‹ Journal de l'agricultureChapitre 5 sur 527 · Tome I. — 5 janvier 1867. i · texte numérisé non relu

Tome I. — 5 janvier 1867. i

On ne saurait nier que la gravité foudroyante des premiers temps a cessé; la contagion existe toujours, il est vrai, mais on n'y trouve plus cet envahissement soudain et rapide qui en constituait tout d'abord un des plus saillants caractères. Nous avons du reste applaudi au main-» tien des restrictions de circulation décrétées par le Conseil privé. 11 arrive aujourd'hui que le chiffre de la mortalité s'est légèrement relevé. Si l'on ne consultait que l'enseignement de la statistique, il y aurait lieu de s'alarmer peut-être. Mais avec la connaissance des relations vétérinaires émanées d'hommes savants et autorisés, on ne saurait voir ici autre chose qu'une de ces nombreuses oscillations qui accompagnent la fin des grandes crises épizootiques, mais dont la signification est nulle ou à peu près.

A partir de la semaine qui court du 27 octobre au 3 novembre, semaine dont le nombre est de 2, on a constaté une augmentation de 3 cas, de 3 au 10 novembre. Mais ce chiffre de 5 ne demeure pas, il retombe aussitôt à 2. Celte oscillation n'a donc aucune importance. Du 17 au 24 novembre et au 1" décembre, onena signalé 32 cas. Voilà certes une élévation bien nette, mais elle n'aurait de signification précise que si le chiffre s'élevait encore ou même persistait la semaine suivante. Loin de là; du 1" au 8 décembre il n'y a plus que 14 cas, c'est-à-dire qu'on peut constater une diminution de 18, soit des 6 dixièmes. Ce n'est pas tout, du 8 au 1 5 décembre, la diminution s'accuse davantage et nous ne rencontrons plus que 9 cas. A ne consulter que l'enseignement, si complaisant et à la fois si infidèle de la statistique, on ne peut s'empêcher de reconnaître une progression descendante rapide. Une induction légitime permet donc toujours d'annoncer la fin du cattle-plague. Les vétérinaires et les journaux anglais ne se sont pas mépris sur la portée de ce semblant de recrudescence; aucun d'eux ne s'est alarmé. C'est en Allemagne et en France que l'inquiétude s'est élevée. Il n'en saurait être autrement, on le conçoit, car ceux qui se sont occupés de ces faits n'ont pas été chercher derrière le chiffre brutal du rapport la nature et la marche de la maladie qui s'éteint.

Tant qu'il y aura en Hollande un foyer pestilentiel considérable, il faudra craindre de nouvelles invasions soit en Angleterre, soit en Belgique, soit en Allemagne. Quanta la France, elle est protégée jusqu'à un certain point par les mesures prises dans ces deux derniers pays. On a parlé d'invasion dans le Tyrol et dans le comté de Saint-Gall, en Suisse; puis en Prusse, dans le Limbourg; enfin en Belgique, dans la province d'Anvers.Toutes ces irruptions récentes ont été immédiatement arrêtées ; mais le danger subsiste, puisque, dans la semaine courant du 9 au 1 5 décembre, la dernière dont nous ayons les relevés officiels, on a encore constaté, en Hollande, près de 6,000 cas nouveaux de peste bovine.

IV. — Régulateur de vapeur automatique pour les distilleries.

A propos de la description que nous avons donnée (voir tome II de 18(j6, pages 484 et 502), du régulateur de vapeur automatique inventé

par M. Sava.'e, et qui rend tant de services aux distilleries, nous avons encore reçu ci • M. Champonnois la lettre suivante :

« A M.J. A, Barrai, directeur du Journal de l'Agriculture.

« Monsieur,

K Votre réponse à la réclamation que je vous ai adressée, me donne toute satisfaction, en ce que vous reconnaissez qu'avant 1856, époque à laquelle j'ai décrit le principe d'un régulateur de vapeur, fondé sur l'emploi d'un manomètre et d'un flotteur, il n'y avait eu rien de semblable publié ou décrit par M. Savalle; car vous me permettrez de ne rien voir de sérieux dans cette date de 1846, à laquelle M. Savalle père aurait i commencé, en Hollande, à chercher, par de tels moyens, à régulariser « le chauffage des appareils de distillation ; » mais la suite de votre article aontient une insinuation qu'il est de mon devoir de relever.

« Ce n'est point avant la prise de mon brevet, comme vous paraissez en être informé, que j'ai visité la disiillerie de M. Savalle ; c'est seulement le 1" mai 1857, ainsi que mes notes en font foi, que j'y ai accompagné, sur sa demande, M. Roy de Tonoerre, qui désirait voir fonctionner l'appareil de rectilication, dont il n'existait pas encore d'autre application ailleurs. Ma visite est donc postérieure d'un mois à la date du brevet de M. Savalle, et par conséquent de plus de 15 mois à la prise du mien.

« Agréez, etc.

« H. Champonnois. »

Si M. Savalle fils juge à propos de revenir sur l'origine de la découverte de son père, nous insérerons sa réplique. Il nous suffit, quant à nous, de constater que M. Champonnois reconnaissait, dès 1857, au système de M. Savalle, un suffisant caractère de curiosité pour aller le visiterMjoutons qu'il est assez singulier que, dans tous les traités relatifs à la distillation publiés en France, ce système, employé dans trois cents grands établissements, soit cependant passé sous silence. Nous continuerons donc à signaler ses avantages aux agriculteurs par une description suffisante de toutes ses parties. Le système de M. Champonnois consiste dans la préparation et la fermentation des jus ; il n'est pas relatif à la distillation proprement dite; c'est à celle-ci que M. Savalle a rendu d'éminents services.

Page 1