‹ Journal de l'expédition anglaise en Égypte, dans l'année mil huit cent Alfred ThieryChapitre 22 sur 45 · X.Y EGYPTE · texte numérisé non relu

X.Y EGYPTE

S- xxli.. .. .

Le Caire.

A trois heures du matin, nous arrivâmes à Giseh , place vis^à-vis le Caire ; nous allâmes rendre visfte au commandant anglais , le co- ^lonel Ramsay, et il fut arrêté que pendant notre séjour dan? «et- endroit nous habiterions sa maison , qui avait été jadis celle de

• Motirad-Bey.

C’çst à Giséh que les Français avaient établi leur principale fonderie. Quand nous prîmes possession de la ville , nous la trouvâmes remplie de bouches à feu turques (1) de toutes les fermes et de toutes les grandeurs; ces pièces

-devaient être fondues et converties en boulets,

bombes et obus dont'les Français avaient un

grand besoin. 'Les fortifications de Giseh sont trèsdaibTes , et se réduisent â une muraille peu élevée construite par MOurad ; Bey, et â quelques redoutes bâties par les Français ét disposées à une certaine distance les unes des 1 , » autres , à environ soixante - mètres de la mu-

(1) Ces bouches à feu furent ensuite rendues au gouverne-' ment turc , auquel on en fit amplement payer h valeur.

. ( Note de l’auteur.)

27 ^ ixrÉj>iTio*' aüclaise.

raille. Giseh est une ville grande , peuplée et assez jolie. Elle possède un vaste bazar, qui est toujours bien approvisionné. Les habitans sont en grande partie des chrétiens.

, Apres nous être niuuis.de chevaux, nous partîmes de Giseh à dix héures > du matin , et nous nous présentâmes au .Caire*, ehez le «colonel du génie Holloway. Cet officier avait été longtemps dans l’armée du grand - visir, çt ’ avait, en 1798, accompagné le général Kœhler à Constantinoplé. 11 était un des grands favoris du visir, qui avait la plus grande copfiance en lui.

Le général Coote ayant envoyé ses lettres de recommandation au grand-visir,. en lui faisant connaître Son arrivée au Caire , en' reçut pour

réponse un message très-poli ,• qui lui annonçait, que nous serions .reçus le même jour à trois heures. • ,

En conséquence , nous nous rendîmes chez le grand-visir à l’keure désignée, et après les . • cérémonies ordinaires du café, de la pipe et du sôrbet , on nous accorda les plu$ distingués de tous les honneurs , l’encens et l’ablution , des mains à l’eau de roSf; Le visir ne cessa , pendant toute la durée de notre visite , de nous ' donner des marques de sa cônsidérafion et de son amitié. .11 nous réitéra plusieurs fois l’ex-

EN E(7TPTK.

.pression de sa satisfaction sur la conflijite de nos troupes, et de la reconnaissance dont J lui et son gouvernement étaient redevables envers

nous.

" Après avoir pri^ congé dd visir, nous parcourûmes une grande partie du Caire. C’est une très-grande .ville.*, dont les maisons sont extrêmement élevées , mais mal bâties , et les rues tortuéuses .et tellement étroites , qu’il est difficile- à deux cavaliers d’y marcher de front. On ne leur donne ainsi que .très-peu de lar-> geur, afin de garantir les habitons dey ardeurs du soleil , qui , en effet , ne peut y pénétrer 'qu’au milieu de sa course. Mais cet avantage est compensé par dé b ién graves inconyéniens, ‘surtout lorsque la peste règne dans la ville.

