MASSACRE DE LA GARNISON
Nous trouvâmes à Jaffa 50 pièces de canon, dont 30 formaient l’équipage de campagne venant de Constantinople et de modèle européen; des munitions de guerre ; 400.000 rations de biscuit, 2.000 quintaux de riz ; des magasins de savon et plus de 600 chevaux.
Abd-Allah, général de Djezzar, fut trouvé déguisé parmi les habitants de l’Égypte; il fut assez bien traité alors ; il fut dans la suite fusillé au Caire. On renvoya chez eux les Egyptiens, les Alepins et les Damasquins, formant en tout 1.000 à 1.200 hommes, qui ne faisaient pas partie des troupes.
Nous trouvâmes dans le port quelques petits bâtiments, dont la plupart faisaient les transports des munitions de guerre et de bouche de Saint- Jean d’Acreâ Jaffa. Les jours qui suivirent la prise de la ville, il en arriva d’autres portant aussi des munitions ; ils furent pris dans le port ; ils furent étonnés de trouver les Français maîtres de la
compromettre la subsistance de l'armée, assurer celle des prisonniers jusqu'au moment de leur évacuation.
Les petits bâtiments trouvés dans le port de Jaffa offraient le moyen de transporter rapidement à Damiette un grand nombre de prisonniers. Par un bon vent, il fallait à peu près deux ou trois jours de navigation pour franchir cette distance.
On a fait valoir également la présence à Jaffa de soldats qui, ayant capitulé à El-Arich, avaient violé leur promesse de ne plus servir contre la France : mais ils ne formaient qu'une faible partie de la garnison.
ville; on croyait qu’elle nous arrêterait très longtemps.
Nous perdîmes environ 60 hommes, et nous eûmes environ 150 blessés.
Le 18 ventôse (8 mars), nous restâmes devant Jaffa; nous fûmes visiter les magasins et reconnaître des emplacements pour ceux qu’on voulait y établir, pour les ateliers et pour caserner l’artillerie. Nous allâmes aussi rendre visite aux Pères Capucins; leur couvent était encore rempli de femmes qui s’y étaient retirées depuis le siège etqui étaient à moitié mortes de peur. On établit une garde pour empêcher qu’on vînt les piller. On nous avait dit qu’ils avaient un magasin d’objets d’artillerie chez eux; je fis ouvrir l’endroit désigné, je n’y trouvai que le magasin des provisions de bouche du couvent et, entres autre choses, quelques dames-jeannes de vin, qui nous eussent parfaitement convenu. Ils me dirent que c’était la provision des Pères du couvent de Jérusalem; je m’aperçus qu’ils avaient grand’peur de la réquisition; j’avais grande envie de leur proposer de nous en vendre une partie ; je me repentis bien ensuite de ne l’avoir pas fait, car d’autres furent moins scrupuleux et le burent à la santé des capucins du Saint-Sépulcre.
On s’occupa de faire déblayer les brèches et de ramasser nos boulets; on forma un nouvel