‹ Journal de l'expédition d'EgypteChapitre 55 sur 171 · COMBAT DE GAZA · texte numérisé non relu

COMBAT DE GAZA

la charge et se replia; il eut quelques hommes tués, entre autres le kiaya du pacha.

Dans cette affaire, la 22e d’infanterie légère, placée à la gauche de la cavalerie et s’appuyant sur les bois d’oliviers, suivait les chevaux au pas de course; il y avait cependant longtemps qu’elle n’avait fait un repas à son appétit et bu de l’eau à sa soif h

Après avoir poursuivi l’ennemi près de deux lieues, nous revînmes à Gaza. Nous arrivâmes par les bois d’oliviers; depuis notre départ de France, nous n’avions rien vu d’aussi agréable que la route qui nous conduisit à la ville.

Nous trouvâmes dans Gaza 15 milliers de poudre, beaucoup de munitions de guerre, des bombes, des outils, plus de 200.000 rations de biscuit et 6 pièces de canon.

Le temps devint affreux; beaucoup de tonnerre et de pluie; nous n’avions pas eu pareil orage depuis que nous avions quitté la France. Pour surcroît de désagrément, nous fûmes campés dans un fond près de la porte de la ville; nous nous trouvâmes bientôt dans un marais. Je ne

I. La conduite de la 22° légère lui valut les félicitations de Bonaparte, exprimées par l’ordre du jour du 8 ventôse (2(1 février). Une lettre de Ivleber à Bonaparte (6 ventôse — 24 février) fait un éloge analogue des compagnies de grenadiers et d'artillerie légère sous ses ordres, pour la vigueur avec laquelle elles ont marché a. l’ennemi.

crois pas de ma vie avoir passé une plus mauvaise nuit; je couchais absolument dans l’eau, ce qui me fut très sensible après avoir vécu six mois dans un climat aussi sec que celui de l’Égypte. Je maudis mille fois celui qui nous avait choisi un si mauvais emplacement, lorsque, dans les bois d’oliviers, il y avait des endroits bien commodes pour camper. Jamais je n’ai entendu tant de chacals que cette nuit; je crus, dans le premier moment, que c’étaient des cris d’hommes. Je ne dormis pas une heure ; mes chevaux, placés dans un trou, arrachèrent leurs piquets qui se trouvaient plantés dans la boue; mon domestique paresseux faisait la sourde oreille quand je l’appelais; et, sentant la nécessité de conserver mes montures pour ne point aller à pied, je courus deux heures dans les marais pour les attraper. Jamais je n’ai tant juré. Mes domestiques arrivèrent quand il n’y avait plus à courir; il est bien difficile la nuit d’obtenir quelques services des domestiques turcs; une fois endormis, ils sont dans un assoupissement tel qu’on a toutes les, peines à les en tirer. Chaque matin, pendant la route, il fallait crier mille fois pour les réveiller et leur faire charger les chameaux.

Le 8 (26 février), nous fûmes voir la ville de Gaza, qui n’offre rien qui soit digne de remarque. Les maisons sont bâties en pierres et plus solide-

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