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Siège du Caire.
Le major Hutchinson s’étant déterminé à faire , de concert avec le g^and-visir, lë siège du Caire, transféra,, le 4 juin, son quartiergénéral de Mishlee , au village de Lockmas.
Le 5 , il se porta sur Ouardan , où l’armée séjourna le 6 . Le 7 , il s’avança jusqu’à EI- Gatta.
Dans cette dernière marche, l’armée était
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disposée en trois colonnes : les mamelueks formaient celle de droite ; les Anglais , celle du centre; et lfes TurCs, commandés par lé capilan-pâcha , celle de gauche. Cette - dernière colonne suivait les bords du Nil. „ ' >
Dans le même tejnps , l’armée' du grandvisir suivait les mouvemens.de célle dü général Hutphinson, et marchait le long de la branche de Damiette , en ayant soin de camper toujours aussi près que possible de nous , et
à, notre hauteur.
Le 8 , lu général Hutchinson se porta en avant , d’environ trois milles , vers la pointe méridionale du Delta, et prjt position près de Burtos , un des nombreux villages dont celte vaste plaine est couverte s Ùn concentra dans cet endroit toutes les forces destinées à agir contre le Caire. Une communication libre et facile, fut établie , au moyen d’un excellent pont formé par. des pontons , entre nous et l’armée du grand-visir , campée à Charlàhan , sur la rive opposée du Nil. Le capjtan-pàcha campait en avant des Anglais , et les mamelucks en arrière.
Le 10 juin , deux cents homtnes du 86° régiment, sous les ordres du lieutenant-colonel Lloyd , rejoignirent , dans cette position , le ^orps du colonel Stewart , qui était attaché
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à l'armée du grand-visir. Ce détachement formait l’avant-garde du renfort qu’on attendait depuis longtemps des Indes.
En conséquence des ordres du lieutenantgénéral Hutchinson, le lieutenant-colonel Lloyd était parti de Suez le 7 , en faisant donner à chaque soldat une faible provision de mauvaise eau qui , jointe à celle que les chameaux pouvaient porter dans des outres de cuir , formait le seul approvisionnement auquel sa petite troupe devait s’attendre , jusqu’à ce qu’elle fût parvenue à la fontaine de El-Hanka, distante de cinquante milles de Suez.
Le premier jour, trois officiers se trouvèrent tellement faibles et épuisés , qu’il leur fut impossible d’aller plus loin. On fut obligé de les renvoyer à Suez sur des chameaux. Soixantedix hommes qui 11e purent également suivre le détachement, furent laissés en arrière , avec ordre de rejoindre sur leurs chameaux aussitôt qu’ils le pourraient.
L’excessive chaleur et la réverbération insupportable, dés rayons du soleil sur un sable brûlant, une soif dévorante, que la dis,ette d’eau ne permettait pas d’étancher, car les soldats avaient imprudèmment et sans ménagement épuisé leurs faibles provisions, rendirent cette route aussi pénible et aussi désespérante qu’o%
puisse le concevoir. Pour soulager les chameaux, ' les officiers abandonnèrent leurs effets , et les soldats jetèrent leurs sacs. ■ *
Après avoir supporté avec persévérance une marche aussi fatigante , le lieutenant-colonel Lloyd arriva heureusement à la fontaine de ' El-Hanka , dans la soirée du 9. Ce jour-là, huit hommes faisant partie des soixante-dix qui avaient été laissés derrière , rejoignirent le détachement; quant aux autres, ou n’en a jamais entendu parler depuis , et il est probable qu’ils ont péri misérablement dans le désert.
Suez est situé à 3 o" a f de latitude , à l’extrémité septentrionale du golfe de la Mer- Rouge. C’est une ville pauvre, mal bâtie, et qui compte peu d’habitans. Elle est assise sur un rocher nu et stérile. On no peut se procu-, rer de bonne eau dans les environs , et toutes les provisions y sont chères et en petité quantité. La principale occupation des hàbitàns est de construire des bâtimens qui sont employés à naviguer sur la Mer-Rougë. On n’y trouve plus aucune trace du fameux canal qui unissait le Nil au golfe d’Arabie (1). Des bâtimens peuvent mettre à l’ancre avec cinq toises d’eau ,
’ (1) ir ne faut pas prendre celle assertion à la lettre : les ves-
tiges qui restent de ce célèbre canal sont, il est vrai , réduits
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devant Suez, à trois ou quatre millès du rivage. , ' ,
Le i 4 juin, le major-général Hutchinson se porta à environ trois milles en avant du ‘village de Saael,,et le 16 il prit position à portée de boulet des ouvrages ennemis. Le même jour, il fut rejoint par le 28° et le 42 e régimens , qui avaient fait en douze jours le trajet du camp retranché d’Alexandrie ,, au point où il était actuellement. • , ,
Le visir fit aussi un mouvement en avant
sur la rive droite du 'Nil., et campa à hauteur des Anglais. Lès commttnications entre les deux armées furent établies au moyen d’un
pont sur pointons jeté au village deDemanhour,
à peu de chose; mais ils ne Sont pas entièrement anéanlis, et sur plusieurs points de son étendue ou voit encore les traces
des anciens travaux. Les ingénieurs français ont reconnu et constaté ces vestiges , et c’est au général en chef qu’Qu en doit la première découverte. Bonaparte avait calculé les avantages immenses qui eussent résulté du Rétablissement de ce canal, pour la prospérité de l’Egypte et pour le commerce du monde entier; et voulant attacher son nom à cette grande entre-
prise , il avait donné des 01'dres pour la mettre en exécution’. Déjà' des trayaux de nivellement entre la Mer-Roüge et la Méditerranée avaient été commencés par le corps des ingénicut’s ; et si les Français, se fussent maintenus en Egypt#, il
est hors.de doute que cé projet important , qui avait si long-
temps et si vainement oecupé tant de rois, eût enfin reçu son plein et entier accomplissement. '"(A,)
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un peu au-dessous des positions quelles occupaient. , •'
Le général Hutchnison prit une, nouvelle position , et le 21 investit là ville de Gizeh , située vis-à-vis le Grand-Caire. Le visir suivit encore ce mouvement, et campa sur'la rive droite du fleuve , près des ouvrages ennemis. Quelques escarmouches légères eurent lieu dans là soirée sur les deux rives du Nil , et les mamelucks firent briller leur adresse dans ces engagemens.
