BATAILLE DU MONT TABOU
Le 21 (10 avril), il y eut une légère fusillade et quelques coups de canon tirés.
Le 22 (11 avril), on fut tranquille. On construisit une batterie de mortiers à la gauche de la batterie Grizet pour battre le front d’attaque et la tour. On continua les travaux de la deuxième batterie de brèche. On reçut du plomb de Jaffa; on fît acheter du papier dans la montagne1 et l’on fabriqua à force des cartouches d’infanterie, dont nous commencions à manquer.
Les 23, 24 et 25 (12, 13 et 14 avril), il n’y eut rien d’extraordinaire. Une légère fusillade, peu de canonnade. La division Bon partit le 25 (14 avril), pour rejoindre la division Kleber.
Le 26 (15 avril), l’ennemi fit une sortie, pour venir reconnaître nos travaux qu’on avançait vers la place, ainsi que la mine. Il yavait beaucoup d’Anglais; quelques-uns furent tués, dont un vieux capitaine qui était arrivé jusqu’à la porte de la mine. De part et d’autre, il y eut des hommes tués et blessés.
Le 27 (16 avril), peu de feu de part et d’autre.
Le 28 (17 avril), nous reçûmes des nouvelles des deux divisions qui étaient allées au-devant de l’armée ennemie.
I . Le papier manquait pour la confection des cartouches. L’ordre du jour du 13 floréal (2 mai) invita les corps et services à céder leurs registres et papiers inutiles.
216 JOURNAL DE L’EXPÉDITION ü’ÉGYPTE
Le général Kleber s’était porté entre le Jourdain etl’ennemi, avait contourné le mont Tabor et avait marché toute la nuit du 26 au 27 (15 au 16 avril), pour l’attaquer de nuit. Il n’arriva en présence de l’ennemi qu’au jour et forma sa division en bataillon carré ; une nuée d’ennemis l’investit de tous côtés; il essuya toute la journée des charges de cavalerie; toutes furent repoussées avec la plus grande bravoure.
La division Bon se trouva, le 27 (16 avril), à neuf heures du matin, sur les derrières de l’ennemi qui occupait un immense champ de bataille. Jamais on n’avait vu tant de cavalerie caracoler, charger, se mouvoir dans tous les sens : on ne se montra point; notre cavalerie enleva le camp ennemi qui était à deux heures du champ de bataille1. Les généraux Yial et Rampon, à la tête de leurs troupes formées en bataillons carrés, marchèrent en différentes directions, de manière à former avec la division Kleber les trois angles d’un triangle équilatéral de 2.000 toises de côté ; l’ennemi était au centre. Arrivés à la portée du canon, ils se démasquèrent; l’épouvante se mit
1. Cette opération particulière fut exécutée par l’adjudant général Leturcq ; elle procura un butin assez considérable.