‹ Journal de l'expédition anglaise en Égypte, dans l'année mil huit cent Alfred ThieryChapitre 15 sur 45 · XVIII · texte numérisé non relu

XVIII

• Marche de l’armée anglaise de l’Inde sur l’Egypte. Description de quelques villes de l’Arabie. s

•Le 16 juillet, un officier arriva avec des. dépêches pour le général Hutchinsori , par lesquelles on lui annonçait l'arrivée , depuis longtemps attendue , du major-général Baird , qui avait atteint Keimeh , village situé sur les bords du Nil , avec une grande partie de son armée.

- Le projet de transporter un corps considérable de troupes des Indes en Egypte, en lui faisant traverser la Mer-Ro irge , était bien conçu , et on en aurait tiré de grands avantages , si l’ennemi nous avait opposé une plus longue

résistance., *

Nous avons déjà dit qu’une petite portion de ce corps était arrivée à Suez , sous le commandement du lieutenant-colonel Eloyd , du 86* régiment. Ce détachement! avait d’avance fait voil% des «ôtes de Malabar avec le contre-amiral Blanket. *

Nous allons suivre ici la marche que tint , pour arriver jusqu’à nous, l’armée indienne , commandée par le major-génér,al Baird. lous

K» EÔTPTE. ?!•>

les corps de cette armée n’étaient pas partis •

* d'il même point. Chaque résidence avait dû .. fournir une certaine quantité de troupes; et ai toutes celles qu’on avait le projet de rassembler eussent été expédiées en Egypte, cette armée eût été composée d’environ dix mille

hommes.

tJne division , formée du 1 o* régiment de Sa Majesté , d’un bataillon de douze cents volontaires cipayes du Bengale , et d’un détachement d’artillerie de l’honorable compagnie des . Indes, s’embarqua aux Bouches -du- Gange , dans le Bengale } le 1" décembre 1800, «t partit de cet endroit le 6. Elle arriva le 1 3 à Trincomaly, dans l’île de Ceylan (î), lieu désigné pour le rendez-vous , et où elle avait ordre d’attendre l’amiral. Elle fut rejointe dans ce port par le So’ région eut, et le i 5 février ces. troupes firent voile vers la pbinte de Galle , à l’extrémité orientale de l’ile s où elles arrivè-

(r) Cette baie, une des plus belles de l’univers , est trèslarge et en même temps très-sûre , à cause des hauteurs dont elle es^eqlnurée , et de sa position avancée dans les terres, où ellç est presqu’entièrement renfermée. L’entrée en est défendue par un vieux fort hollandais 1 , nommé fort Osnabrück. Il y avait aussi nne batterie qui est maintenant détruite , élevée près du rivage , à environ un mille et demi de Trin- 1 cofnaly. Cette ville , située au fond de la baie , n’a rien de

ai6 ixi ’ édition anglaise

rent le iS.. Elles y furent renforcées par le £8® régiment, deux compagnies du 86% Sous • les ordreâ du colonel Montresor, et un aut;re . *

détachement de l’artillerie de la compagnie.

Le a - mars, une partie de ces forces arriva à Bombay } le temps contraire' força le reste à relâcher à Goa. A Bombay, l’expédition reçut un potrveau renfort, consistant en un bataillon de cipayes-, qui avait fait voile vers ce point quelque temps auparavant.

Ce fut seulement dans cet endroit que l’armée des Indes apprit qu’elle était destinée pour l’Egypte , et quelle aurait pour chef le majorgénéral Baird.

Les bûtimens qui la transportaient sous les ordres de sir Home Popham , s’avançaient par petites divisions à travers la mer Arabique , .jusqu’à Jedda ; car lg navigation difficile et dangereuse de la Mer- Rouge ne leur eût pas permis dè marcher avec une grande flotte. .

