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teur pour attendre des troupes venant d'Ajaccio. Grand branle-bas à l’apparition d’un bâtiment qu’on présumait anglais et qu’on voulait attaquer. Notre vaisseau reçut ordre de le chasser, avec une frégate; c’était un bâtiment génois chargé de sel venant d’Alicante. Vers la nuit, le convoi venant d’Ajaccio se réunit à la flotte.
Le 10 (29 mai), nous continuâmes vent arrière ; on donna ordre de se préparer au combat, et l’armée se forma sur trois lignes.
Le 11 (30 mai), on côtoya la Sardaigne.
Le 12 (31 mai), on arriva à la vue du cap Carbonara.
Les 13 et 14 (1er et 2 juin), on croisa dans ses environs ; vers le soir, la mer devint orageuse.
Le 15 (3 juin), la mer fut plus calme, et le vent bon pour faire route; mais on paraissait attendre quelque chose 1 ; on ne s’écartait pas du cap ; le vent redevint violent et la mer très orageuse ; le convoi fut obligé de se mettre à l’abri près de la côte. On chassa plusieurs bâtiments, qu’on reconnut danois et ragusais. La soirée fut plus calme.
Le 16 (4juin), vers les quatre heures de l’aprèsmidi, ordre de faire route; on prit le cap sur la
1. Bonaparte n’était pas sans inquiétude sur le sort du convoi qui, parti de Civita-Veccliia, aurait dû rallier la flotte vers les côtes de Corse.
40 JOURNAL DE L’EXPÉDITION d’ÉGYPTE
Sicile, en faisant route au sud-ouest par un bon vent arrière.
Le 17 (5 juin), on aperçut l’île Maritimo à notre sud-sud-est. Nous forçâmes de voiles pour chasser un bâtiment, et l’on découvrit les îles Levanzo et Favignana.
Le 18 (6 juin), vers les dix heures du matin, nous aperçûmes la Sicile; nous fûmes contrariés par le vent. Nous vîmes Marsala; cette ville est située sur le bord de la mer et dans une fort jolie position. Nous éprouvâmes une avarie, la vergue du grand hunier fut cassée.
Le 19 (7 juin), au matin, nous aperçûmes l’île de Pantellaria au sud-sud-ouest; on força de voiles. Notre capitaine reçut ordre de se rendre à bord du général ; à son retour, il rapporta l’ordre aux 80e et 19e demi-brigades de se tenir prêtes à débarquer à Malte. 11 nous apprit que le convoi de Civita-Veccbia, que nous avions attendu à la pointe de la Sardaigne, était passé; qu’avant notre arrivée au cap Carbonara, on avait vu paraître à cette hauteur deux vaisseaux et trois frégates anglaises, qui capturèrent un de nos avisos; ces bâtiments avaient chassé une de nos frégates et l’on craignait qu’ils ne rencontrassent le convoi de Civita-Veccbia Telles étaient les
1. L’aviso le Corcyre, envoyé en avant de la flotte vers l’ile Maritimo, avait été pris, le l01, juin, par la frégate anglaise la Flore.