On estime à trois cent mille âmes la popular tion du €aire ; mais le peu de largeur des rues , y rend la foule si grande , que la ville semble f 1 en apparence , . plus peuplée qu’elle ne l’est réellement. • - ’ v '

Les boutiques qui bordent les tues sont très - misérables , et l’on y voit presque toujours le marchand indolent, accroupi sur son comptoir et fumant sa pipe. Lés mosquées * sont belles et en très-grand -nombre. La plaée d’Esbekier est la plus vaste et la plus belle de la ville. Les beys et les habitans les plus riches

aiSQ i ExriÎDnJioK AxcfcAj’sB y démettraient autrefois ( i).' Pendant i'rnondation du Ml cette place est couverte d’eaii, ek les grands s’y promènent alors dans leurs barges. • * « *v ï*

L’intérieur des maisons des beys et des ;iu~* très grands est magnifique. Les murs sont ornés de peintures, à la .vérité, grossièrement exécutées , et couverts de passages tirés du ivoran. Les principaux appartenons sont pavés en marbre , et ont généralement au centre une fontaine, dont l’eau s’élance en plusieurs jets et retombe dans un bassin. Ces jets d’eau rendent les habitations très-agréables, et y répandent une grande fraîcheur. Les beys s’étendent ’ sur des coussins autour des fontaines, et fument leurs pipes. Autour des appartement sont des galeries fermées par des pçrsleync»

très^serrées ; ces galeries communiquent avec le harem , et les femmes, cachées derrière les personnes, peuvent, sans être aperçues, voir

(i) Les Français ont ajouté tin grand embellissement à

cette place, en la plantant d’arbres. Ils avaient c'galemenè

placé des. arbres le long des routes qui conduisent de Boulac

au Caire , et du fort Ibrahim à la ville; mais lorsque je visitai

Je Caire , deux mois après le départ des Français , plus des

trois 'qiWts de ces arbres avaient été renversés ou détruits,

tant est grande , en général , l’aversion de ce peuple pour tout

ce qui vient de la main des Chrétiens.

v * ( Xote de l'auttuf. )

* • tS I C TfrP T E. .• 28 1

et entendre tout ce' qui se passe dans la salle.

La plupart de ces Habitations sont maintenant en ruines fleurs maîtres ayant été fore, es flefuir, elles ontété longtemps inhabitées et né-* gligées. Je vis , sur la place Ësbekier, la maison ' qu’habita Bonaparte, et l’endroit où Kléber • fut assassiné.

- Du Caire nous marchâmes sur Boqlac , à environ un mille vers le nord. Cette ville •n’offre plus aujourd’hui qu’un monceau de ruines ;-elle fût complètement détruite par les Français aussi hien que par les Turcs , après la bataille d’Héïio'polis. Boulac sert de port au Caire; c’est 14 que tous les- Bâti mens , excepté ceux qui viennent de là Haute-Egypte ou qui s'y. rendent , s’arrêtent et se débarrassent de leurs cargaisons. Nous retournâmes à Giseh , à fenviron cinq heures du soir. La route qui conduit duCaire à Giseh, passe sur un pont * .de bateaux en trè&-mauvaig état. Ce pont s’é- • tend depuis le fort Ibrahim-Bey jusqu’à l’îje dé n Rhoda. Après avoir .traversé cette île dans presque toute 6a longueur, on passe sur un

second pont de bateaux également en mauvais

état , et qui unit l’ile à la ville de Giseh.

L’Iie de Rhoda (mot qui signifie jàrdin ) ,

. est très-fertile ^ elle* est couverte d’arbres ma- ,

«8 je • •, F.XP ÉDITION ,ANGL A Mï

gnifiques y do champs de ri* * et de blé d’ïndç. f Sdh niveau est très-bas, et elle est insalubre, surtout à l’époque de l’inondation , où elle est presque otitièrement .couverte d’eau. Le Mokkias ou le Nilomèfre est situé à la partie méridionale de l’île : nous nous en approchâmes, v ot nous vîmes sur la colonne, que le i\ il était à' la hauteur de soixante-dix coudées., et qu’il s’élevait encore. Cette. circonstance offrait aux habitons l’espérapce d!une récolte très-abon- . dante. Le Mokkias a été dernièrement réparé par les ordres du général Menou (i).

Le 1 o septembre, à six heures du matin , • nous montâmes à cheval pour rejoindre le .

grand-visir ; mais un des .pontons ayant coulé

à fond , il rie fut plus possible de traverser le

v (i) Sur l’entrée du Mokkias se trouve l'inscription suivante , en français , avec une traduction en langue arabe et

• persanne placée au-dessouS :

L’an IX de la république ïranctuse , et iï!i5 de l’hégire, trente moisaprès l’Egypte conquise par’Bonaparte , Menou , général en, chef, a réparé le Mokkias. Le Mil répondait, dans ses basses eaux , à trois coudées deux doigts de la co- ' louuc, le dixième jour après le solstice de l'en VIII.