Cette mer est à peine connue, et les cartes ipii •

reiuarquabjep, et comme elle tire de Madras presque tous les articles de consommation, ils y sont nécessairement chers. Cependant le poisson s’y trouve en grande quantité et 'à hop compte. Les bois qui l'entourent abondent en gibier. La ville était autrefois très-insalubre ; niais cet inconvénient n’exista plus depuis qu’tfn a éclairci le pays et abattu les bois.

" . (,/Vs/f de l’auteur.-)

,EN E&ÏPTI. ' 217

en ont été levées étant très-inexactes, il devenait nécessaire de naviguer avec foutes les précautions possibles , de sonder à chaque instant , de ne marcher, que lentehieqt , et même souvent de rester en panne pendant la nuit. Les capitaines des bâtimens et les officiers en géné-* ral avaient reçu ordre de tenir exactement leur ' journal de navigation^ et ceux qui savaient*dessinçr furent engagés à lever les plans et les gisemens exacts des côtes qui s’offraient à leur vue. Cette navigation est èn <îffet si mauvaise et si incertaine, que la flotte perdit soixante-dix bâtimens , dont plusieurs étaient d’une beauté remarquable. • ,

Une de ces divisions, ayant à' bord le io* régiment, quitta Bombay le 1 " avril, et arriva à Mocka le 20 du même mois. Mocka , Faneienne capitale de l’Arabie heureuse , est située à i3° i5' de latitude.* Yue de la mer, cette ville paraît fart belle ; elle est défendue de ce côté par trois forts : les grands, bâtimens sont obligés de jeter l’ancre à une distance de quatre ou cinq milles du rivage, car la mer .y est très-basse. Une chaîne 4 e wodhersv qui s’élève au midi de la ville . s’étend fort avant dajis la mer , et rompt ainsi l’impétuosité qu’impriment aux flots les ouragans qui * régnent fréquemment dans ces parages. •

ülS EXPÉDITION ANGLAISE

’ La ville est sale et mal bâtie,’ et ne répond • pas à l’idée qu’on s’en forme d abord ; car les maisons blanchies présentent de loin une apparence de propreté et de régularité. Les habitans , qui ne sont pas encore réconciliés * avec les chrétiens , sont inhospitaliers et trèsinsolens. Mocka est célèbre pour le café délicieux qui porte son noni. Après avoir fait de l'eau et des provisions dans cet endroit , là division mit de nouveau à la voile le 22 , et ayant pasSé devant les îfes de Gebel-Zeghir , de Sabagars.et cellcde Gebel-Toz, qui est élevée , rocailleuse, et qu’on dit avoir été jadis un volcan , elle atteignit Jedda le 28. Cette rade est étroite, peu sûre et remplie de bas-fonds et de bancs de corail. Son entrée ofFre d’assez grands dangers pour terrifier le marin le plus intrépide , car il faut traverser successivement deux passages ouverts entre des rochers escarpés, et ces passages ont tout au plus la largeur d’un vaisseau de ligne. Au milieu du premier se trouve un rocher caché sous l’eau , sur lequel la frégate la Forte, un des plus beaux bâtimens de notre marine , donna et se perdit. Les bancs nombreux qui se trouvent dans cè mouillage

détruisent la force de la mer , et une fois entrés ,

les bâtimens se trouvent en eau calme , quelque temps qu’il fasse.

EN'KGTPTE.

En 1 5 1 4 , infrdes sultans d’Egypte entoura cette ville i&e murailles, pour la défendre des entreprise^ des Portugais, qui'étaieht alors* lout-puissans dans la nier Rouge. Une parti© de ces murailles/subsistent encore , mais dans un état complet de ruines. Plusieurs maisons sont Construites en pierres de taille , et sont supérieures aux habitations qu’on rencontre généralement' en Egypte. Le pays qui ‘environné Jedd§ est nu et stérile ; l’eau, de bonne qualité, y est très-rare, et il est très-difficile de s’eu procurer. •

