‹ Journal de l'expédition d'EgypteChapitre 12 sur 171 · DÉBARQUEMENT EN ÉGYPTE · texte numérisé non relu

DÉBARQUEMENT EN ÉGYPTE

heures, le soir, la Tour des Arabes; vent du nord-ouest bon, frais.

Le 13 ( 1er juillet) , au matin, nous vîmes Alexandrie. Nous avions perdu de vue l’armée ; plusieurs bâtiments dans le même cas se joignirent à nous, nous fûmes à sa rencontre. A midi, nous aperçûmes l’escadre ; grand branle-bas de combat. Ordre de préparer l’ancre pour mouiller vis-àvis la mosquée du Marabout. Le consul français Magallon, qui vint d’Alexandrie à bord de la flotte, nous apprit que, trois jours avant notre arrivée, 14 vaisseaux anglais étaient venus devant Alexandrie et étaient allés nous chercher du côté de Smyrne1.

On ne perdit pas un moment, on mit les

1. Au moment où Bonaparte quitta Toulon, une tempête avait dispersé la croisière que Nelson tenait au sud de ce port. La sortie de notre flotte était ainsi restée ignorée des Anglais. Quand Nelson eut réparé ses avaries, il apprit, mais trop tard, cet événement. Ayant alors reçu un renfort de 10 vaisseaux, il se mit à la recherche de la tlolte française, dont il ignorait la destination. Arrivé à Naples, le 17 juin, il apprit, par l’ambassadeur britannique, Ilamilton, que Bonaparte s’était présenté devant Malte. Cinq jours plus tard, après avoir dépassé Messine, il fut informé du départ des Français pour une destination inconnue. Soupçonnant que l’Egypte était l'objectif de l'expédition, il força de voiles, coupa, pendant la nuit du 22 au 23 juin, la ligne de marche de là Hotte française, à quelques lieues en arrière de celle-ci; s’étant rapproché de la côte de Barca, peu fréquentée par la navigation, il arriva le 2S juin devant Alexandrie. Apprenant que les Français n’avaient point paru, et craignant d'avoir fait fausse route, ii se dirigea aussitôt vers les côtes de Caramanie, sans se douter que la (lotte française était à quarante lieues de l'Egypte. Ce concours extraordinaire de circonstances permit à Bonaparte d'atteindre heureusement Alexandrie (Voir l 'Expédition d'Egypte, t. I et 11).

JOURNAL. DE L’EXPÉDITION d’ÉGYPTE

canots à la mer, et partie des divisions Kleber, Menou et Bon reçurent ordre de débarquer. La division du général Menou commença vers les cinq heures. Je me rendis près d’une galère que montait le général en chef, où était le rendezvous de l’état-major de la division Bon, avec lequel je devais mettre pied à terre.

La mer était très agitée, nous étions couverts d’eau par les vagues, et la majeure partie des troupes très incommodée du mal de mer, par le roulis qu’on éprouvait très violemment dans les canots ; on avait à craindre que plusieurs ne s’échouassent sur des rochers (à fleur d’eau qui se trouvaient près de la côte, qu'on 11e connaissait pas parfaitement. Sur les six heures, nous fîmes route vers la terre près l’anse du Marabout. Nous descendîmes sur la côte d’Afrique sur les huit heures du soir sans tirer un coup de fusil, à trois lieues à l’ouest d’Alexandrie. La division Kleber était aussi en partie débarquée. On passa la nuit à former les divisions sans êlre inquiété. Bonaparte fit toute la nuit des reconnaissances aux environs; nous avions quelques Arabes qui servaient de guides; nous étions probablement près d’un de leurs camps, car nous trouvâmes beaucoup de paille, qui nous fut très commode pour dormir après avoir beaucoup

couru.

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