conqwse d un enclos d une conlenance de biO li'rctares 40 ares tt de 4 parcelles d'une étendue totale de 14 hectares ■'^^ ares. Le pro|iriétaire n'aura la jouissance de ces parcelles conligues à l'enclos ou situées à faible dialance, qu'en 1868; ces parcelles, encore en location, ont été achetées l()(),7;}4 fr., soit (î,500 iV. I hectare, et elles rapportent ."),G74 fr., ce qui correspond à un revenu du capital fourni de 3.(j pour 100, et à un fermage de 25'! fr. par hectare, (les chiiTres montrent ce que jieut rapporter la terre mise a bail dans les conditions où se trouve placé le domaine que nous éludions.
La projjriété de M. Edouard Ilamoir est représentée en plan par la planche I. Elle se compose, comme on peut le voir, [irincipalement de prairies, elle est traversée par l'Kscaul ; d un côté se trouvent le château et le parc, avec le grand Jardin potager; de l'autre côté est la ferme, entourée des prairies et des terres en culture. Le chemin de fer du Nord la coupe vers une extrémité, en laissant seulement en dehors deux champs dans lesquels on se rend par un passage à niveau. En face du château, et de l'autre côté de la rue de Valenciennes, est placée la belle église de Saint-Saulve, qui a été construite par M. Ilamoir. Près de l'église sont des parcelles encore en location.
L'enclos actuellement exploité par le propriétaire, avec son régisseur, se divise de la manière suivante :
HecUrcs.
Parc 8.73
Terres en culture 16.79
Prairies k%.bï
Ferme et di'pentlances 1.11
GlieniiDs, digues, fossés et îles 5.26
Total 80. ii')
L'altitude des plus hautes parties du domaine sur lesquelles se trouvent le château et une partie du parc, est d'environ 10 mètres audessus des eaux moyennes de l'Escaut. Toutes les terres sout formées d'aiUivions du fleuve, et une grande portion est encore aujourd'hui colmatée lors des grandes eaux.
Jusqu'en 1864, lM. Hamois s est contenté des bâtiments de l'ancienne ferme pour son exploitation, malgré leur mauvaise disposition. Voulant entretenir un bétail amélioré, désireux en outre d'introduire les instruments les plus perfectionnés et, s'il y a lieu plus tard, le labourage à vapeur, il ne se décida à bâtir une ferme sur plan nouveau qu'après avoir été étudier attentivement les fermes réputées les plus belles en France, en Angleterre, en Belgique et en Allemagne. Il a fait un choix entre les diverses dispositions qui lui ont paru les meilleures, notamment dans celle du prince Albert, en Angleterre, dans celle de M. Albert Tachard, en Alsace, et dans celle de M. Bortier, à Gliistelles, près d'Ostende. Il est ainsi arrivé à un ensemble vraiment remarquable et que les planches II et lil peuvent faire apprécier. Un modèle en relief se trouve en ce moment à l'Exposition universelle, dans le hangar de la classe 43, près de l'exposition collective du département du Nord; il permet aux visiteurs de se rendre compte de tous les détails d exécution que nous ferons connaître par d'autres planches où sont dessinées les coupes et les vues des principales parties des bâtiments. L'architecte qui sous la direction de M. Ilamoir a présidé à l'exécution est M. Dutourquet, de Valenciennes. L'aspect général de la ferme est pittoresque soit qu'on y arrive en venant du château et du parc, soit qu'on l'aperçoive par la portière d'un wagon en passant en chemin de fer. L'architecture en est simple et sévère et heureusement appropriée à sa destination.
On arrive du parc à la ferme en traversant un pont sur l'Escaut. On rencontre d'abord la maison du régisseur et les dépendances agricoles telles que remises, hangars, magasins d'ustensiles, formant ensemble trois côtés de la grande cour où les voitures ontaccèspar quatre portes. L'habitation du régisseur est placée de telle sorte qu'il peut sans quitter son foyer, embrasser d'un coup d'œil toutes les parties du service en surveillant les entrées et les sorties.