De Jedda , les troupes anglaises s’avancèrent jusqu’à Gosseir, où elles arrivèrent le 17 mai , et où elles futent débarquées le 2 1 du même mois. . *

Cosseir n’était pa* l’endroit fixé d’abord pour le débarquement de l’armée des Indes \ elle devait, être conduite jusqu’à Suez, afin d’éviter, autant que possible , le trajet du désert ; mais on jugea que»cette mesure était impraticable dansjta saison où l’on se trouvait, car le mousson régnait déjà , et ce ne fut qu’avec la plus grande difficulté et en courant les plus grands dangers, qu’on parvint à atteindre Cosseir. > .■ ■

I*e reste de la flotte arriva successivement dans ce port. Une partie du 86* , venant de la côte de Malabar; deux bataillons dé Cipayes de

Bombay , des détachemens d’arlilleurs et d’ingénieurs du Bengale, le 6i* régiment, un détachement du 8* de dragons ltgers et de l’artillerie à cheval du Cap » y débarquèrent.

La rade de Cosseir , bien qu’insignifiante et souvent très-dangereuse , est néanmoins préférée à toutes celles de la mer Rouge. Elle est située à 26° 20 1 de latitude; elle est très-peu profonde et ne peut contenir un grand nombre de bâtimens. Elle est presque entièrement ouverte à l’est et au midi; mais du côté du nord, elle est garantie par un banc de rochers qui 6’avancc à environ un mille dans la mer. La ville était autrefois d’une grande importance ; mais elle est maintenant très-misérable. Elle est • défendue par un fort- c^rré , bâti sur une éminence; ce fort a été répaié et fortifié par les Français. Le pays environnant est aride et stérile. On n’aperçoit sur la côte , ou sur les montagnes , ni herbes , ni verdure , ni un seul arbre qui puisse soulager un instant la*vue , fatiguée par la réverbération du soleil sur un sable brûlant. L’eau qu’on y trouve est extrêmement mauvaise, et tellement nuisible pour un grand nombre de personnes, qu’il fut nécessaire d’en fournir aux soldats , sur l’approvisionnement de la flotte, la quantité nécessaire pour les , conduire jusqu’à la première fontaine.

EN É G Y f T Eî

De Cosscir , l’armée des Indes se mit , le 21 juin , en marche , pour traverser le grand désert. Yu la disette d’eaiï et l’extrçme difficulté d’en transporter , on fut obligé de diviseï* l’armée err petits détachemens , qui se dirigeaient sur tous les points où l’on pouvait espérer de trouver des fontaines , et on creusa des puits pour les besoins de l’arrière-garde,. •

Dans cette marche pénible et accablante , au milieu de sables mouvans et d’un désert aride , qui avait plus de cent vingt milles d’étendue, on peut juger des souffrances que durent éprouver nos soldats , exténués de fatigue, accablés par une chaleur extrême , n’ayant souvent pas une seule goutte d’eau pour calmer la soif qui les dévorait.

Lt$ différentes divisions de l’armée firent halte aux nouveaux puits (i), deMohillah,d’El-Kittah et de Birambar. On trouve dans tous ces endroits de l’eau plus ôu moins potable. A Mohillah , l’eaü est excellente et se trouve à peu de profondeur de la surface du sol. A El-Kittah, l’armée vit la première maison qu’elle eût ren-

(i) Près des nouveaux puits on trouva les cadavres de sir de nos marins, qui n’avaient pas été dépouillés de leurs uniformes. Il fut impossible de découvrir la véritable causé de cet événement extraordinaire.

contrée depuis son départ de Cosseir , et y trouva , en outre, un bazar ou marché , situé près d’un camp d’Arabes bédouins ; il était bien approvisionné d’eau de bonne qualité, de Iruits , d’œufs , de volailles, etc. qu’on vendait à très-bon compte. Les divisions firent généralement ce trajet en douzè ou quinze jours , et la plus grande partie de l’armée des Indes se trouva rassemblée à kenneh , dans les premiers jours* de juillet. Dans cette marche, le 8* régiment de dragons légers perdit quinze chevaux , qui moururent de soif et de chaleur. L’ophlhalmic n’exerça pas de très-grands ravages dans l’armée, pendant le trajet du désert. L’artillerie était traînée par des bœufs amenés des Indes ; ils étaient très-petits , mais excessivement v/goureux.