Il a commencé à croître , au Çnire , le sèizième jour après ‘ le même solstice ; il était élevé de deux coudée» trois doigts au-dessus dn fût de la colonne , Iq cent septième jour après le solstice : il a commencé à décroître cent quinze joiirs v après lé solstice. , . ( Note tU Fauteur. )

pont (i). ÏN^us fûmes obligés de traverser le ÏSil dans notre bateau * en y faisaiÿ entrér nos chevaux , et nous débarquâmes à pjpu de distante vers le nord du fort d’ibrahigi. > s Là , dans une vaste plaine , nous trouvâmes le visir, au milieu d’un assemblage de près do • cent mille hommes -, tant cavalerie qu’infanterie , domestiques , etc. , mêlés ensemble sans * aucun ordre. t •

Le visir nous donna alors des preuves de son habileté, dans l’exercicç du cheval et 'dans le .jeu tfu gyritt, qu’il lançait réellement avec une adresse surprenante! Bién qu’âgé *de soixantecinq ans , il avait conservç.ençore assez, de vigueur , poqr faire redouter la force de son bras ‘ à tous . ceux qui se trouvaient sur son passage. v •; v

1 oute la plaine était couverte de cavaliers qui s’attaquaient les uns les autres. Après ces. exer-, Cices , notJs vîmes les mamelucks , conduits pa»r

(0 Le 7 octobre 1801 r lejfil étant parvenu à sa pJas grande hauteur j le courant, deviut trèat-rajiide et enleva 'le pènt de bateau entre Gisch et l'ile Rodha. l*e pont Fut entraîné à une 1 grande distance au-delà de Boulac. Uh soldat cipaye qui f était en faction, fut emporté avefc une partié du pont. On parvint à rattraper les bateaux; mais le, pont ne fut pas ré-.' tabli , le gouvernement tare s’étant refusé à supporter toute dépense qui y serait relatives ' ; ‘ ' «

. . . ' ( Jy.olr de'i’dntclir.- Ji

Ibrohim-bey , exécuter sur leurs chevaux leurs rapides évitions. 'V.

Pendant tout le temps que dura cette étrange revue , deyx ou trois sifflets déchirans , avec autant de mauvais tambours crevés , faisaient le plus de bruit qu’ils pouvaient ; et chaque fois que le visir lançait un gyritt , l’air retentissait . d’applaudisscmens , soit que le coup fût bien ou mal ajusté.

Je n’imagine pas qu’on ait jamais vu une pareille réunion d’hommes et de chevaux # une semblable confusion de sons et de langages différons, une telle diversité de formes et de couleurs d’babillemcns. Ce spectacle rappelait à

mon imagination celui que devaient offrir nos

anciens tournois , où cependant il ne réguail pas sajis doute une aussi grande confusion..

Pendant tout le temps que dura cette «cène ,

uous étions enveloppés de nuages de poussière,

*• •••• * qui rendaient notre situation insupportable.

Vers dix heures , lps exercices cessèrent , et nous suivîmes- le visir dans 'une tente magnifique, située dans uneposition charmante , sur ^es; bords du fleuve , et. à peu de distance .de la plaine. Là, nous nous réposâmes Sur des coussin^ magnifiquement brodés t, et on frassa à la ronde des pipes, du café et des sucreries. • , • • • . v

. . • Après avoir pris congé du vis|r , nous visitâmes ie château ou la citadelle du Caire; nous • la trouvâmes aussi délabrée que si èUe eut souffert un bombardement de six semaines. « On n’apercevait plus que quelques restes de 1* ville , assez considérable quelle renfermait .

. jadis dans son enceinte. Elle mérite thainténant plutôt le nom de ruine, que celui de citadélle.

Ce fort est situé sur une chaîne de montagnes , nommée Mcrkattam ; il commande Ja ville , mais il est lui-même commandé , à quel- * que distance , par le sommet du Môkattâjn.

