‹ Journal de l'expédition d'EgypteChapitre 158 sur 171 · CAPITULATION DU CAIRE · texte numérisé non relu

CAPITULATION DU CAIRE

Maréolis, et nous eûmes de la peine à le Ira verser, parce que nos chevaux et nos chameaux pouvaient à peine marcher dans le terrain, qui était fortement humecté; nous ne sortîmes du lac que vers une heure du matin, harassés de fatigues. On prit quelques instants de repos jusqu’au jour.

Le 26 (16 avril), nous fûmes coucher à Belbeis.

Le 27 (17 avril), nous arrivâmes à Rabmanieh. J’y trouvai le chef de bataillon Ruty, à qui je communiquai mes instructions; et, mon voyage n’ayant plus d’objet, puisque cet officier avait pris le commandement, je m’occupai des moyens de retourner à Alexandrie, où je craignais bien de ne plus pouvoir rentrer.

Le 28 (18 avril), je profitai du départ drun convoi pour cette place; nous fûmes coucher à Beïdali, où nous sûmes que l’on avait aperçu des reconnaissances de cavalerie anglaise.

Le 29 (19 avril), lorsque nous fûmes en route, nous apprîmes que le lac Maréolis était déjà rempli d’eau et que nous ne pouvions trouver passage qu’en remontant ce lac jusqu’à la hauteur de la Tour des Arabes; nous nous dirigeâmes de ce côté. Un corps de dromadaires qu’on avait envoyé à notre rencontre nous montra le passage, et nous traversâmes ayant de l’eau jusqu’au ventre des chevaux ; nous arrivâmes la nuit à Alexandrie, bien fatigués et mourants de faim.

JOURNAL DE L’EXPÉDITION d’ÉGYRTE

Pendant plusieurs mois, nous conservâmes devant cette place la même position, sans être inquiétés par l’ennemi qui avait porté son attention sur l’armée qui se défendait dans le Caire. Le général Lagrange, attaqué à Rahmanieh, avait été obligé de se retirer sur cette ville, où il s’était réuni au général Belliard, qui avait le commandement en chef. Nos communications étaient coupées ; mais on envoyait encore par le désert des détachements de dromadaires, qui allaient enlever du blé dans les villages où l’on ne pouvait les attendre, et dont ils avaient soin de se retirer, en s’enfonçant dans le désert, avant qu'on eût le temps de connaître leur marche et de diriger des forces contre eux. Ces expéditions réussirent deux ou trois fois; mais enfin le chef de brigade Cavalier, qui commandait les dromadaires, tomba dans un parti anglais, fut cerné dans un village et capitula1 le 27 floréal (17 mai). Dès lors nous

1. Cavalier était parti d’Alexandrie, le 14 mai, avec 223 hommes d’infanterie, 123 dragons, 85 dromadaires et i canon; il escortait un convoi de 600 chameaux, destinés à rapporter les vivres qu’il aurait pu recueillir. En remontant la rive gauche du Nil, vers Alqam, il se trouva en présence d’une brigade d’infanterie anglaise accompagnée d’un fort détachement de cavalerie (17 mai). Jugeant toute retraite impossible, il conclut une convention par laquelle les Anglais s’engageaient à ramener sa troupe en France, sans la considérer comme prisonnière de guerre.

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