COMBAT SUR LE CANAL DE MOUYS
y avait plus d’ennemis à combattre, arriva à Damanhour, passa 1 .500 hommes au (il de l’épée, et mit la ville en cendres. L’ange El-Mahdy, blessé de plusieurs coups, sentit son zèle se refroidir; il se cacha dans le fond du désert environné encore de partisans.
Cette scène bizarre était concertée et devait avoir lieu au même instant où la flotte turque, qui a débarqué l’armée détruite dans Acre, devait arriver devant Alexandrie.
[/armement de celte flotte, dont les Mameluks avaient été instruits par des dromadaires, leur fit faire un mouvement vers la Basse-Egypte : mais, battus plusieurs fois par notre cavalerie, ils se rendirent dans la Charkieh. Mohammed-Bey-el- Elfi fut attaqué sur la route de Suez; il était réuni à la tribu nombreuse des Arabes B i 1 y qui, depuis notre départ pour la Syrie avaient rompu les engagements qu’ils avaient faits avec nous. Ils furent battus et prirent la fuite.
Le général Lanusse, après avoir délivré la province deBahireb, atteignit, le 17 prairial (5juin), au viliage de Kafr-Fournig, les Moghrebius et les hommes échappés de la Bahireh ; il leur tua 150 hommes et brûla le village. Tous les rassemblements furent dissous.
268 JOURNAL DE L’EXPÉDITION d’ÉGYPÏE
Telle était la situation de l’Egypte à notre retour.
Bonaparte s’attendait cependant à un débarquement lorsque la saison allait devenir favorable pour une opération de cette espèce. En conséquence, il pressa le général Dommartin de partir pour Alexandrie, tant pour en déterminer l’armement ainsi que celui de la côte que pour activer l’arrivée à l’armée des bouches à feu nécessaires pour reformer un nouvel équipage de campagne, ainsi que celle de leurs munitions et des autres objets d’artillerie dont nous avions le plus grand besoin '.
Le général retarda son départ jusqu’au commencement du mois de messidor ; il se ressentait des fatigues que nous avions essuyées en Syrie et avait besoin de prendre quelque repos. Je ne pus partir avec lui, j’avais beaucoup souffert et j’étais incommodé. Il emmena notre camarade Cœuret et un autre officier qu’il voulait appeler à son étatmajor. Le 1er messidor (19 juin), il partit sur le Nil, voie alors très dangereuse parce que le fleuve était très bas et que les Arabes savent profiter de cette circonstance pour attaquer les barques qui souvent sont arrêtées sur le gravier. Les in-
1. La Correspondance de Napoléon (n° 4174) contient l’ordre de Bonaparte à Dommartin [20 prairial (14 juin)], lui prescrivant de partir, au plus tard, le 1°' messidor (19 juin), pour Rosette et Alexandrie.