Kenneh, par sa position à l’entrée du désert, et sur une rive fertile diuINil, est une ville assez importante. Elle était cependant bien plus considérable autrefois , à cause des communications continuelles qu’elle avait avec la nier Rouge.

Elle est mal bâtie , comme le sont toutes les villes arabes; elle avait un fort bastionné , élévé par lés Français , mais qui a depuis été ruiné par les Arabes, qui en ont fait servir les maté* riaux à la construction de leurs demeures par-

ticulières ( i). Ce fort a été , en outre , considérablement endommagé par les débordemens du Nil , dont il se trouve à trop peu de distance. Kenneh est entourée de jardins , que fertilisent des canaux communiquant avec le Nil.

Le major-général Baird arriva dans celte ville le 1 3 juillet. ' . .

A peu de distance de Kçnneh , se trouvent les belles ruines deTent^ra ou Denderah. Le temple d’Isis , qui est encore.assez bien conservé , dut être une de* plus belles productions des arts , et un des plus magnifiques monumens de l’architecture ancienne. ^

Afin dé n’être pas obligé d’interrompre le récit des événemens qui vont suivre , je vais continuer à donner l’hislorique de la marche de l’armée des Indes , jusqu’à Roèettp , où elle arriva avant la capitulation d’Alexandrie.

Le 1 o* régiment quitta Kenneh le 24 juillet, et après avoir traversé le Nil , continua sa route , en traversant les villages suivans , et un grand

(1) Les Egyptiens traitent les constructions faites che? eux, par les étrangers, comme les monumens de leurs pères. On vjoit partout , dans les villes d’Egypte, des colonies tirées des anciens édifices , soutenir des maisons modernes bâties sans élégance et sans goût ; et presque toujours les architectes arabes ont jugé c^la partie la plus large devant servir de base , il fallait retourner les colonnes , de manière que le chapiteau se trouvât en bas. . (A.j

U24 expédition^ anglaise

nombre d'autres , dont les noms seraient inutiles à donner :

24 juillet. — 1'« journée par Denderah, et fil halte

Distances.

sur la rive du Nil. . . .

i 3 milles.

26 id. — 2' id. par El-Wokf, et fit halte

à Reiasie

12 id.

27 id. — 3 ' id. par Hau et Badjura (i) ,■

et lit halte dans la ville

de Farsiunt (2)

14 id.

28 id. — 4 ” • *d. par Bagancs et Sam-

hund. . . . .* jf

12 id.

29 id. — 5 » id. par Bard’s , et fit ha’lte

à Girgeli

Total

G6 milles.

On ne peut se faire une idée de l’aspect misérable qu’oflraient les habitans des villages que traversa l’armée des Indes. Ils étaient presqu’entièrement nus , sales , couverts d’ordures, et leurs yeux éraillés étaient presqu’entièrement rongés par les essaims de mouches dont ils sont sans cesse entourés (5). En un mot, ils offrent au voyageur le spectacle d’une mi-

• (jyBadjura est une grande ville ayant une mosquée , et située K peu de distance du Nil.

(2) Farsiunt est également une ville assez grande, située à deux milles du fleuve.

( 3 ) On rencontre sans cesse des enfaa^dont les yeux sont lout-à-fait remplis de mouches. Ils y sont tellement accoutumés , qu'ils n’y portent pas méme*la main pour chasser ceî

EN ÉGYPTE. 2a 5*

sère encore plus affreuse que celle des peuples de la basse-Egypte.

