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Bataille d’A lexandrie , du ai mars.
Le ai , à trois heures et demie, nos troupes étaient sous les armes, lorsque nous entendîmes un feu nourri de mousqueterie qui partait du redan le plus avancé vers notre aile gauche et près du canal. On crut d’abord que ce n’était
en Égypte.
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qu’une ruse de la part de l’ennemi , qui cherchait ainsi à fatiguer nos troupes et à éprouver leur vigilance ; car nous ignorions encore la jonction de toutes les forces des Français à Alexandrie. Cependant, comme la fusillade se prolongeait , et qu’il s’y mêlait de temps en temps des coups de canon , le brigadier-général Stuart se mit en marche avec sa brigade pour soutenir le point attaqué ; mais il s’arrêta en entendant un feu très-vif d’artillerie et de moiisqueterie qui commença tout-à-coup sur notre droite.
Dans la fausse attaque qu’il avait faite sur notre gauche, l’ennemi pénétra avec nos sentinelles avancées dans un de nos redans ; il tourna aussitôt contre nous la pièce de canon de i a qui y était en batterie , et il nous avait déjà envoyé un boulet, lorsqu’une redoute placée en arrière dirigea son feu sur ce point, que les Français abandonnèrent promptement, en emmenant avec eux trois officiers, un sergent , et une trentaine d’hommes de la cinquième brigade. Ils laissèrent un officier et quatre soldats tués dans le redan et emportèrent leurs blessés. >
Les Français s’imaginant avoir attiré notre attention vers notre gauche , s’étaient rapidement portés en avant avec toutes leurs
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forces, en chassant aisément nos ayant-postes devant eux.
Leur dessein était de tourner et de culbuter, par une attaque subite et vigoureuse , notre réserve, qui par sa position en avant était presque séparée du reste de l’armée. Ce résultat obtenu, leur première opération eût été d’enfoncer notre centre avec toutes leurs forces réunies; et pendant que la fausse attaque devait attirer notre attention vers notre aile gauche, leur cavalerie, sur laquelle ils comptaient beaucoup , devait profiter d’une occasion favorable, et, par une charge impétueuse , nous culbûter dans le lac et terminer le combat par ce coup décisif.
A cet effet, la division du général Lanusse , qui formait l’aile gauche des Français , s’avança avec intrépidité contre notre droite; la brigade du général Sylly marcha droit à la redoute; tandis qu’un autre corps, commandé par le général Valentin, se porta le long du rivage pour pénétrer entre la mer et le vieux fort ruiné.
La brigade du général Sylly s’empara d’un petit redan dans lequel il y avait un canon ; mais accablée par le feu meurtrier de la redoute , elle fut contrainte de se retirer. La brigade qui suivait le rivage de la mer , fut arrêtée par le vieux fort , que défendait les a3 e et 58 e régimens et les quatre compagnies de
EN iiGYPTE.
flanqueurs du 4 o c . La 69 e demi-brigade , s’opiniâtrant à vouloir forcer le passage entre la redoute et le vieux fort , fut prise d'enfilade par une pièce de 24 chargée à mitraille, et presque entièrement anéantie. Le reste de ce corps refusa alors de continuer l’attaque ; cependant le général Lanusse , après les plus grands efforts , parvint à en rallier les soldats et à les ramener de nouveau à la charge ; mais ce brave officier , ayant eu la cuisse emportée par un boulet de canon , le plus grand désordre se mit parmi ses troupes , qui sc dispersèrent bientôt dans tous les sens.
Le corps du général Sylly ne pouvant franchir le fossé de la redoute , tenta de la tourner ; mais il fut repoussé avec une grande perte par le 28 e régiment , qui occupait cet ouvrage.
Pendant que ces opérations se passaient à la droite de notre ligne , la division du général Rampon fit sur notre centre une attaquq qui" s’étendit vers la gauche jusqu’au 92* régiment. Les Français cherchèrent à déborder la gauche de la brigade des gardes ; mais le 3 ° régiment des gardes et le royal les accueillirent avec un feu si vif et si meurtrier , qu’ils furent forcés de se retirer après avoir essuyé une grande perte.
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La division du général Dostaing , engagé* dans le ravin , laissant la redoute à sa gauche » voulut s’emparer du vieux fort ; mais elle fuf reçue avec une telle vigueur par le 42' régiment, qu'elle se hâta de battre en retraite. Un bataillon de la 21* demi-brigade s’étant trop avEyieé , fut entouré , forcé de mettre bas les armes et de se rendre aux 4 2 ' et 58 * régimens.
Se voyant ainsi partout repoussée avec la .
même opiniâtreté , et jugeant désormais impossible de nous entamer sur aucun point de notre ligne, l’infanterie françaiso prit enfin le parti de se retirer, et se réfugia, dans toutes les directions , derrière les collines.
Dans cette occurrence , le général en chef Menou , trompé dans son attente , se détermina à tenter un coup désespéré pour nous chasser de nos positions. 11 commanda donc au général Roize d’exécuter une charge avec toute sa cavalerie , et ordonna au général Reynier de soutenir celte attaque ayec les divisions Lanusse , Rampon , Friant et la 85 * demi-brigade. Le général Roize , convaincu en même temps de l’inutilité et des dangers d’une telle entreprise * se fit répéter deux fois cet ordre funeste , et ce n’est qu’après une troisième signification , donnée de la manière la plus positive , qu’il se détermina à obéir.