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BOMBARDEMENT DU PALAIS DE DJEZZAR

heures, on recommença et l’on fit la répétition de la scène du matin ; nos soldats se battirent comme des héros et ne quittèrent la brèche qu’après y être restés trois quarts d’heure et avoir reçu l’ordre de rentrer dans nos lignes. On eut la conviction qu’il était impossible d’entrer; l’ennemi avait fait intérieurement de nouveaux retranchements avec un fossé en avant1. Cette funeste journée nous coûta beaucoup de monde et de braves soldats; les hôpitaux furent encombrés de blessés. La retraite fut décidée dès ce moment; on ne s’occupa depuis que du soin de la faire avec sûreté.

Le 22 (11 mai), on fut de part et d’autre dans la plus grande tranquillité; l’ennemi avait aussi perdu beaucoup de monde; on se reposait des fatigues de la veille. On changea les dispositions des batteries, on décida qu’on placerait les pièces de 24 à la gauche et qu’avant de partir on raserait le palais de Djezzar; on voulait aussi feindre de choisir un nouveau point d’attaque. On commença dès le soir, l’évacuation sur Tantourali des objets d’artillerie qui ne nous étaient plus nécessaires; nous avions là, dans un petit golfe, quelques bâtiments. Nos frégates étaient à croiser au large dans les environs.

1. L’habile disposition de ces retranchements est l'œuvre de Phelipeaux et îles officiers anglais qui conseillaient Djezzar.

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Le 23 floréal (12 mai), nous fîmes feu de nos pièces de 24 et de nos mortiers sur le palais de Djezzar. 11 n’y eut point de fusillade.

Le 24 (13 mai), on continua le feu du canon ; on culbuta une partie des murs supérieurs du palais. Le feu prit le soir dans la ville, mais il dura peu. On commença l’évacuation des blessés dont nous étions encombrés, et l’on continua celle des attirails d’artillerie. On envoya des pontonniers pour établir une communication facile sur Je ravin qui se trouvait près de Haïfa.

Le 25 (14 mai), nous tirâmes le canon toute la journée. On fit partir un convoi considérable d’attirails pour être embarqués à Tantourah. Nous apprîmes que nos frégates, chassées par des bâtiments anglais, avaient disparu et avaient probablement fait voile pour la France1. Elles avaient eu ordre de se diriger de ce côté, si elles étaient chassées par des Anglais, et dans le cas qu’elles ne pussent pas regagner le port d’Alexandrie. Nous avons su depuis qu’elles furent prises du côté d’Antibes par une escadre anglaise.

Le 26 (15 mai), on fit feu sur la ville des

1. Il existe aux Archives de la Marine (BB4, vol. 138) plusieurs rapports et procès-verbaux concernant la campagne du contreamiral Perrée. Ces documents établissent d’une manière incontestable qu’il lui était impossible de se maintenir sur les côtes de Syrie en présence des forces supérieures de Sidney Smith ; sa seule ressource était de gagner l’Europe, conformément aux instructions qu'il avait reçues de Ganteaume, au nom de Bonaparte.

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