ULTIMATUM DE KLEBER
dirent à son camp avec armes et drapeaux. Il répandit dans les provinces des lirmans dans lesquels les Français étaient représentés comme des infidèles, ennemis de l’islamisme, infracteurs des traités. Il écrivit dans le même sens aux tribus d’Arabes, établit des chefs de sédition dans toutes les villes et notamment au Caire, à Mehallet-el- Kebir et à Tant, où des révoltes ne tardèrent point à éclater. Il ordonna auxodjaks, qui composaient l’ancienne milice du Grand Seigneur, de se rendre à son camp avec leurs chevaux et leurs armes. Enfin il enjoignit à tous, sous peine d’être traités comme rebelles, de se réunir, au nom de la religion et du souverain, pour exterminer les Français, que leur petit nombre et la terreur de ses armes avaient glacés d’effroi.
Cependant les troupes françaises arrivèrent de la Basse-Egypte et du Saïd. Il n'y avait pas un instant à perdre; la position des deux armées suffisait pour amener des hostilités; nos forces ne pouvaient augmenter, celles de l’ennemi croissaient tous les jours.
Le général en chef fit cesser les conférences et, s’adressant à Mustapha-Pacha: « Il faut, lui dit-il, que Votre Excellence sache que les desseins du vi/.ir me sont connus; il me parle de concorde et il forme des séditions dans toutes les villes; c’est vous-même qu’il a chargé de préparer la révolte
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du Caire. Le temps de la confiance est passé; le vizir m’attaque puisqu’il est sorti de Belbeis; il faut que demain il retourne en cette place, qu’il soit le jour suivant à Salheyeh et qu’il se retire ainsi jusqu’aux frontières de la Syrie. Autrement je l’y contraindrai. L’armée française n’a pas besoin de vos firmans, elle trouvera l’honneur et la sûreté dans ses forces. Informez Son Altesse de mes intentions. »
Le même jour, Kleber convoqua les officiers généraux en conseil de guerre et, ne leur présentant d’autre pièce que la lettre du lord Keith et le plan de bataille, il leur dit :
« Citoyens Généraux, vous avez lu cette lettre; elle dicte votre devoir et le mien. Voici notre situation : les Anglais nous refusent le passage après que leurs plénipotentiaires en sont convenus, et les Ottomans, auxquels nous avons livré le pays, veulent que nous achevions de l’évacuer conformément aux traités : il faut vaincre ces derniers, les seuls que nous puissions atteindre. Je compte sur votre zèle, votre sang-froid et la confiance que vous inspirez aux troupes. Voici mon plan de bataille. »
Cette exposition ne fut suivie d’aucune délibération ; chacun était animé d’un égal désir de soutenir la gloire de nos armes.
Le général en chef, ne voulant point attaquer