Cependant cette montagne est si rocailleuse et si escarpée, qu’il est douteux qu’on pût jamais parvenir à y monter du canon de gros calibre pour battre le fort. Un inconvénient plus réel , c’est qu’il n’existe point fléau dans les environ»; Du haut des remparts on jouit de la vue de.

Giseb , du Caire et des pyramides. ..

On voit encore dans la citadelle les restés * de l’ancien palais .du fameux sultan Saladin. Ces restes consistent en trente ou- quarante shperbes et hautes colonnes de granit ; mais l’objet le plus curieujc qui s’.y tVouve , et qui mérite * réellement d’être vu , est le puits de Joseph , ainsi nommé , parce qu’il fut creusé par les ordres de Joseph ,, captif du sultan Mohammed.

11 est laHJé daus un rocher d’une pierre tendre;

uSfi EXPÉDITION ANOLAISE

il a près .de trois cents pieds de profondeur, et quarante de circonférence. Une yaste galerie, qui tourne autour du puits , conduit jusqu a la première ouverture, car il en a deux entièrement distinctes. On tire d’abord l'eau* du

fond du premier puits , et ou la verse dans un

réservoir qui se trouve à cent quarante-six . pieds de profondeur , et de là on l’élève jusqu a terre ; ce qui.olfre l’avantage de simplifier beaucoup le mécanisme nécessaire. On a pratiqué,

. le long de la galerie , des jours qui laissent voir l’intériedr dn puits. La méthode employée pour tirer l’eau est très-simple , elle consiste

eu uue double chaîne , garnie de vases» de terre,

distans d’environ dix-huit pouces les uns des autres ; cette chaîne est mise en mouvement au moyen d’une roue que deux buffles font tourner ; arrivés au Sommet , les vases de terre se vident d’eux-mêmes dans un réservoir. Cette ' longue suite de vases , dont les uns montent . remplis d’eau , tandis que les autres descendent villes , offre un spectacle très-curieux.

En descendant de la citadelle , notre guide nous fit traverser presque toute la ville ruinée , et nous conduisit à une mosquée , dédiée à * Fatime , fille du prophète Mahomet , et qui renferme sa tombe , que l’on montre ayec le plus grand respect aux .étrangers.

A quatre heures, nous retournâmes près du grand- visir, où nous essuyâmes encore la céré- . monie des pipes, du café et des sorbets. A cinfj' » heures , nous nous assîmes sur des coussins' pour faire .un repas somptueux* . Lé dîper ,* ‘

contre l’usage, de? Turcs , était servi sur une table qu’on avait fait faire exprès pour. ùbus , et qui , âu lieu de nappe était couverte des étoffes les plus riches. On nôus donna aussi . des assiettes; mais comme il n’y 1 avait ni, four- , • chette#, ni coutçaut , nous fûmes, obligés, de * manger avec nos doigts: • *

Le service consistait en dix-huit. plats de diverses sortes i je goûtai de plusieurs, qui ne' me parurent pas d’un goût bien agréable. Nous nous levâmes ensuite et reprîmes de nouveau los pipes et le café. Pendant le repaë on ne nous servit pour boisson que de l’eau et des sorbets. • ■> v - ■

Pendant tout le temps que dura le dîner ,

•on fit de la musique, qui ü’était certainément pas de l’espèce la plus mélodieuse. Un des pria- t . .cipaux instrument des Turcs se nomme Se-* meuge:, c'est upe espèce de mauvais • violon. .

Cet instrument est toujours accompagné d’un tambour qui sert à marquer la mesure. *

Après le repas , nous suivîmes le 'visir. dans • - ’ un charmant pavillon , situé sur les bords du

EXPÉDITION AXGL-AISE

Nil , dont les eaux s’élevaient presque jusqu’au niveau des fenêtres. Deux ou trois bateaux , remplis de musiciens , voguaient autour de nous , et ou tira quelques pièces d’artifice qui étaient assez, bien exécutées. Nous prîmes congé '

de Sa Hautesse à neuf heures, très-coutens

des plaisirs de la journée f et accablés de l’extrême poîitesse et des continuelles attentions que le visir n’avait cessé d’avoir pour nous.

