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ARRIVÉE DE RENFORTS DEVANT LE CAIRE

les extrémités pour se réunir au centre en avant de notre position, en pénétrant dans la ville.

Dans la nuit du 21 au 22 germinal (11 au 12 avril), un détachement du régiment des dromadaires, soutenu par une compagnie de grenadiers, attaqua la maison de la direction du génie, située à la droite de la place Esbekieh. 11 y pénétra par une brèche que le canon y avait faite, en chassa l’ennemi et s’en empara avec la plus grande impétuosité. Toute la nuit fut employée aux travaux nécessaires pour la sûreté de ce poste.

A cette époque, les chefs ennemis firent répandre dans la ville le bruit que le vizir revenait avec une armée; les minarets furent illuminés et les muezzins (crieurs publics qui, à des heures fixes, appellent le peuple à la prière) célébrèrent par des chants d’allégresse l’état d’affaiblissement où ils nous supposèrent, parce que le manque momentané de munitions fit ralentir notre feu.

Le général Belliard arriva, le 23 (13 avril), avec la 21e légère. Le retour de ces troupes et l’arrivée d’un convoi de munitions fournissaient les moyens de préparer l’exécution de l'attaque générale sur le Caire et de réduire Boulak.

Cette dernière ville fut sommée de se rendre le 24 (14 avril) : on promettait, d’un côté, à ses habitants le pardon le plus absolu; et, de l’autre,

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on les menaçait de la plus terrible vengeance, s’ils nous forçaient à nous en emparer les armes à la main. Ils prirent cet acte de clémence pour de la faiblesse et rejetèrent toute proposition, en répondant qu’ils suivraient le sort du Caire où se trouvaient leurs chefs ; ils déclarèrent que, si on les attaquait, ils se défendraient jusqu’à la mort.

Le 25 (15 avril), à la pointe du jour, la 21e demi-brigade cerna Boulak, avec 2 compagnies de grenadiers de la 32e, un détachement de sapeurs et une compagnie d’artillerie. Le général Belliard commandait l’attaque. On canonna vivement, afin d’essayer encore ce moyen de soumettre la ville avant de la livrer au désordre d’une prise de vive force. Mais les rebelles, continuant leur résistance, faisaient un feu très vif des maisons où ils étaient retranchés et des créneaux de leurs barricades qui défendaient les approches et fermaient toutes les issues. Alors, après avoir battu en brèche, le pas de charge se fit entendre, et les soldats s’élancèrent à la fois sur tous les retranchements. La plupart sont emportés d’assaut, quelques-uns résistent; les ennemis se défendent avec la plus grande opiniâtreté; chaque maison est pour eux une nouvelle citadelle que le feu seul peut réduire. Ce moyen n’échappe pas à l’acharnement des

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