On fit avec activité tous les préparatifs du siège. Des pièces de gros calibre et des uiunitions de toutes espèces remontèrent’le Nil pour approvisionner l’armée du général H utchinson. Mais ce n’était pas toujours sans difficulté' que les bâtimens parvenaient à franchir avec leurs pesantes cargaisons la barre de Rosette. Le dépôt de l’armée assiégeante fut établi à proximité de la rivière , à un endroit où l’on pouvait débarquer les bouches à feu .et les approvisionnemens dont les djcrmes étaient chargées^ ' • >; *' •' *•
• Ce même jour, le major-général Moore , à peine remis des blessures qu’il avait reçues le
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2 1 mars , .;vint de Rosette rejoindre l’arinée.
Le 22 j û in, le général Cradock fut désigné pour commander, les troupes anglaises qui servaient
dans l’armée combinée. Le commandement de sa brigade fut confié au brigadier-général Hope. Le colonel Abercromby remplaça le général Hope dans ses fonctions d’adjudant-général , et le capitaine Tayloé, du a5 e régiment d’infanterie, aide-de-camp du général en chef, fut nommé adjudant-général-adjoint.
Le même jour, le .général Béliard , qui commandait les troupes françaises au Caire , se voyant entouré de tous côtés , ayant toutes les communications avec l’iûtérieur coupées, et ne pouvant espérer aucun secours , envoya un parlementaire aux avant-postes du général Hutchinson , pour proposer à ce général d’établir une conférence entre un officier français et un officier anglais, du rang qu’il jugerait convenable de désigner , afin de traiter de l’évacuation’ du Caire et de ses dépendances.
Le général Hutchinson ayant accédé à cette proposition, nomma ledirigadier-général Hope . pour traiter avec .un général de brigade français. La conférence devait avoir lieu le même jour à une heure ; mais on fut obligé de la remettre au lendemain , ,à onze heures , afin d’avoir le temps de communiquer au grand-visir la proposition du général Béliard.
Les Français élevèrent des tentes sur les bords
du fleuve, entre les avant-postes anglais et Gizeh.
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Les officiers députés parles deux armées se réunirent dans cet endroit, qui fut appelé le, camp des conférences. Les officiers envoyés par l’armée combinée étaient le brigadier-général Hopepour les Anglais , Osman Bey pour le grand-visir, Isaac Bey pour le capitan-pacha; les généraux de brigade Morand et Donzelot et le chef de brigade Tareyre furent envoyés par le général Béliard. Chaque députation fut accompagnée au Camp des conférences par une escorte de trente dragons et de soixante fantassins.
Le a3 , aussitôt après la première conférence, on donna l’ordre de cesser les hostilités de part et d’autre.
Les conférences continuèrent sans interruption jusqu’au .28 juin, époque à laquelle op signa une convention pour l’évacuation du Caire et de ses dépendances. L’on sè donna aüssitôt mutuellement des otages. Le colonel Paget, du 28* régiment, fut l’officier qui fut envoyé de la part des Anglais.
Par cette convention (1) il fut accordé dPx •Français soixante-dix jours pour l'évacuation définitive du Caire et de ses dépendances.' Après * ce délai , ils 4 devaient se mettre en route pour Rosette avec - leurs armes , leurs bagagés , leur
li) Voytz cette capitulation a l’Appendice, n»XV,
artillerie dé campagne, et ils devaient être embarqués dans cette place aussitôt que possible , et au plus tard dans les cinquante jours qui suivraient la ratification du traité ,, sur des bâtimens fournis aux frais des puissances alliées, et qui devaient les conduire dans un port de , France. *
Dans la soirée du 28, les puissances alliées prirent possession de la porte de Gjzeh et du fort de Sulkowsky ( 1 ). Les Français paraissaient inquiets de nous voir approcher des ouvrages de la ville , qui , malgré leur étendue et leur aspect formidable, étaient, dans. le fait, faibles et en très-mauvais état. A tout autre ,égaTd , ils se montrèrent très-prévenans envers nous (2).
Le 9 , la garnison française , conformément à la capitulation , évacua le Caire etBoulac, et se retira dans l’ile de Rodha et dans la ville de Giseh. Le 89* prit aussitôt possession de la citadelle;
(î) Le nom de ce fort est celui d’un jeune Polonais , qui ' * ‘ ■>* f * * avait toute la confiance de Bonaparte , et dont le .caractère
, semblait, avoir une grande sympathie avec celui de cet homme célèbre. I T périt dans la première campagne d’Egypte.
(2) royék la dépêohc officielle du général Hutchinsou , en date du 29 juin , dans l’Appendice , sous le n°XVI.
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