SIÈGE D’ALEXANDRIE
ment qui traversa assez heureusement l’escadre anglaise pendant la nuit et put continuer la route1. Cette escadre, commandée par l’amiral Keith, était forte et bloquait étroitement nos deux ports.
Le général Menou cherchait encore à faire conserver quelque espoir ; il annonçait aux troupes l’arrivée d’une escadre française, qui effectivement était sortie des ports de France; il nous (lisait qu’elle transportait d’assez nombreux secours. Chaque jour, on cherchait à découvrir avec des lunettes si l’on n’apercevait pas cette escadre dont on eut quelques nouvelles. Enfin nous apprîmes par un brick qui, s’étant approché de la cote pendant la nuit, put entrer dans le port malgré les Anglais, que l’amiral Ganteaumeé tait arrivé, avec l’escadre annoncée, jusqu’à la côte qui se trouve entre Berne et Alexandrie, à environ 30 lieues de cette place ; qu’il avait d’abord eu le projet d’y effectuer le débarquement des troupes qu’il avait transportées, mais qu’ayant acquis la conviction qu’elles manqueraient d’eau et de vivres et périraient dans les sables, attaquées par les Arabes, il renonça à son projet, et résolut de retourner en France; il chargea le
I. Reynier et Royer avaient fait la traversée sur le brick le Locli, qui atteignit Nice le 28 juin. Damas et Daure s’embarquèrent sur le Good-Union, qui fut pris par les Anglais à hauteur de Candie.
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commandant do l’aviso déporter au général Menou des dépêches par lesquelles il l’informait du parti qu’il avait pris. L’amiral Gariteaume avait prévu avec raison que, s’il essayait d'arriver à Alexandrie, il aurait avec l’escadre anglaise un engagement dont l’issue n'eût pas été douteuse L
Un peu avant l’arrivée du général Ganteaume, un bâtiment envoyé de France débarqua, à 8 ou 10 lieues d’Alexandrie, une trentaine de passagers qui voulurent essayer de venir par la côte ; ils furent presque tous massacrés; 3 ou 4, qui ne furent pas tués, nous furent livrés par les Arabes moyennant une forte somme.
Les Anglais, qui avaient établi une flot tille sur le lac Maréotis, firent, sur la fin du mois de thermidor, un débarquement sur la langue de terre qui sépare le lac de la mer, et 2.000 Albanais s’emparèrent du Marabout, fort qui défendait l’entrée de la rade 1 2. Dès lors l’ennemi put faire entrer ses bâtiments dans le port. Ils attaquèrent
1. Parti de Toulon avec une petite escadre qui portait 4.000 hommes de renfort, Ganteaume arriva le 8 juin à 20 lieues à l’ouest, d’Alexandrie. Il crut également impossible de forcer le blocus de ce port et de débarquer les troupes; il se contenta de faire porter des dépêches par la corvette Ylléliopolis, qui put heureusement entrer à Alexandrie le 9 juin.
2. Le fort du Marabout avait une garnison de 100 hommes, commandés par le chef de bataillon Béteille, de la 83° de ligne. Après quatre jours de résistance, l’artillerie ayant été mise hors de service, le commandant dut capituler [3 fructidor (21 août), à neuf heures du soir]. Ce poste fut évacué le lendemain matin.
SIÈGE d’aLEXANORIE
une redoute que nous avions construite sur un mamelon en avant de notre camp du même côté; ce poste fut repris avec vigueur ; mais, deux jours après, les ennemis, Anglais et Turcs, firent un nouveau débarquement sur ce point et attaquèrent de nouveau la redoute, tandis qu’elle était canonnée par une frégate et six corvettes; ils s’en emparèrent. Le centre et la gauche de notre ligne furent aussi attaqués. On se battit vigoureusement ; mais, en raison des pertes que l’armée avait faites, notre position avait à ce moment un développement hors de proportion avec l’effectif des troupes qui la défendaient; elle fut forcée; un bataillon fut pris ; dès lors, la ligne étant coupée, on se retira sous les murs de la ville des Arabes. L’ennemi fit une tentative sur le fort Leturcq et, n’ayant pu réussir à s’en emparer de vive force, il ouvrit la tranchée pour l’attaquer régulièrement. Bientôt la famine, le manque d’eau et les maladies nous pressèrent tellement que le général en chef proposa1 une suspension d’armes de trois jours pour traiter ; elle fut acceptée parle général anglais Ilutchinson.
Le 1er septembre, on signa une capitulation2,