‹ Journal de l'agricultureChapitre 77 sur 527 · L'ANNÉE 1866 DANS LE NORD · texte numérisé non relu

L'ANNÉE 1866 DANS LE NORD

Les résultats de Tannée agricole 1866 ont été, en général, favorables aux agriculteurs de notre circonscription. On a pu réparer les pertes éprouvées en 1865. Nous n'avions eu alors qu'une faible récolte en blé, et pas de récolte en lin, et comme partout, en France, des prix de vente désastreux.

Le rendement des blés a varié, en 1866, de 24 à 35 hectolitres à l'hectare. Les différentes sortes de blés, d'introduction récente, conservent leur supériorité de rendement. Des mécomptes ont eu lieu quand, dans un sol léger, on a semé des blés qui réclamaient un sol riche.

Quoique la récolte du lin ait été au-dessous de celle d'une année moyenne, le cultivateur a été payé de ses peines par les prix élevés qu'il a obtenus.

Les pâturages ont profité du temps humide : l'herbe a été abondante. Le prix du beurre s'élève d'année en année. Ce produit a une grande importance pour notre pays', une ferme de 30 liectares ayant de 7 à 8 hectares de pâturage. Dans une année ordinaire, on met les vaches à l'herbe depuis la fin d'avril jusqu'à la fin d'octobre. En moyenne, une vache donne, pendant la saison, pour 1 50 fr. de beurre.

Tous les ans, on défriche quelques-uns de nos riches pâturages pour les convertir en terre à labour. L'opération est lucrative; pendant quinze ans, sans engrais, on obtient de riches moissons. On peut donner un prix plus élevé pour les défricher que pour les conserver en pâturage. Forcément, dans un temps plus ou moins long, ils disparaî-

Page 1