ATTAQUE ET PRISE DE BOULAK
soldats ; ils embrasent les maisons qu’ils ne peuvent forcer; les cris de fureur et de désespoir se font bientôt entendre de toutes parts. Au milieu de ce désordre, un nouveau pardon est proposé à ce peuple de furieux, qui le rejette encore; le feu recommence, le sang coule de nouveau et les flammes dévorent une grande partie de cette populeuse cité, jusqu’à ce qu’enfin les vaincus vinssent implorer la clémence des vainqueurs.
Les chefs de chaque corporation se rendirent auprès du général qui commandait l’attaque, pour lui demander à se soumettre. Le pardon fut proclamé du haut des minarets; mais le pillage continua pendant plusieurs jours, malgré tout ce qu’on fit pour l’arrêter le soir même de la prise de la ville.
L’artillerie, le génie, la marine et les hôpitaux, et quelques individus, qui savent toujours profiler de pareilles circonstances, se partagèrent les ressources immenses que cette ville pouvait fournir; elle renfermait un grand nombre de magasins qui furent confisqués.
Une fois maître de Boulak, et voulant presser continuellement l’ennemi, le général en chef fit préparer pour le lendemain l’attaque générale sur le Caire; elle ne put cependant avoir lieu
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que le 28 (18 avril). Une pluie aussi violente qu’extraordinaire en empêcha l’exécution ; toutes les troupes étaient sous les armes et disposées pour l’attaque au moment où elle commença à tomber. 11 fallait un temps sec pour pouvoir mettre facilement le feu aux maisons dans lesquelles l’ennemi s’était fortifié, celles où il avait ses batteries, et lui causer par ce moyen le plus de mal en exposant le moins de monde. Les Turcs étaient fortement retranchés dans la maison de Sitteh Fatimeh, qui flanquait leur gauche sur la place Esbekieh.
L’explosion de la mine, que nous y avions pratiquée depuis quelques jours, devait être le signal de l’attaque. Elle se fit à l’entrée de la nuit avec un succès complet. Les Osman lis et les Mameluks, qui en grand nombre défendaient ce poste, furent ensevelis sous ses ruines. A l’instant, le combat s’engagea de toutes parts.
La division du général Friant formait la droite et le centre; la droite, commandée par le général Donzelot, était composée de détachements des 61e, 75e et 88e demi-brigades; le général Belliard commandait l’attaque du centre, formée de la 21e légère et d’un détachement de la 25e de ligne. En même temps le général Reynier attaqua par la gauche avec le plus grand succès ; on se battitavec un acharnement extrême. Les troupes,