CONCOURS GÉNÉRAL ANNUEL DE LA SOCIÉTÉ HIPPIQUE FRANÇAISE. —II
Pour en revenir au Concours lui-même, mon impression est que la moyenne des chevaux est supérieure à celle de l'exposition précédente. Il y avait l'année dernière au Palais de l'Industrie deux oi\ trois paires de chevaux, dont nous ne voyons pas cette l'ois les équivalents, mais la masse est supérieure, si ce n'est dans les carrossiers, du moins parmi tes chevaux de selle, les chevaux de tilbury ou de brougham.
je constate un progrès considérable dans la producticn du cheval de selle. C'est la première fois que dans un Concours de chevaux français je trouve quelques animaux, si ce n'est d'élite, du moins d'un choix digne des meilleures écuries. On ne rencontrait pas sur l'Esplanade des Invalides de ces modèles de huniers, de cliargers, de haeks, comme les marchands des Champs-Elysées en ramènent d'Outre-ftIanche de loin en loin, tels que ceux que S. Exe. le grand écuyer choisit en Angleterre pour les écuries du Louvre, mais les chasseurs à courre et les gentlemen de Longchamps pouvaient aisément se monter de bons et jolis chevaux.
Je citerai en première ligne une jument alezane de M. Forcinal-Céneri, élevée dans l'Orne et voisine de la perléction, comme dressage, comme construction et comme allures. 11 est vrai de dire qu'elle est petile-fille d'un des meilleurs étalons de pur sang qui soient venus en France, Dangerous. C'est assurément une jument de selle digne des écuries impériales. J'en dirai autant d'une jument à M. Lemaire, née dans le Calvados, qui accuse beaucoup de sang et une aptitude toute spéciale pour la chasse. Sa tête et son encolure sont légères, sa poitrine est bien descendue, ses reins sont remarquablement forts, ses avant-bras et ses cuisses sont bien musclés, ses membres de qualité supérieure. Je rangerai dans la même catégorie une jument, bai du Gers, à M. le marcjuis de Castelbajac; une autre jument alezane, de l'Orne, à M. Philibert Forcinal; un cheval bai, du Calvados, à M. Leneveu; une jument grise, delà Manche, à M. le baron de Bosmelet; une jument alezane, de la Gironde, à M. Célérier; une jument noire, trotteuse, de l'Orne, fille de Phœnomenon, à M. le marquis de Falendre, et bien d'autres encore.
J'ai remarqué aussi quelques chevaux élevés dans l'Ouest, tel que le hack alezan de M. Bouille, des Deux -Sèvres, qui montrent ce qu'on pourrait espérer du pays, si l'Administration des Haras voulait y porter son action et ses encouragements. Elle a tant fait pour la Normandie, qu'il serait enfin temps de s'occuper tout spécialement du Poitou, de la Vendée et de l'Anjou. Que l'État y envoie des étalons de pur sang, des trotteurs du Norfolk, qu'il y distribue des primes aux meilleures poulinières, et il trouvera bientôt là une pépinière de chevaux invincibles à la guerre, infatigables à la chasse, comme le démontrent les hunters des chasseurs renommés de ces contrées. Que le Directeur général des