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CHAPITRE III

Mission à Alexandrie. — Arrivée de l'aviso Y Anémone. — Massacre de l’équipage par les Arabes. — Retour au Caire. — Fête de l’ouverture du Khalig. — Fête du lor vendémiaire. — Fort de Torrah. — Première révolte du Caire. — Second voyage à Alexandrie. — Retour au Caire.

Le 4 fructidor (21 août), je m’embarquai sur le Nil avec le général Dommarlin; nous allions à Alexandrie presser le départ des objets d’artillerie, qui arrivaient lentement et que le général Bonaparte attendait avec impatience1.

Le 5 (22 août), nous arrivâmes le soir à Rabmanieb, oû nous nous arrêtâmes un instant

1. Les Anglais étant maîtres de la mer depuis leur victoire d’Aboukir et le canal d’Alexandrie n’ayant pas encore été rempli par l’inondation du Nil, il avait été impossible de faire venir au Caire les importants approvisionnements d’artillerie apportés de France. 11 devenait urgent d’assurer ce transport, afin de remplacer les munitions consommées et le matériel hors de service, ainsi que pour organiser au Caire et à Gizeh les établissements dont l’armée, isolée dans sa conquête, ne pouvait se passer plus longtemps. Par un ordre du 4 fructidor (21 août), Ronaparte prescrivit à Dommartin de partir, le soir même, pour Rosette et Alexandrie. Doguereau accompagna le général dans sa mission.

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chez le général Leturcq1 ; nous parûmes à la nuit.

Le 6 (23 août), au matin, nous arrivâmes à Rosette2; nous dînâmes chez le général Menou qui y commandait; et, le soir, après nous être munis de chameaux pour nos bagages et d’ânes pour nous servir de montures, nous partîmes escortés par 50 hommes de la légion nautique3. 11 faisait sombre, nous marchions sur le bord de la mer, on tira un coup de fusil sur nous ; nous crûmes être attaqués par les Arabes, — une des dernières caravanes avait été attaquée par eux au même endroit. Nous avançâmes à la découverte et au cri de qui vive , nous nous aperçûmes que c’étaient des Français, et que le factionnaire avait commencé par oû il eût dû finir, si nous n’eussions pas répondu. La troupe, qui nous avait aussi cru des Arabes, s’était déjà formée en

1. Leturcq était adjudant général. Les officiers de ce grade recevaient assez souvent, dans le langage courant, la dénomination de « général ». Doguereau commet d'ailleurs une confusion de noms : c’est l’adjudant général Bribes qui commandait alors à Rahmanieh. Etant tombé malade, il fut remplacé par Leturcq, le 19 octobre.

2. Dans une lettre à Bonaparte [du 8 fructidor (211 août)], Menou dit que Dommartin est arrivé la veille, au matin; ils sont allés ensemble visiter le Boghaz (la bouche du Nil).

Voir encore le rapport du commandant des armes de la marine, Delarue à Menou [1 fructidor (24 août)]: « Dans la matinée, il est entré en ce port une djerme venant du Caire; elle avait abord le général Dommartin et plusieurs officiers de son état-major. » ( Arch . hist. de la Guerre.)

3. Ce corps fut organisé avec les marins que laissait sans emploi la destruction de la Hotte française à Aboukir.

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