ARRIVEE A EL-ARICH
il était dit qu’ils allaient, de Katieh à El-Arich, porter des dépêches à Bonaparte ; ils déclarèrent qu’ayant été arrêtés par d’autres Arabes, ils avaient été obligés de leur remettre les lettres et qu’ils s’en retournaient à Katieh. On les fit arrêter pour les conduire à El-Arich ; ils y furent fusillés.
Nous arrivâmes aux fontaines qui sont à deux lieues d’El-Arich L Accoutumés à l’eau sulfureuse du désert, nous trouvâmes celle-là excellente. Ap rès avoir rafraîchi nous et nos chevaux, Cceuretet moi, nous primes les devants pour arriver plus tôt à El-Arich. Nous y fûmes rendus à midi.
Nous apprîmes à notre arrivée que, la tranchée ayant été ouverte, le 28 pluviôse (16 février), une batterie de brèche fut construite ainsi que deux batteries d’approche. On avait canonné toute la journée du 29 (17 février), et, le 30 (18 février), à midi, la brèche était praticable. Le général Bonaparte avait sommé le commandant du fort de se rendre; celui-ci donna la réponse suivante et se rendit :
1. Ce sont les fontaines de Mesoudiah, situées à peu de distance du bord île la mer. Malgré cette proximité, on y trouve, en abondance et à faible profondeur, une eau excellente.
148 JOURNAL DE L’EXPÉDITION d’ÉGYPTE
« Le commandant du fort d' El-Arich et les trois autres commandants des troupes au général en chef Bonaparte .
« Nous avons reçu la capitulation que vous nous avez adressée ; nous consentons à remettre en vos mains le fort d’El-Arich ; nous nous rendrons par le désert à Bagdad. Nous vous envoyons la liste des agas du fort, qui vous promettent par serment, pour eux et pour leurs troupes, de ne point servir dans l'armée de Djezzar et de ne point se rendre en Syrie d’une année à compter de ce jour. Nous recevrons de vous un sauf-conduit et un drapeau. Nous laisserons dans le château tous les approvisionnements qui s’y trouvent. La totalité des agas qui se trouvent dans le fort, jure solennellement par N. -S. Moïse, Abraham, par le Prophète (auquel Dieu soit propice!) et par le Coran d’exécuter fidèlement tous ces articles et spécialement de ne point servir le Djezzar. Le Très-Haut et son Prophète sont témoins de notre bonne foi.
« Signé: Ibrahim Nizam, commandant le fort, El-IIadji Mohammed, commandant des Moghrebins; El-Hadji Ivadir, aga des Arnautes; Mohammed Aga, chef des munitionnaires. »
On avait trouvé, à El-Arich, 300 chevaux,