OPÉRATIONS CONTRE MOURAD-BEY
tions hostiles et annonçait son arrivée. Il fit plus: il envahit les provinces de Gaza, Ramleh, Jaffa; son avant-garde prit position à El-Arich, à 22 lieues de Katieh. Il y avait là un assez bon fort, situé à 14 lieues dans le désert, sur le territoire de l’Egypte, quoique dans la partie qui avoisine l’Asie.
Mourad-Bey de son côté battait toujours la campagne, soufflant l’insurrection et annonçant l’armée ottomane. Après la bataille des Pyramides, il avait remonté le Nil avec une nombreuse flottille et s’était retiré dans la Haute-Egypte. Battu par le général Desaix à Sediman, où il avait chargé avec la pins grande bravoure et était parvenu à enfoncer un des carrés, il était toujours resté maître des provinces supérieures et dans une position menaçante, jusqu'au 20 frimaire (10 décembre); ce fut à ce moment que le général Desaix, renforcé de la plus grande partie de la cavalerie, se mit en marche et arriva le 9 nivôse (29 décembre), à Girgeh. A deux journées plus haut, Mourad-Bey l’attendait, réuni à llassan- Bey1, à 2.000 Arabes d’Yambo qui venaient de
I. Ilassan-Bey se trouvait dans la Haute-Égypte, au moment du débarquement de l’armée française. 11 s'était ensuite réconcilié
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débarquer à Kosseir, port sur la mer Rouge, et à une grande quantité de Bédouins et de paysans qu’il avait soulevés1.
Le général Desaix, ayant appris que plusieurs rassemblements armés occupaient les rives du Nil et s’opposaient à la marche de la flottille qui portait ses munitions de guerre et ses vivres, envoya le général Davout avec la cavalerie. Celui-ci trouva et dissipa les 14 et 19 nivôse (3 et 8 janvier) des rassemblements de paysans à Saouaki et à Tahtah; il massacra dans ces deux affaires plus de 2.000 hommes.
Ayant été rejoint par sa cavalerie et sa flottille, le général Desaix marcha à l’ennemi, qu’il rencontra, le 3 pluviôse (22 janvier), au village de Samhoud. 11 prit l’ordre de bataille accoutumé en plaçant son infanterie en carrés sur les ailes, sa cavalerie en carré au centre.
L’ennemi investit avec un tourbillon de cavalerie notre petite armée ; mais, ayant été vigoureusement repoussé par la mitraille et la mousqueterie, il fit un mouvement en arrière. Notre
avec Mourad-Bey, dont il était naguère l’ennemi. Tous deux avaient réuni leurs forces pour s’opposer à la marche de la division Desaix; ils avaient, en outre, fait appel au concours des Arabes de la Mecque et d’Yambo, dont iis avaient excité le fanatisme religieux contre les Français inlidèles.
1. Les détails concernant les opérations de Desaix sont en partie empruntés à la lettre de Bonaparte au Directoire, du 5 messidor an Vil (23 juin 1799).
AFFAIRE DE SAMHOUD
cavalerie se déploya alors et le poursuivit; une centaine d’Arabeset de paysans furent massacrés, le reste s’éparpilla et s’enfuit dans les déserts.
Le drapeau de la République flotta sur les cataractes1; toute la flotlille de Mourad-Bey se trouva prise, et dès ce moment la Haute-Égypte fut conquise. Le général Desaix plaça sa division en cantonnements le long du Nil et commença l’organisation des provinces.
Le reste des Mameluks et des Arabes d’Yambo ne pouvait vivre dans le désert ; la nécessité de se procurer de l'eau du Nil et des vivres engagea différents combats qui, politiquement, ne pouvaient plus être dangereux ; l’ennemi n’ayant plus ni artillerie ni flottille, le succès d’un combat n’avait pour but que le pillage ; les bonnes dispositions du général Desaix et la bravoure des troupes ne leur donnèrent pas même cette consolation.
Le cliefde brigade dela61e fut attaqué à Keneh, le 22 pluviôse (10 février) ; il joncha le champ de bataille de morts.
Le général Friant marcha, le 24 pluviôse, (12 février), à Samatah, où il savait que se réunissaient les Arabes d’Yambo; il leur tua 200 hommes.
1. Le 2 février 1799. Desaix, avec la 2 F d’infanterie légère (sous les ordres du général Belliard), atteignit Svène, ville située auprès de la première cataracte.
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Sur les ruines de Thèbes, 200 hommes du 22e de chasseurs et du 15° de dragons chargèrent, le 23 pluviôse (11 février), 200 Mameluks qu’ils dispersèrent, et qui regagnèrent le désert après avoir laissé une partie de leur monde sur le champ de bataille1.
La Basse-Egypte, à cette époque, était aussi agitée. Des Français étaient assassinés dans différents postes et sur le Nil, dont la navigation était très dangereuse; à Mansourah, toute lagarnison avait été égorgée.
Le 12 pluviôse (31 janvier), une partie de la province de Benisouef se révolta; le général Veaux marcha avec unbataillon de la 22e légère ; il remplit de cadavres ennemis 4 lieues de pays. Tout rentra dans l’ordre; il n’eut que quelques hommes tués et 30 blessés.
Le 15 pluviôse (3 février), la croisière anglaise devant Alexandrie se renforça et, peu de temps après, elle commença à bombarder le port; les Anglais jetèrent 15 à 1 .600 bombes, et ne tuèrent personne ; ils firent écrouler deux mauvaises maisons et coulèrent une méchante barque.
1. Ce combat eut lieu près de Redecieh. Il paraît n’avoir pas été bien habilement, engagé par le général Davout, qui commandait la cavalerie. Voir ( Expédition d'Egypte , t. III, p. 559) une lettre de Lasalle à Dugua, très sévère pour Davout. La même appréciation se retrouve dans le Journal de l'expédition d'Egypte , par Villiers du Terrage (p. 117).