A Rexpoëde seulement
L'ANNKfi 1866 BANS LE NORD. :M3
Iront tous ; c'est fâcheux au point de vue de l'élevage et de l'engraissement. Les betteraves ont été attaquées par les vers blancs. Le produit est inférieur d'un tiers à celui de l'année dernière. Les pluies prolongées et l'absence de soleil y ont aussi contribué. La distillerie paye les betteraves de 14 à 23 fr., suivant que le prix de l'alcool varie de 45 à 90 fr. l'hectolitre.
Les colzas, les fèves, les pois ont bien réussi. Les pommes de terre ont donné des résultats très-variés; celles plantées sans engrais ont réussi-
Les rendements du blé Chidam et du blé de Bergues ont été les suivants :
Blé de Chidam , attaqué par le ver blanc , à l'hectare. 30 hectol. Blé de Bergues 26 —
Différence en faveur du Chidam 4 hectol.
J'ai eu, cette année, un nouveau blé de Hollande qui, semé en bonne terre, donne un grand produit. Il a l'avantage de ne pas geler et ne verse pas.
J'ai continué mes essais de pâturage sur une pâture artificielle de la contenance de 66 ares. Du 8 avril au 1"juin, j'y ai nourri : une vache à lait pesant 600 kilog., un bœuf de 608 kilog., et une génisse de 350 kilog. Du 1" juin au I" septembre , la vache à lait et la génisse y sont restées; du 10 septembre au 25 octQbre, il y a eu deux vaches à lait et la génisse. Voici le détail du nombiVde jours de ncurritùre :
Vaches.
Du 8 avril au 1" juin 53
Du 1" juin au 1" septembre 91
Du 10 septembre au 25 octobre, 2 vaches. . 90
Bœuf.
Génisse.
Sur un pâtui'age permanent d'nne contenance de 66 ares, j'ai laissé
Du 30 avr. au 25 cet., 1 vache et 1 génisse. 178 « 178
Différence de jours, en faveur du pâturage artificiel. 56 53 11
L'assolement que je suis sort des règles ordinaires. La première année, blé, on y sème de l'herbe; la deuxième année, de l'herbe pour pâturage; la troisième année, des betteraves. Mes terres se sont améliorées. Cet assolement a l'immense avantage de demander moins de maind'œuvre; c'est presque de l'industrie. Cette culture est mise à la portée des propriétaires, même de ceux qui haJjitent la ville.
La grande majorité des fosses à fumier est construite d'après des principes vicieux. Les rapports que je reçois des cultivateurs qui ont bien voulu adopter les modifications que j'ai fait connaître depuis plusieurs années, constatent un abaissement de plus de 50 centimes dans le prix de revient d'un hectolitre de blé, ce qui est dû à une grande augmentation dans la quantité et la qualité du fumier. Comme la meilleure démonstration est de parler aux yeux, je vais envoyer à l'Exposition universelle de 1867 deux aquarelles: la première représentera une fosse à fumier telle qu'on la trouve généralement; la deuxième, cette même fosse que j'ai fait arranger. J'indiquerai et la dépense et les résultats obtenus.
214 l'année 1866 DANS LE NORD.
La couverture des fosses prend d'année en année plus d'extension. Les deux Sociétés d'agriculture et la Chambre consultative d'agriculture de l'arrondissement de Dunkerque ont, dans l'enquête, considéré cette innovation comme l'un des grands progrès accomplis dans notre arrondissement. Les vers blancs ont été nombreux cette année, on en est étonné, car, depuis plusieurs années, il y avait peu de hannetons. Doit- on attribuer la présence de ce fléau à la destruction des taupes ? Nous ne connaissons pas de remèdes pour les détruire. J'ai plusieurs fois remaqué que le séjour prolongé de la neige les faisait périr. Je ne puis affirmer que d'autres causes n'y ont pas contribué.
Dans l'enquête, tout le monde a été d'accord pour demander des routes. Quelle que soit la bonne volonté du Gouvernement, ses bienfaits seront très-limités. N'est-il pas certain que le moment est arrivé pour l'agriculture de s'occuper elle-même de ses affaires, et de ne laisser ce soin à personne? Je puis citer, comme preuve de ce que j'avance, ce qui se passe dans les environs de Dunkerque. Je veux parler de la partie de cet arrondissement qui est gérée par des administrations appelées watringues. Là, nous trouvons le pays sillonné de routes empierrées. Les quatre-vingts plus forts propriétaires de la circonscription nomment les administrateurs, dont les fonctions sont gratuites. Dans l'origine, ces administrations ne s'occupaient que de dessèchement; peu à peu, elles ont créé des routes, qui sont payées et entretenues par elles. Ce résultat a été obtenu au grand profil des propriétaires, des cultivateurs, au moyen d'une légère rétribution, qui varie selon les besoins, et n'est perceptible qu'après approbation du préfet. Ces grandes améliorations se seraient-elles accomplies si le pays n'avait pas fait se? affaires lui-même? A. Vaudercolme,
Membre cotrespùniJant de la Société impériale et Cfn traie d'agriculture de France.
Là FABRICATION DU CIDRE. — II'.
Cidre de pommes ou de poires.
Avant de faire le cidre et les piquettes, ces boissons populaires de l'agriculture, il faut récolter les fruits, il faut les préparer et les disposer, le tout convenablement et en temps opportun. Ce n'est qu'après ces opérations préliminaires que l'on peut s'occuper utilement de la fabrication du cidre.
Mais, le cidre se faisant pour la consommation qui est quotidienne et qui peut exiger urf temps plus ou moins considérable, il ne suffît pas de faire la récolte, de faire le cidre, il faut encore apprendre à le conserver, selon les besoins, les circonstances et la possibilité, afin de profiter des années d'abondance pour l'utiliser dans les années stériles ; les années se ressemblant assez rarement, surtout en agriculture.
Récolle et préparation des fruits. — Lorsque les fruits commencent à tomber, en août et en septembre, quoiqu'ils soient encore verts, il con-