‹ Journal de l'expédition d'EgypteChapitre 125 sur 171 · DEROUTE DES TURCS · texte numérisé non relu

DEROUTE DES TURCS

signal ordinaire d’une charge générale. Le carré de droite du général Friant reçut l’attaque et laissa approcher les assaillants à demi-portée de mitraille. Arrêtés par les premières décharges, ils se séparèrent, et, notre feu continuant, ils se déterminèrent tout à coup à prendre la fuite. Notre infanterie ne voulait tirer qu’à bout portant ; elle ne brûla pas une amorce.

La chaleur qui succède à la retraite des eaux occasionne souvent des gerçures profondes dans le terrain : c’est ce qui avait ralenti l’impétuosité de la cavalerie ennemie et ne permit point à la nôtre de charger utilement les fuyards.

Le vizir était dans le village d’El-Merg, exposé au feu de nos pièces; il attendait le succès de ses ordres. Ce fut alors que son armée s’ébranla; les divers corps, se séparant, nous entourèrent de toutes parts. Nous nous trouvâmes ainsi placés au milieu d’un carré de cavalerie d’environ une demi-lieue de côté. Cet état subsista tant que les armées furent en présence. Voyant que cette attaque n’avait pas réussi, le vizir se retira précipitamment à El-Khanqah.

Ln interprète du général en chef qui était allé avec l'aide de camp Baudot fut ramené dans ce moment par les Mameluks. Le vizir le chargea de proposer au général Kleber de faire cesser les hostilités et d’évacuer le Caire conformément au

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traité. Le général lui lit répondre qu’il marchait sur El-Khanqah.

Notre armée continuant de s’avancer sur ce village, la cavalerie qui était devant nous se replia avec confusion et prit la fuite. Parmi ceux qui étaient sur les flancs et sur les derrières, une partie rétrograda en faisant de longs circuits; d’autres se dispersèrent de divers côtés.

Quant à Mourad-Bey, il s’était porté sur notre droite dès les premiers moments de l’attaque et s’était éloigné à perte de vue dans le désert pour ne point participer à l’action.

L’armée ottomane était trop vivement poursuivie pour qu’elle pût s’arrêtera El-Khanqah; nous y arrivâmes avant le coucher du soleil. Les effets de campement, les équipages que l’ennemi avait abandonnés annonçaient assez la précipitation de sa retraite. On trouva dans ce camp quelques objets précieux et une grande quantité de cottes de maille et de casques de fer.

L’armée avait éprouvé de grandes fatigues dans cette journée; elle prit repos sous les tentes de l’ennemi.

J’étais pour ma part, en arrivant, fort mal à mon aise. Depuis plusieurs jours j’avais la fièvre et j’étais à cheval depuis huit heures du soir de la veille. J’avais beaucoup souffert toute la journée d’un violent mal de tête, et mon premier

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