Le troisième côté de la grande cour de service est occupé par les façades latérales de l'ensemble des constructions consacrées au bétail ; ce sont quatre corps de bâtiments pai'allèles entre eux et d égales longueurs. Les deux du milieu sont séparés par la fosse à fumier couverte. Ils sont consacrés à l'espèce bovine; les deux extrêmes le sont à l'espèce chevaline et à l'espèce porcine; ils sont séparés des premiers, comme le montre la planche 111, qui donne une vue à vol d'oiseau, par des cours pour les chevaux et les porcs. Enfin, un bâtiment longitudinal contient la grange avec son aire, qui est couverte et sert de vestibule aux quatre bâtiments dont nous venons de parler où se consomment les nourritures. Derrière se trouve un appenti oùe st placée la machine â vapeur, auprès de laquelle, sans que néanmoins il puisse y avoir de danger, sont concentrées les récoltes des greniers et où aboutissent les écuries et les étables de manière à permettre d'éviter toutes les fausses manœuvres.
On doit surtout remarquer dans la ferme de Rougeville la simplicité
des services, l'écomomie de main-d'œuvre, la facilité de sur\'eillance et par-dessus tout, le commodité des dégagements pour la rentrée, la sortie aes récoltes et l'alimentation des animaux. C'est ce que nous ferons ressortir en examinant les divers bâtiments dans ce qu'ils ont de plus intéressant et en donnant les devis de toutes les dépenses effectuées.
J.-A. Barral.
Monsieur et cher directeur,
Puisque vous avez bien voulu me faire l'honneur de me compter parmi les membres de cette Légion qui marche à votre suite dans la voie du progrès, permettez-moi de vous entretenir du Crédit Agricole à un point de vue tout à fait pratique. Ce Crédit est une des plus grandes nécessités de notre époque, puisque la grande majorité des cultivateurs possèdent un capital d'exploitation de beaucoup inférieur à leurs besoins réels. Ce n'est donc qu'à l'aide de capitaux qu'il est possible de diminuer notablement les prix de revient et d'arriver à une récolte maximum sur une surface déterminée.
11 est reconnu que le manque de crédit condamne fatalement le cultivateur à des emprunts usuraires. L'usure a plusieurs formes ; je commence par laisser de côté celle qui est la plus connue et qui consiste à se procurer à tout prix, et directement, une somme quelconque, si bien qu'avec la combinaison ingénieuse de quelques renouvellements répétés, le chiffre des intérêts et de la commission réunis finit par atteindre quelquefois 15 à 20 pour 100. C'est ce que j'appelle l'usure directe.
Passons à l'usure indirecte : un marchand de moutons, par exemple, consent à accorder des délais pour le payement inti^grai d'un troupeau; il en profite pour vendre chaque animal deux et trois francs plus cher que s'il avait été payé comptant. Le cultivateur a ainsi, sans peut-être s'en douter, emprunté sur le pied de 20 à 30 pour 100. Ceci se trouve également vrai vis-à-vis dé tout autre marchand de bestiaux obligé de vendre à crédit.
Il est un autre cas, et malheureusement le plus fréquent. Ne pouvant se procurer des capitaux à des conditions modérées, le cultivateur se trouve obligé de vendre la plus grande partie de ses grains en octobre, novembre ou décembre, alors que ses confrères ibnt également affluer les leurs sur le marché. L'encombrement a lieu, les ofiVes surpassent de beaucoup la demande, la baisse est produite, et on a vendu quand même car il fallait trouver de l'argent.
Comme il est reconnu que le prix du blé est plus élevé en janvier, février et mars, le cultivateur pressé n'a pu attendre cette époque et a ainsi réalisé une i)erte considérable qu'un crédit chez le banquier lui eût épargné. Voilà, si je ne m'abuse, une liquidation forcée plus onéreuse peut-être que celle amenée directement par l'usure.
Mais je ne veux pas rentrer dans la discussion générale, magistralement éclairée par M. L. de Lavergne et M. Teyssierdes Farges. La cause est, je crois, entendue et jugée; il ne s'agit donc, plus que d'aviser au meilleur mode d'organisation des banques agricoles.
La Banque de France consentira-t-elle à modifier ses statuts de manière à accepter le papier agricole sur le même pied que le papier industriel et commercial?.... C'est assez douteux.
Sommes-nous assez avancés pour nous prêter immédiatement à la création de banques d'émission? Cela me paraît plus douteux encore.
