‹ Journal de l'expédition anglaise en Égypte, dans l'année mil huit cent Alfred ThieryChapitre 19 sur 45 · XX · texte numérisé non relu

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A ntiquités. — Fortifications et État d’Alexandrie.

Alexandrie, jadis la capitale du monde commerçant , n’est plus maintenant qu’un triste monceau de ruines. Sa population est évaluée à sept ou huit mille âmes ; mais cette évaluation a été faite avant le dernier siège , pendant lequel la famine et les maladies épidémiques ont encore diminué de beaucoup le nombre des habitans.

La partie qu’on désigne sous le nom de nouvelle ville, n’est, à proprement parler, qu’un village turc. Les seules maisons décentes qui s’y trouvent sont celles des consuls européens.

nombre , où leurs vaisseaux leur fournissaient abondamment des provisions et des munitions de guerre , où les maîtres du pays étaient pour eux ; tandis que nos troupes , enfermées dans des places mal fortifiées, sans communication avec la France , sans espoir de recevoir des renforts , ne pouvaient se llatter de conserver leur conquête , et ne combattaient que pour retarder une capitulation que KJéber avait’déjà acceptée àEUAri&h, et qui, dès les premiers momens de l'attaque , avait dû leur paraître inévitable.

( Voyez ce que l’auteur lui- même dit de la position où l’on trouva la garnison d’Alexandrie. ) (A.)

2ÔO EXPÉDITION ANGLAISE

Tout l’espace qui existe entre la nouvelle ville et les vieilles murailles des Sarrasins n’offre qu’un amas de ruines de toute espèce. A chaque pas , des restes de colonnes magnifiques du plus beau marbre et de granit s’offrent entassées avec les débris des misérables cabanes des Arabes , et l’on ne peut se défendre d’un sentiment pénible en faisant involontairement la comparaison de l’ancienne splendeur de cette capitale , avec l'état de misère où elle est tombée. Les superbes citernes qui l’embellissaient sont toutes encombrées, à l’exception de celles que les troupes françaises ont réparées pour en faire usage. Les tours des Sarrasins sont entourées par un mur bas et mal bâti , connu sous le nom d’enceinte des Arabes.

Au midi de la ville , et presque à hauteur du phare , se trouve le superbe monument d’antiquité, appelé la Colonne de Pompée. Rien ne surpasse la beauté de ce morceau d’architecture antique. Il est encore parfaitement bien conservé , excepté vers le nord-ouest. On présume que les dégradations que cette partie a éprouvées , ont été causées par la violence des vents , qui soufflent de ce côté , pendant uns grande partie de l’année.

On aperçoit encore très-distinctement les

S'il

restes d’une inscription grecque, située sur la face occidentale du piédestal (v).

Les Français ont réparé ce piédestal , qui * avait été en partie détruit par la brutale rapa- .* cité de plusieurs Arabes qui , s’imaginant qu’il devait renfermer quelques trésors , tentèrent , mais heureusement en vain , de renverser cette belle colonne. Les Français , quelque tempÿ après leur arrivée , avaient placé sur son

(i) Cette colonne magnifique est située sur une hauteur à g un quart de mille, au midi, des anciennes murailles d'Alexandrie. Elle est construite en très-beau granit rouge , et composée seulement de trois morceaux , savoir : le cbapiteau , le fût et le piédestal ; elle est d'ordre Corinthien. On n’a que de faibles conjectures sur l’époque de la construction de ce monument. Quelques auteurs l’attribuent à César, d’autres h Alexandre-Sévère ou à Adrien. 11 est difficile d’émettre une opinion à cet égard. On trouve que le piédestal manque d’élévation ; la colonne penche un peu vers le sud-ouest : le piédestal a dix pieds de hauteur , la base cinq pieds six pouces , le fût soixante-trois pieds un pouce , le chapiteau neuf pieds dix pouces , la colonne a huit pieds quatre pouces de diamètre au pied. Ces dimensions sont en mesures françaises , et ont été prises par les savans qui suivirent en Egypte l'expédition de Bonaparte. Bien que plusieurs voyageurs aient assuré qu’on ne pouvait plus lire l’inscription placée sur le piédestal , cependant le capitaine Dundas, du corps d’état-major , et le lieutenant Desade , du régiment allemand de la reine , sont parvenus à la déchiffrer. Ces offi-* ciers se rendirent tous les jours , pendant six semaines , près de la colonne , à l’instant où le soleil frappait la face occidentale du piédestal, de manière à faire ressortir les lettres

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