‹ Journal de l'expédition d'EgypteChapitre 126 sur 171 · POURSUITE DE L’ENNEMI · texte numérisé non relu

POURSUITE DE L’ENNEMI

soin en arrivant fut de me procurer de la paille pour me coucher.

Bientôt le silence de la nuit nous permit d’entendre le canon qui se tirait au Caire. Le général en chef envoya aussitôt l’ordre au général Lagrange de partir avec 4 bataillons pour renforcer la 32e de bataille et quelques autres détachements, formant en tout 2.000 hommes, qu’on avait laissés au Caire et qui avaient dû se retirer dans les forts aussitôt qu’ils seraient menacés. Le général Lagrange partit à minuit.

Le 30 (21 mars), de très grand matin, l’armée se mit en marche. Je n’avais dormi que quelques heures, et cependant je me levai beaucoup plus à mon aise ; je n’avais plus de lièvre. Nous appuyâmes vers notre droite, marchant sur la lisière du désert, afin d’éviter de passer dans les villages. L’artillerie était traînée avec beaucoup de difficulté à cause des sables mouvants dans lesquels nous nous enfonçâmes un peu. Nous trouvâmes au-dessus d’El-Menaïr quelques cavaliers turcs égarés et qu’on fit prisonniers. La route était couverte de bagages abandonnés ; on trouva plusieurs pièces de canon, des litières sculptées et une voiture à ressort qui était celle du grand-vizir. Quelques cheiks, qui vinrent audevant de nous, nous dirent que l’ennemi avait

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abandonné Belbeis. Nous arrivâmes jusque sous le canon de celle ville, dans cette persuasion. Quelques volées de projectiles, tirées des forts sur nous, nous désabusèrent, et bientôt nous aperçûmes vers la gauche un corps de cavalerie turque d’environ 2.000 hommes.

On fit halte un instant pour attendre les corps restés en arrière et faire lés dispositions d’attaque, puis on se mit en mouvement. La division Reynier s’arrêta devant la ville; l’artillerie fut de suite mise en batterie et dirigée sur les ouvrages qu’occupait l’ennemi. Le feu des Turcs fut bientôt ralenti; ils tiraient si mal que nous ne craignîmes pas de faire avancer en rase campagne nos pièces jusqu’à 300 toises du fort poulie canonner.

Le général Friant fit prendre à sa division une direction oblique vers la gauche, afin de l’élever sur le fianc de la cavalerie ennemie et de la tourner. Mais celle-ci ne s’aperçut pas plus tôt de ce mouvement qu’elle prit la fuite et disparut. Pendant que notre artillerie répondait au feu de la ville et des forts, le général Friant, continuant de s’avancer, reçut l’ordre d’occuper quelques parties de l’enceinte. Le général Belliard, chargé de cette opération, éprouva peu de résistance, et les Turcs, chassés des points les plus avantageux, se jetèrent tous dans l’un des

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