En attendant la solution de l'ua de ces deux problèmes, voici ce que j'aurai l'hooneur de proposer à vos lecteurs, dont la haute intelligence et l'esprit pratique me sont connus depuis longtemps.
Organiser des sociétés à responsabilité limitée, soit au chef-lieu de canton, soit au chef-lieu d'arrondissement et au capital social de cent ou deux cent mille francs.
Ces sociétés auraient à leur tête un directeur et des administrateurs choisis parmi les hommes les plus recommandables de chaque localité.
Mais, dira-t-on, pourquoi plutôt par canton ou arrondissement que par chef-lieu de département '? Parce que les cultivateurs d'une circonscription, fréquentant
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presque toujours le même marché, y sont alors connus du plus grand nombre, et que leur solvabilité devient ainsi plus facile et plus simple à établir.
J'offre (et c'est le but principal de cet article) de souscrire inunêdiatement la moitié du capital social de chaque banque, au nom d'un grand financier, du moins pour les quinze ou vingt premières sociétés qui s'organiseraient dans ces conditions.
S'il m'est adressé des propositions dans ce sens, je communiquerai un projet de statuts, et nous arriverons promplement à une solution pratique. 11 ne faut pour cela que l'initiative de quelques hommes de bonne volonté.
Le succès du Comptoir de Seine-et-Marne, toujours croissant depuis trois ans, ne permet pas, ce me semble, d'élever des doutes sérieux sur l'avenir des banques agricoles en France.
Veuillez agréer, etc. de Trimond.
Rapport sur les éducations de vers ù soie du mûrier, fanes dans le département du Bas-Rhin, par M. LerebouUet. Chez Heitz, Strasbourg. Brochure in-8, 3'2 pages.
Depuis quelques années^ des expériences heureuses ont démontré que dans certaines parties de TAIsace^ et notamment dans le département du Bas-Rhin, la culture du ver à Foie du mûrier pouvait prospérer. Dans un rapport présenté à la Société des sciences, agriculture et arts de Strasbourg, M. LerebouUet, doyen de la Faculté des sciences, rend compte de quelques expériences qui sont de nature à encourager les entreprises de sériciculture dans ce pays. Ces expériences ont été faites par ]\1M. Bès de Bere, directeur de l'asile de Sléphansfeld; Guimas, directeur de la colonie d'Ostwald ; Jacquemin, professeur à l'école de pharmacie; Berson, professeur au lycée; Rudolph (Miébaut), cultivateur à Plobsbeim; Maykiichel, farinier à Strasbourg.
Savoie et Savoyards, par M. Montmayeuh. Chez Ch. Diicrey, Moutiers. Brochure. in-8, 130 pages.
C'est un pays intéressant à plus d'un titre, raaig, surtout au point de vue agricole, que celui de nos nouveaux compatriotes, les Savoyards. Peu de contrées donnent des productions aussi riches et aussi variées que certaines parties de la Savoie. Les populatious de^ cesjcampagnes sont bien loin d'être aussi ignorantes et aussi 'arriérées qu'on le pense généralement. Croyez-en M. ÎMontmayeur qui en a fait une étude aussi agréable qu'instructive. Ce travail est divisé en quatre parties : dans la première il s'occupe de la population des deuxSavoies; dans. la seconde, du sol et des produits; dans la troisième, de l'industrie,; pastorale; dans la quatrième, enfin, de diverses questions telles que l'émigration, les biens communaux et le prolétariat des campagnes.
Le Marier, ses avantages et son utilité dans l'industrie, pat M. Cabanis. Chez Dounaud. Paris, in-12, 162 pages. Pri.x : 2 francs.
M. Cabanis, qui a consacré ses soins depuis longtemps à la culture du mûrier, et dont les produits furent très-remarques à l'Exposition universelle de Londres, en 1862, comme ils le sont encore aujourd'liui dans la classe 43 du Palais du Champ de Mars, a entrepris, dans un travail que nos agriculteurs liront avec fruit, d'indiquer tous les avantages que l'on pourrait tirer de la culture du mûrier. La plupart de ceux qu'il signale ne sont encore que peu connus des agriculteurs et des industriels; quelques-uns même sont indiqués, pour la première fois, par M. Cabanis. Dltast.\.
ÉTUDES SUR LA VERSE DU BLÉ. lOb