Nous retournâmes à Giseh par le canal, qui traverse le Caire, et qui était alors plein tl’eau.

. • r ; §. xxiiïl

‘ Les Pyramides - . .

Le i i septembre , après nous être procuré

• dès bateaux et nous être piunis de tous les

* * • autres objets nécessaires à 1 excursion que nous

comptions faire , nous quittâmes- Giseh aussitôt après le déjeuner , pour aller, visiter les py-' ramides. 1 Nüuslîroes route sur un canal rempli par l’inondation du Nil , et la beauté du temps rendit ce trajet très-agréable. Nous quittâmes nos bateaux après avoir fait environ douze milles , en deux heures-.- ■ v

Le pays autour de nous étart'presqiie entiè- «

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rement couvert d’eau , et de l’endroit où nous débarquâmes , il nous restait environ un mille v à faire , sur un terrain sablonneux , pour nous rendre à la grande pyramide! En approchant de ces monumens d’antiquité, les plus étonnans et les plus anciens du monde, nous fûmes surpris de ne pas voir leur volume augmenter à nos yeux ; et ce qui nous parut encore plus , «ingulier, ce fut qu’à la distance de deux cents mètres , les pierres dont ils sont construits ne nous paraissaient pas plus grosses que des briques ordinaires. Mais lorsque nous fûmes au pied de la première pyramide, qui est la plus grande de toutes , nous fûmes frappés d’étonnement , en songeant au travail immense et aux . sommes énormes qu’avait dû coûter la construction de ces édifices. Les pierres qui à , quelque distance nous semblaient si petites , étaient alors transformées en masse de quatre pieds carrés à la base , et de deux pieds de hauteur. J’ignore s’il faut attribuer cette illusion au genre de construction de ces monumens , dont toutes les assises , depuis la base jusqu’au sommet, sont placées en retraite les unes sur les autres , ou si elle est due à tout autre effet d’optique (1).

(1) On éprouve le même effet à Saint-Pierre de Rome. Non

3ÇJO EXPÉDITION ANGLAISE

Plusieurs énormes débris , formés de pierres de la même dimension et taillées de la même manière que celles des pyramides , sont épars autour de ces monumens : mais ces pierres .sont plus tendres et paraissent d’une autre nature. " . ‘ V

Ces immenses édifices , bâtis avec toutes les proportions nécessaires pour en assurer la solidité , ne sont certainement pas des morceaux remarquables sous le rapport de l’élégance ; mais ils prouvent une grande connaissance des lois de l’arChitectüre , dans le peuple qui les. a* construits. Ni les efforts des ouragans et des tempêtes , jni ceux des siècles , ni la main dé* vastàtrice de l’homme n’ont pu les renverser jusqu’à présent; et même de nos jours, après une si longue durée, les travaux et les dépenses que coûterait leur démolition seraient, incalculables. •

Des pyramides , nous nous avançâmes vers la. statue colossale du Sphinx# La figure eu a été mutilée , et ne conserve plus de sa première forme que ce qui est nécessaire pour

loin du tombsaù sont deux anges , qui, lorsque l’on entre, semblent être de grandeur naturelle ; lorsqu’on s’est tout-à- Jait approché, on les trouve d’une taille gigantesque , et l’on ne peut, avec» les deux mains, embrasser le pouce de leur pied. • • . . * * (A.)

£N EGYPTE. 2g,

faire reconnaître ce quelle était autrefois. Les Français , en débarrassant le sable qui entoure ses fondations, ont donné les moyens de s’as^ surer que jamais cette tête ne fût unie à uu corps 4pinsi qu’on le supposait autrefois.

Le <2, nous nous présentâmes de nouveau chez le grand-visir pour lui faire nos adié U x et le remercier de ses bontés envers nous. A sept heures du soir, nous montâmes dans notre bâtiment, nous fîmes nos adieux à la pou$ dreuse ville du Caire , e't , poussés par la force du courant , nous arrivâmes en quarante-deux ; heures à Rosette.

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