‹ Journal de l'expédition d'EgypteChapitre 83 sur 171 · PRÉPARATIFS DE LA LEVÉE DU SIÈGE · texte numérisé non relu

PRÉPARATIFS DE LA LEVÉE DU SIÈGE

pièces de 24 et de 18, et l’on envoya encore quelques bombes. L’enceinte de la place n’était plus qu’un tas de ruines qu'il n’était pas difficile d’escalader; mais chaque maison retranchée dans l’intérieur de la place eût offert la difficulté d’un siège.

On continua l’évacuation des blessés. Le départ de nos frégates fut très contrariant, puisqu’il nous enlevait des moyens de transporter nos malheureux blessés en Egypte. Bonaparte était extrêmement inquiet sur leur compte; on ne voyait pas trop comment les emmener.

Le 27 (16 mai), les Turcs firent une sortie générale ; le combat dura trois heures. Le reste des troupes arrivées le 19 de Constantinople et exercées à l’européenne débouchèrent sur nos tranchées en colonnes serrées. Nous repliâmes les postes que nous occupions sur les remparts ; par suite, les batteries des pièces de campagne et de siège purent tirer à bonne portée à mitraille. Un grand nombre d’ennemis restèrent sur le champ de bataille. Nos troupes battirent la charge dans les tranchées, et on poursuivit les Turcs jusque dans la ville, la baïonnette dans les reins ;on leur enleva beaucoup de drapeaux.

On fit retirer, le soir, une partie des pièces de siège; celles qu’on laissa furent destinées à repousser l’ennemi s’il tentait de nouveau de sortir.

232 JOURNAL DE L'EXPÉDITION d’ÉGYPTE

Evacuation d’artillerie sur Tantourah.

Le 28 (17 mai) on fut tranquille. Bonaparte fit à l’armée la proclamation suivante pour la prévenir de la retraite :

« Soldats,

« Vous avez traversé le désert qui sépare l’Afrique de l’Asie avec plus de rapidité qu’une armée d’Arabes.

« L’armée qui était en marche pour envahir l’Egypte est détruite; vous avez pris son général, son équipage de campagne, ses bagages, ses outres, ses chameaux.

« Vous vous êtes emparés de toutes les places fortes qui défendent les puits du désert.

« Vousavez dispersé, aux champs du mont Tabor, cette nuée d’hommes accourus de toutes les parties de l’Asie, dans l’espoir de piller l’Egypte.

« Les 30 vaisseaux que vous avez vus arriver dans Acre, il y a douze jours, portaient l’armée qui devaitassiéger Alexandrie ; mais, obligée d’accourir à Acre, elle y a fini ses destins; une partie de ses drapeaux orneront votre entrée en Egypte.

« Enfin, après avoir avec une poignée d’hommes nourri la guerre pendant trois mois dans le cœur de la Syrie, pris 40 pièces de campagne, 50 drapeaux, fait 6.000 prisonniers, rasé les fortifications de Gaza, Jaffa, Haïfa et Acre, nous allons

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