NÉGOCIATIONS AVEC MOURAD-BEY
vitable, chercha à s’assurer des dispositions de Mourad-Bey. L’épouse d’Ali-Bey, devenue depuis celle de Mourad1, femme du plus noble caractère et dont la maison est depuis plus de trente ans le seul asile qu’il y ait en Égypte pour les malheureux, avait été traitée avec honneur et bienveillance parles ordres du général Bonaparte et par ceux de Kleber; elle commença les négociations avec Mourad-Bey et transmit ses réponses.
11 promit de passer du camp du vizir dans le nôtre, si les Français voulaient s’engager à livrer bataille à l’armée turque; mais il refusa de s’obliger arien tant que la rupture serait incertaine. Le général Kleber lui lit savoir que son intention était qu’il ne prît aucune part au combat, si l’on en venait auxmains. Mourad s’était en effet retiré avant l’action de Matarieh; Ibrahim- Bey l’ayant sollicité de se jeter dans le Caire, il s’y était refusé et s’était établi à Torrah, sur la rive droite du Nil, à 3 lieues de la ville.
Hussein-Kachef, après une conférence avec Kleber, retourna au camp de Mourad et revint deux jours après avec Osman-Bey-el-Bardisi : « Vous déclarerez aux Français, lui dit Mourad, que je m’unis à eux aujourd’hui parce qu’ils m’ont
1. Sitteh-Nefîseh. Restée au Caire au moment de l’entrée des Français, elle avait été traitée avec beaucoup d’égards par Bonaparte.
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mis dans l’impossibilité de continuer la guerre; je demande à m’établir dans une partie de l’Egypte, afin que, s’ils la quittent, je m’empare, avec les secours qu’ils me fourniront, d’un pays qui m’appartient et qu’eux seuls peuvent m’enlever. Je jure d’unir mon sort au leur jusqu’à cette époque et je serai fidèle à nos conventions. » Il y eut chez le général K lober plusieurs conférences, à la suite desquelles fut conclu un traité, dont on n’a point donné connaissance à l’armée ; on sut seulement que Mourad-Bey devait occuper la province de Girgeh, dont il serait considéré comme prince gouverneur pour la République, qu’il jouirait des revenus et paierait certaines contributions. 11 devait entretenir près du général en chef 30 Mameluks, qui ne furent point exigés; il eut, depuis, constamment un envoyé, au Caire, ce fut Hussein-Kachef qu’il nomma.
Aussitôt après l’échange du traité, Mourad-Bey nous fit parvenir des subsistances; il livra les Osmanlis qui s’étaient rassemblés dans son camp et ne cessa d’entretenir des intelligences qui préparèrent une capitulation définitive. Son influence dans le Caire n’ayant point un effet aussi prompt qu’il le désirait, il proposa au général en chef d’incendier la ville et, peu de temps après, il envoya des barques chargées de roseaux.
Derwich-Pacha qui, par suite du traité d’El-