‹ Journal de l'expédition anglaise en Égypte, dans l'année mil huit cent Alfred ThieryChapitre 38 sur 45 · AT PE N DJ CE · texte numérisé non relu

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convention , pour l’évacuation de l’Egypte et la remise à la Porte-Ottomane;

Signé, Hussein-Pacha, capitan d’Erya.

Approuvé et ratifié la présente convention , le 9 messidor an 9 dé la république française (28 juin 1801 ).

Le général de division.

Signé Beluard.

• Le général en chef de l’armée d’Orient , aux Fran~ çais embarqués sur le brick /'Oiseau.

Si , au lieu de sortir en plein jour , vous eussiez mis à la voile pendant la nuit; si , au lieu d’arborer le pavillon anglais , ce qui , selon les lois , mériterait à votre capitaine d’être pendu , vous fussiez sortis avec . le pavillon français , ou même sans pavillon ; si , au moins , vous eussiez essuyé une bordée de coups de canon pour soutenir, l’honneur du pavillon français ; si , eh dernière analyse , au lieu de vous jeter Vousmêmes entre les mains dès ennemis, voyant que vous ne pouviez échapper , vous fussiez rentrés dans le port neuf, alors je vous aurais reçus comme on doit recevoir des Français.

J’aime, j’estime et j’honore les sciences et ceux

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qui les cultivent. J’ai des scntimens plus particuliers encore pour quelques-uns d’entre vous que je connais; mais j’aime, avant tout, l’honneur et la patrie.

J’ai donné ordre pour que vous sortiez, à l’instant, des port et rade d’Alexandrie.

Signé Abdallah- Jacques Menoü.

Il était si aisé de détruire les inculpations ridicules émises dans cette lettre , qu’à l’instant même les membres de la commission lui firent la réponse suivante :

Lescitoyens français cmbarquéssur le brick l’Oiseau, v au général en chef de Cannée d’Orient.

Citoyen Général ,

Nous exécutons f’ ordre inattendu qui nous a été signifié en même temps que le refus de nous écouter.

La mesure militaire de couler bas un bâtiment qui porte cent Français dans un port national, menace dont nous avons vu préparer l’exécution, ne nous a point laissé le choix du parti que nous avions à

Vous nous avez adressé la permission de sortir du port quand bon nous semblerait , et le résultat de votre conversation avec nos commissaires a été que , ne pouvant vous-même traiter de notre départ, vous nous laissiez le soin de veiller à notre sûreté.

Comme il nous restait quelque incertitude sur l'heure à laquelle cette permission pouvait s’appli-

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qucr , on consulta le chef des mouvemens militaires : ce dernier répondit au capitaine , qu’aux termes de vos ordres nous pourrions sortir même à midi. Nous avions prévenu , la veille , le préfet de la marine et le chef des mouvemens , que nous nous proposions d’appareiller deux heures avant le jour. On a commencé les préparatifs à minuit; la lenteur des manœuvres et la force de la mer ne nous ont permis de sortir des passes qu’au lever du soleil ; les bâtimens qui les gardent n’ont manifesté aucune opposition. Nous sommes sortis du port d’Alexandrie, avec le pavillon français , nous l’avons conservé jusqu’à notre retour et sans aucune interruption , au milieu de l’escadre ennemie; menacés par une corvette anglaise qui nous a tiré deux coups de canon à bou- \ let, le capitaine a jugé convenable de faire hisser le

pavillon anglais , et il a répondu aux questions qui lui ont été faites à ce sujet , que son but était : i° de jouir de l’avantage de garder le pavillon national ; 2* de conserver le bâtiment de la république , en cas de non succès des démarches que nous nous trouvions obligés de faire.

Tel est, citoyen général , la réponse du capitaine. Notre dessein était de présenter votre passeport aux nations ennemies , et vous le regardiez comme devant nous servir de garantie dans les dangers de la -guerre. L’amiral anglais ne l’a point considéré sous le même point de vue , et il a principalement objecté qu’il n’avait reçu à cet égard aucune lettre de vous. Nous voulions vous faire , à ce sujet , un rapport dém 23

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taillé qui contient des circonstances très - importantes; nons avons été obligés de rentrer dans le port d’Alexandrie. L’ordre qui nous est donné d’en sortir, nous expose au plus extrême péril»

L’honneur et la patrie nous sont chers aussi , citoyen général , ils nous le sont plus encore que les sciences que nous cultivons; c’est notre dévoûment, une confiance sans réserve . qui nous ont placés dans les circonstances extraordinaires et terribles où nous sommes à cette heure. Ceux d’entre nous qui échapperont ù d’aussi grands dangers n’auront besoin d’aucune justification , ils seront approuvés par la nation entière.

Salut et respect.

Signé tous les membres de la Commission.

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