‹ Journal de l'expédition d'EgypteChapitre 79 sur 171 · SORTIES DE LA GARNISON · texte numérisé non relu

SORTIES DE LA GARNISON

Il y avait tous les jours une foule d’habitants des montagnes qui en descendaient pour venir nous voir; ils nous témoignaient beaucoup d’amitié. Leur physionomie est belle, ils sonttrès doux et se tiennent très proprement; nous trouvâmes beaucoup de différence entre eux et les Égyptiens.

Les chefs des Druses vinrent en députation près de Bonaparte. S’ils n’eussent craint la non-réussite de nos opérations, ils se fussent joints à nous; la plupart avaient d’ailleurs de leurs parents en otages près de Djezzar. Daller, le fils du fameux cheik, était souvent au camp; il forma une petite troupe de cavalerie, qui se battit avec nous dans les montagnes contre l’ennemi.

Le 13 (2 mai), l’ennemi lit une vigoureuse sortie de différents points de la place ; il commença, comme à l’ordinaire, par s’emparer de nos ouvrages avancés ; mais son succès ne fut pas de longue durée; il fut repoussé en perdant beaucoup de monde. Nos troupescoupèrent la retraite à une partie des leurs, qui fut massacrée dans nos tranchées.

On battit la place d’armes de l’ennemi, vers le palais de Djezzar, au moyeu de nos nouvelles batteries établies dans la partie gauche des attaques. On répara toutes les batteries.

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Le 14 (3 mai), on disposa les deux batteries de brèche, celle à gauche du Santon, pour recevoir 3 pièces de 24, et l’ancienne pour 4 pièces de 18 et la caronade de 32. L’ennemi était venu, pendant la nuit, détruire les travaux que nous faisions pour renverser la contrescarpe; on fut obligé d’y renoncer.

Nous commençâmes à cheminer par une sape vers la place d’armes de l’ennemi devant le palais de Djezzar. Les Turcs, de leur côté, s’avançaient vers nous.

On essaya, pendant la nuit, de se maintenir dans la tour, où l’on parvint à se loger le soir; mais on fut obligé de la quitter le malin1.

Le 15 (4 mai), on continua les travaux de part et d’autre; on tira un peu du canon et de la mousqueterie.

Le 16 (5 mai), on fut assez tranquille.

Le 17 (6 mai), peu de feu des deux côtés. On parvint à se loger dans la tour après un assaut très meurtrier.

Le 18 (7 mai), on mit en batterie les pièces de 24 et de 18, et l’on commença à battre en brèche la muraille; elle fut fort ébranlée pendant la journée.

■1. Cet alinéa paraît avoir été interverti dans la transcription des notes de Doguereau. Il doit prendre place après le suivant. Ce fut, en effet, dans la soirée du 4 mai que Bonaparte tenta, à la faveur de l’obscurité, une surprise dont le succès fut tout momentané.

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