NOUVEAUX ASSAUTS
vertes de tous côtés, elles ne purent soutenir un feu très meurtrier qu’elles essuyaient sans pouvoir riposter. L’ennemi employa tous les moyens de défense les mieux dirigés; les bombes jetées à la main, des sacs de poudre et. autres artifices lancés au milieu de nos soldats les forcèrent de se retirer après avoir perdu beaucoup de monde. On essaya une seconde fois de se loger sur les ruines de la tour; on ne fut pas plus heureux que la première.
Toute la soirée, on exécuta un feu violent sur cette tour, dans l’espérance d’acheverde l’abattre, en faisant crouler une voûte; on consomma inutilement beaucoup de munitions.
Le G (25 avril), on continua à tirer sur la tour1. On établit une batterie dirigée contre le palais de Djezzar et sur une maison attenant à la tour qu'on voulait isoler. L’ennemi lit une sortie; il était très encouragé par le peu de succès que nous obtenions; il fut cependant toujours obligé de se retirer dans la place après avoir perdu beaucoup de monde. Dans les premiers moments de l’attaque, les Turcs avaient constamment l’avantage; nos avant-postes surpris se retiraient et leur laissaient gagner du terrain ; mais l’arrivée
\. Uans la soirée du 25 avril, on lit une nouvelle tentative contre la tour, sans plus de succès que la veille. Ces deux journées furent très meurtrières pour l'armée française (Voir l'Histoire de l’expédition française en Egypte, par Louis Reybaud, t. 111, p. 331 à 344).
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de notre réserve, qui les attaquait toujours avec beaucoup d’intrépidité, les faisait reculer aussi vite qu’ils s’étaient avancés.
Onfaisaitramasser avec soin les boulets envoyés par l’ennemi, et dont les calibres nous convenaient à peu près ; ce fut presque entièrement de cette manière que nous formions nos approvisionnements sur la fin du siège1. Les vaisseaux anglais, tantôt à la droite, tantôt à la gauche des attaques, nous envoyaient des bordées qui ne nous causaient pas grand mal, mais qui animaient beaucoup les Turcs, persuadés que ce tir faisait le meilleur effet.
Le 9 (28 avril), on tira un peu de toutes les batteries, on essaya le soir de se loger dans la tour; une voûte, qui s’était écroulée, avait donné l’espérance de trouver, en montant sur les ruines, une issue dans la place ; on recommença deux fois, mais on abandonna l’entreprise après avoir perdu beaucoup de monde. L’ennemi sortit dans les fossés, et l’on s’y battit corps à corps. On continua à tirailler toute la soirée.
Le 10 (29 avril), l’ennemi fît une sortie et fut repoussé.
1. Dès le 15 germinal (4 avril), l’ordre du jour de l’armée fixe les primes à payer aux militaires qui apporteront des boulets au
parc :
Pour chaque boulet de 38 ou 33 . 20 sols
Pour chaque boulet de 12 . 15 —
Pour chaque boulet de 8 . 10 —