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Le canal d'Alexandrie à Rahmanieh

RETOUR AU CAIRE

il n’y avait pas d’habitants. Nous y campâmes.

Le 19 (6 août), nous partîmes au lever du soleil. Nous fîmes halte près d’un village où nous trouvâmes du lait et des œufs, dont nous nous régalâmes; depuis longtemps nous faisions bien maigre chair. Après une heure de repos, nous nous remîmes en marche et nous arrivâmes à midi à Rahmanieh. Nous campâmes près du fort. Tous les intendants copies et plusieursgrands du Caire y étaient campés sur le bord du Nil; ils vinrent rejoindre le quartier général. Je fus dîner chez notre ami Couïn, qui était venu f§œc de l’artillerie pour rejoindre l’armée ; il s’était arrêté à Rahmanieh, voyant qu’on n’avait pas besoin de sa troupe, tout étant terminé.

Le 20 (7 août), Ronaparte arriva d’Alexandrie. 11 avait été retardé par quelques conférences qu’il eut avec des Anglais etdont l’issue avait beaucoup intrigué. Une convention avec Pat rona-Rev, commandant de la flotte turque, au sujet de l’échange de prisonniers, parut en être la cause. Le véritable motif était relatif au projet de départ pour la France qui s’exécuta peu de jours après.

On fit embarquer les prisonniers turcs pour le Caire ; le pacha partit par terre dans la voiture du général en chef.

Le 21 (8 août), nous restâmesà Rahmanieh ; on envoya des détachements pour chercher les

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djermes dans les environs, afin que l’armée pût s’embarquer sur le Nil pour se rendre au Caire.

Le 22 (9 août), je quittai notre camarade Ruty et je partis sur une djerme chargée d’artillerie. Nous nous arrêtâmes le soir pour attendrele convoi que nous avions dépassé.

Le 23 (10 août), nous arrivâmes au Caire vers le soir. Je trouvai notre ami Digeon toujours malade ; à la suite d’une ophtalmie, il avait eu une dysenterie dont il était encore très incommodé. Je fus voir le général Songis, qui remplaçait le général Dommartin dans le commandement de l’artillerie. Il m’offrit de rester avec mon frère â son état-major et me dit que son intention était de ne point nous séparer. J’acceptai ses offres, quoique je susse bien qu’il avait donné des ordres à un officier supérieur1 pour venir prendre les fonctions de chef d’état-major, dont j’avais été chargé sous le général Dommartin, avec le grade de capitaine, et que je ne m’attendais nullement à conserver sous un autre. J’en fus d’autant moins fâché que cet emploi m’avait beaucoup astreint et qu’ayant beaucoup d’ennui, j’espérais trouver plus de moyens de récréation lorsque j’aurais plus

1. Le chef de bataillon d'artillerie Tirlet, promu chef de brigade le 24 fructidor an VII (10 septembre 1799) ; il remplit les fonctions de chef d’état-major de l'artillerie jusqu’à la fin de l’expédition. Doguereau fut employé, sous les ordres de Tirlet, à l’état-major de l’artillerie.

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