MUSTAPHA- AGA EST EMPALÉ
les places; on menaça de mettre le feu aux maisons de ceux qui s’y tenaient enfermés; plus de 50.000 hommes furent armés de fusils; les autres portèrent des piques et des bâtons. Pendant qu’on aborai t les drapeaux blancs, les crieurs des mosquées publiaient des imprécations contre les infidèles; les Mameluks et les janissaires parcouraient la ville; la multitude les suivit, poussant des cris affreux ; les femmes et les enfants faisaient entendre les cris de joie d’usage, appelés ululus. On attaqua les maisons des Coptes, des Grecs, des chrétiens de Syrie, et un grand nombre de ces malheureux périrent sans défense; leurs corps, jetés dans les rues, y éprouvèrent pendant tout le siège les insultes publiques.
On saisit Mustapha, aga des janissaires, chef delà police sous le gouvernement des Français; et les chefs de l’armée turque le firent empaler. Huit soldats, qui étaient chez lui lorsqu’il fut arrêté, se firent jour au travers des séditieux et parvinrent avec leurs blessés jusqu’à la citadelle, où ils se réfugièrent.
Pendant le cours de cette émeute, plusieurs Turcs se conduisirent avec générosité à l’égard de chrétiens ou d’Européens qu’ils sauvèrent en les cachant dans leurs sérails; ils les y gardèrent jusqu’à l’époque de notre rentrée au Caire.
Nassif-Pacha ne put s’emparer du quartier
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général. 200 Français continrent, pendant deux jours, les efforts réunis des Mameluks, des Osmanlis et d’une populace furieuse.
On aperçut le 2 (23 mars), au soir, la colonne du général Lagrange qui arrivait d’El-Khanqah. Ce secours ranima l’espérance dans tous les cœurs; on ne douta plus que l’armée ennemie ne fût battue et poursuivie dans les déserts. Un corps de 3 à 4.000 cavaliers Mameluks et Osmanlis se porta sur notre colonne qui, formée en carré, se disposait à recevoir la charge, lorsque la fusillade et quelques coups de canon dispersèrent les assaillants. Le général Lagrange continua sa marche et apporta la nouvelle de notre victoire.
Le poste du quartier général devint bientôt inexpugnable; l’artillerie et le génie concoururent à cette belle défense qui déconcerta l’ennemi. La citadelle et le fort Dupuy continuèrent le bombardement de la ville, qui avait commencé dès les premiers instants de la révolte. Cependant nous avions été obligés d’abandonnersuccessivement les maisons que nous occupions sur la place. Les insurgés s’avancaient aussi sur notre gauche dans le quartier copte ; ils prenaient les positions les plus propres à intercepter nos communications et à conserver celles qu’ils avaient au dehors.