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quels elle était exposée. Le 1 8 , à environ deux heures et demie du matin, nos postes' avancés furent attaqués à la droite et à la gauche; mais l’ennemi n étant pas en force fut contraint de se retirer.
Le 19, à la pointe du jour, le major-général Coote établit une batterie de deux pièces de 12, et de deux obusiers de 8 p° : trois canonnières françaises étaient placées entre l’île et là terre ferme; mais notre *feü produisit un tel effet, que deux de ces canonnières furent coulées bas avant sept heures , et la troisième fut contrainte de se retirer à Alexandrie, totalement désemparée. Une djerme qui sortit de la ville dans la soirée et vint mouiller près de l’île fut aussi coulée à fond. * ,
Ce même jour, nous découvrîmes entre le fort et notre position deux citernes d’eau d’excellente qualité : elles avaient été bouchées.
Le 20 septembre nous cessâmes de tirer. Le major-général Coote voulut attendre qu’une batterie de deux pièces de 24 fût élevée , afin de produire plus d’effet sur le fort. Le premier bataillon du 44" régiment, commandé par le •
lieutenant-colonel Darby, fut chargé de soute- ' nir les opérations du siège , et une coinpagnie d’infanterie légère fut embusquée si avantageu-
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sement à l'extrémité de la langue de terre , près du fort de Marabout , qu’un soldat de la garnison ne pouvait' montrer sa tète au-dessus des parapets , sans être frappée par une balle tirée à portée de pistolets. De cette manière , les Français ne purent se servir de leur artillerie pour combattre nos batteries, car dès qu’un canonnier paraissait à son poste, il était aussitôt atteint d’un coup de fusil.
Les Turcs , commandés parlccapitan-pacha, se réunirent au général Hutchinson et campèrent, le 20 , près du dépôt. Environ deux cents d’entre eux se réunirent à nos soldats postés sur la colline verte , et deux cents autres vinrent renforcer les postes avancés de notre droite.
Après un travail pénible on parvint à amener deux pièces de 24 devant le fort dç Marabout; quatre bataillons avaient été employés à les transporter à travers l’inondation , les rochers escarpés et les précipices. Le 2 1 , à la pointe du jour , la batterie étant terminée , et les pièces montées sur leurs affûts , on commença à faire contre le fprt un feu soutenu et bien dirigé. A onze heures et demie la tour des signaux s’écroula avec un fracas épouvantable , ensevelissant sous ses ruines une pièce de 24 , les provisions , les munitions , et plusieurs soldats. •
EN ÉGYPTE. a' f i
Cependant les ennemis hissant de nouveau leur drapeau , et ne manifestant aucune intention de capituler, nous continuâmes notre feu pendant toute la journée : les assiégés ne purent riposter que par quelques boulets , et une de leurs pièces fut démontée. Nos batteries étaient tellement rapprochées des remparts , que tous nos coups portaient , et la garnison , sans casemates et sans aücun abri , fut obligée de se réfugier à l’autre extrémité de l’île.
A cinq heures du soir le fort n’étant plus qu’un monceau de ruines , et l’ennemi ne paraissant nullcnient disposé à se rendre , le général Coote se détermina à faire donner l’assaut • pendant la nuit. Cependant , avant de se porter à cette extrémité , il m’envoya avec le lieutenant-colonel Darby , du 44° régiment , pour signifier au commandant de se rendre prisonnier de guerre , en l’avertissant en même temps des conséquences qu’entraînerait une résistance inutile ( 1 ). , •
Après quelques difficultés on arrêta et on signa les articles de la capitulation. La garnison consistait en cent quatre-vingt-quinze hommes,
(1) V oyez la sommation du général Cooie, à l’Appendice,
n* XYII.
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et elle en avait perdu vingt ou trente pendant le siège. Le commandant était un chef de bataillon de la 88* demi-brigade , il paraissait désespéré detre obligé de se rendre; cependant il ne pouvait être mécontent ni de sa propre çonduite, ni de celle de ses soldats, car il avait résisté aussi long-temps qu’il était possible de le faire. A onze heures du soir deux compagnies du 54 e se mirent en possession du fort.
Le capitaine Cochrane , de la marine royale , ayant pénétré , le a i au soir, dans la rade occidentale , ou la vieille rade d’Alexandrie , avep sept sloops de guerre anglais et turcs , malgré la précaution que lés Français avaient prise de détruire toutes les bouées et tous les autres signes destinés à indiquer les écueils et les pas- • sages daujfereux , le major- général Coote se -détermina à se porter en avant et à attaquer l’ennemi pour se rapprocher des ouvrages v d’Alexandrie autant que pourrait le permettre la prudence et la sûreté de son armée. En conséquence , le 22 septembre , à la pointe du jour, toutes les troupes prirent les armes et furent renforcées par cent cinquante riflemen (î)
(i) Tirailleurs armés de carabines rayées.