‹ Journal de l'expédition d'EgypteChapitre 133 sur 171 · INSURRECTION GÉNÉRALE DU CAIRE · texte numérisé non relu

INSURRECTION GÉNÉRALE DU CAIRE

vaux pour l’établissement de nouvelles batteries.

Le délai nécessaire pour cette réunion de moyens fut employé par le général en chef à diviser les insurgés au moyen de correspondances et de négociations ; il chercha aussi à les intimider en leur annonçant la défaite de l’armée du vizir.

On fit parvenir des lettres aux cheiks et aux principaux habitants du pays. Mustapha-Pacha, qui était retenu au quartier général, écrivit par l’ordre du général Kleber à Nassif-Pacha et à Osman-effendi. Les Mameluks, le peuple du Caire et les Osmanlis, ayant des intérêts opposés, ne restèrent pas longtemps unis. Alors Nassif-Pacha, Osman-effendi, et lbrahim-Bey jugèrent convenable de capituler ; une partie de leurs demandes leur furent accordées. Quoique les conditions de la capitulation leur offrissent quelques avantages, elles ne furent point exécutées. Ceux des habitants qui avaient excité et entretenu la sédition craignirent de rester exposés à notre vengeance, qu’ils jugeaient devoir être terrible selon les mœurs de l’Orient. Ils soulevèrent de nouveau la populace, firent distribuer de l’argent et des subsistances et ordonnèrent des prières publiques. On vit les femmes et les enfants arrêter les janissaires et les Mameluks, les eonjurantde ne pointles abandonner et leur reprochant leur dé-

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sertion. D’un autre côté, plusieurs notables de la ville parvinrent à rapprocher les chefs des Mameluks et des Osmanlis, entre lesquels on avait entretenu la désunion. A l’époque fixée pour l’exécution des articles convenus, les Janissaires refusèrent de livrer les portes et l’on recommença les hostilités sur tous les points.

A cette époque, Mourad-Bey envoya près du général en chef Hussein-Kachef, qui, avant l’évacuation, commandait une compagnie de Mameluks à notre service et, lors du traité, avait rejoint son ancien maître. Du moment que Mourad connut le traité d’El-Arich, il avait cherché à se rapprocher des Français, avait envoyé un bey près du général qui commandait dans la Haute- Égypte et lui avait fait des présents considérables. Lorsque le vizir était campé à Belbeis, il fut sommé de venir à son camp; avant de s’y rendre, il demanda le consentement du général Kleber, qui lui envoya un adjudant général1 chargé de lui répondre que, sous les tentes du vizir aussi bien que sous les nôtres, on ne voyait que des amis. Il fit l’accueil le plus obligeant à notre envoyé, qui eut une conférence avec lui.

Deux jours avant la bataille de Matarieh, le général en chef, jugeant que la bataille était iné-

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