‹ Journal de l'expédition d'EgypteChapitre 135 sur 171 · NÉGOCIATION AVEC MOURAD-BEY · texte numérisé non relu

NÉGOCIATION AVEC MOURAD-BEY

Arich, était passé dans la Haute-Egypte avec un corps de cavalerie, rassembla, aussitôt qu’il sut la reprise des hostilités, un corps de 10.000 hommes, tant Arabes que cultivateurs, et s’avança de quelques journées dans la direction du Caire. Kleber exigea de Mourad-Bey qu’il se portât contre cet ennemi. Le bey avait déjà prévenu les désirs de Kleber et l’informa, par le retour des officiers qu’on lui avait envoyés, que le pacha avait déjà été abandonné des deux tiers de ses gens. « Au reste, dit-il, faites-moi savoir si vous « demandez sa tète, ou si vous exigez seulement « qu’il se retire de l’Egypte. » Derwich-Pacha ne tarda pas à repasser en Syrie.

L’arrivée du général Reynier au Caire avec une partie de sa division facilita les moyens de resserrer le blocus de cette ville; on reçut en même temps un convoi de munitions qui permit de recommencer le feu avec vigueur. Les troupes du général Reynier occupaient le terrain compris entre la citadelle et le fort Camin, ayant leur droite à ce dernier fort; celles du général Priant occupaient le reste de l’enceinte.

On apprit alors la nouvelle de la victoire remportée par le général Belliard, près du village de

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Choarah, en avant de Damiette. En moins d’une demi-heure, il avait battu et dispersé plus de 12.000 hommes, avec environ 1.200 hommes, et leur avait pris 10 pièces de canon ; il s’était rendu maître de Damiette et de Lesbé; il avait fait proclamer partout la victoire des Français sur l’armée du vizir.

Les habitants de Damiette qui avaient formé ce rassemblement avaient eu l’audace, depuis notre évacuation de cette ville, d’y promener l’effigie du général Bonaparte et celle du général Kleber, qu’ils brûlèrent ensuite. On les condamna pour ce fait à une contribution de guerre de 200.000 francs.

Une insurrection semblable éclatait en même temps à Mehallet-el-Kebir. Le général Lanusse y envoya des troupes1 qui trouvèrent les portes fermées et les habitants en armes. Ceux-ci, prenant pour une retraite les mouvements qu’exigeaient des dispositions d’attaque, firent une sortie. Les grenadiers de la 18e tombèrent sur eux, leur coupèrent la retraite vers la ville et en firent un horrible carnage. Des députés vinrent demander pardon ; on le leur accorda et les hostilités cessèrent. Cette ville fut imposée comme Damiette.

La ville de Tant éprouva le même sort, et

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