ATTAQUE DU CAIRE
formées de détachements des 22e légère, 9e, 13e et 85e de ligne, pénétrèrent fort avant dans la ville par la porte dite Bab-el-C harkieh , incendièrent une grande partie des maisons et tuèrent beaucoup d'ennemis.
La 3e compagnie de carabiniers de la 22e légère avait ordre de s’emparer d’une pièce de canon de l’ennemi, placée sur une tour, d’où elle battait le poste du Santon ; en traversant, pour y arriver, les maisons de terrasse en terrasse, elle rencontra sur sa route Nassif-pacha et Hassan-bey-Djeddaoui avec un grand nombre de Mameluks et d’Osmanlis, qui fuyaient devant la 9e demi-brigade. Cette compagnie se forma aussitôt pour recevoir la charge et fit, par une décharge à bout portant, éprouver une perte considérable à l’ennemi. La rue était encombrée de cadavres ; quelques chefs réussirent à se soustraire à la mort, en abandonnant leurs chevaux et en se jetant dans les maisons voisines du canal qui traverse la ville et par où ils se sauvèrent.
Il y eut, dans cette expédition, au moins 400 maisons brûlées ; plus de 800 Osmanlis et Mameluks y périrent. Notre perte fut moindre; le général Belliard fut blessé, ainsi que plusieurs officiers supérieurs.
Cependant la lassitude des assiégés succédait
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au fanatisme, que refroidissait chacun de nos succès. Les cheiks, avec lesquels le général en chef avait conservé des relations secrètes, portèrent les réclamations du peuple aux chefs de l’armée turque et leur représentèrent qu’une plus longue résistance entraînerait la perte totale de la ville.
Mourad-Bey avait, dans le même temps, fait entrer dans le Caire, Osman-Bey-el-Bardisi, pour offrir sa médiation à Ibrahim-Bey et à Nassif- Pacha et les engager à capituler.
Ceux-ci firent de telles propositions qu’il ne voulut pas en parler lui-même au général en chef ; mais il lui envoya Osman-Bey-el-Bardisi avec Osman-Bey-el-Achqar, de la maison d’Ibrahim, et Osman, aga du grand-vizir, qui se trouvèrent au quartier général pendant l’attaque du 28.
Le général en chef leur donna, le lendemain 29 germinal (19 avril), une audience publique, en présence de tous les généraux et officiers d’étatmajor, pour écouter les propositions qu’il savait devoir lui être faites.
Après les avoir entendues, il les rejeta avec dédain, en disant que, si elles étaient connues de toute l’armée, elles exciteraient son indignation et éloigneraient pour toujours les moyens de conciliation. Pour terminer cette conférence, le général en chef conduisit les trois parlemen-