La ville de Gizeh est grande , et renferme plusieurs mosquées. Les maisons en sont mal bâties et les rues très-étroites. Elle possède un vaste bazar, bien approvisionné, et paraît jouit d’un commerce assez actif , spécialement en cuirs , dont elle renferme plusieurs fabriques. C’est la capitale du Saïd ou Haute-Égypte.

Elle était autrefois la résidence du pacha qui gouvernait cette province au nom de la Porte C’était aussi la dernière place où s’étendait l’inlluence du gouvernement turc. Plus haut, les mamelucks avaient ouvertement secoué le joug du Grand-Seigneur.

Dans les premiers jours d’août , l’armée des Indes s’embarqua dans des djermes , et descendit le Nil, dont les eaux grossies dans ce moment avaient un cours très-rapide.

Elle traversa successivement les villes de Siout (1 ) , deMonfalunt , de Schck-Abadeh (2) ,

insectes incommodes. Cette habitude peut aussi être une cause d'ophthalmie. ^ j

(1) Siout est une grande ville , située à environ deux milles du fleuve ; c’est le siège d’un évêché cophte. Elle est bien ' bâtie , et peut êtte regardée comme une des plus belles villes de la Haute-Egypte. Le Nil fait , dans cet endroit , un coude considérable. ( Note de l’auteur. )

(a) Schek-Abadeh est l’ancienne Antinoë, capitale de la

de Benisoef (1), passa devant les pyramides deSackara, et dans une infinité de villages dont les deux rives du Nil sont couvertes. Elle arriva le 7 à Gizeh. Les troupes débarquèrent le lendemain et les jours suivans dans cet endroit , et campèrent dans Elle de Rodha , où elles furent passées en revue par le majorgénéral Baird.

Dans leur marche à travers le désert et le long des rives du Nil , ces troupes furent accueillies avec les plus grandes marques d’amitié par les Arabes , qui leur offrirent tout ce qui était en leur pouvoir. Sans ces secours il leur eût été impossible de parvenir jusqu’au Caire. D’après les ordres d’Osman-bey-Tambourgi,les soldats de cette armée reçurent régulièrement et sans frais , des provisions de toutes espèces ;

Basse-Tliébaide. Elle fut liôtie par l'empereur Adrien , et conserve encore quelques traces de son antique beauté. Sur la rive opposée du Nil se trouvent les ruines d’Hermopolis , qui fut autrefois une des principales et des plus florissantes cités de la Thébaïde. Près de ces ruines s'élève aujourd'hui Ashemuneim , ville assez importante. ( Note de l'auteur. ) (1) Benisoef est située à environ quarante lieues du Caire ; les nombreuses mosquées qu’elle renferme lui donnent , à quelque distance, un aspect très-pittoresque. Les Français y avaient construit un fort , que les mains dévastatrices des Arabes ont déjà presque entièrement renversé. ( A oie de l’auteur . )

mais cet avantage leur fut ensuite retiré par le grand-visir.

L’armée demeura au Caire, à Gizeh et dans l’ile de Rodha, jusqu’au 28 août, pour attendre les ordres du général Hutchinson. Le 28 , elle s’embarqua de nouveau , et , secondée par la rapidité du courant , elle atteignit Rosette le 3i. Elle campa dans cet endroit, à moins d’un mille de la ville , près la tour d’ Aboumandour.

Le colonel Ramsay, laissé comme commandant à Gizeh , avec quelques troupes , occupa le fort Ibrahim au Caire, l’île de Rodha et la ville de Gizeh. Le lieutenant-colonel Lloyd , avec le 86' régiment et un bataillon de cipayes, fut envoyé pour former la garnison de Damiette , et on laissa un dépôt è Kenneh , pour faciliter les communications avec la Mer- Rouge.

Le 1" septembre, le major-général Baird , accompagné du colonel Anchmaty-, son adjudant-général , présenta au général Hutchinson les états de situation de l’armée qu’il commandait.

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